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SOCIÉTÉ
DES
LETTRES, SCIENCES ET ARTS,
ET D'AGRICULTURE
DE METZ.
SÉANCE GÉNÉRALE DU 15 MAI 1826.
a .
vu, ANNÉE
M.DCCC.XXV—M.DCCC.XX VI.
SE
Se vend à METZ,
CHEZ
LAMORT, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ.
MA1 1826,
SOCIÉTÉ
s
LETTRES, SCIENCES ET ARTS,
ET D'AGRICULTURE |
DE METZ.
DISCOURS
DE M. BERGERY, Présimenr.
PRPPRPPRNIA,
Messieurs !
N os yeux ont vu la France en proie aux fac-
tions , déchirée par des guerres intestines , épuisée
par ses victoires ; plus tard, deux invasions l'ont
ravagée dans tous les sens, et l'épée de Brennus
fut mise dans la balance qui pesa l'or de notre
rançon. Cependant, la France brille de nouveau
plus belle, plus riche et peut-être plus puissante
Ca). à.
que jamais. Qui fit ce miracle ? qui releva les
ruines de notre chère patrie? qui fit succéder
en peu d'années, à son deuil, à ses larmes. la
joie et le bonheur? c’est l’industrie, Messieurs.
Puis-je donc mieux faire , dans ce jour qui lui est
consacré, dans cette fête que lui offre l'antique
Divodurum , au milieu de ses enfans, de ses
amis, de ses soutiens, de ses apôtres, puis-je
donc mieux faire que de lui consacrer mes faibles
accens ? Jamais sujet ni plus grand, ni plus noble
ne s'est offert à l'orateur, et je m’etonne que la
poésie ne lui ait pas-encore prêté ses couleurs et
ses charmes. |
Notre siècle n'aime pas les vers, disent les
poètes! Vaine excuse de:leur faiblesse! Chantez,
chantez la grande nation, sa gloire passée, sa
prospérité présente, la sage liberté, la sainte
égalité des droits qu’elle a conquises et que l’au-
_guste race de ses rois a consolidées ; élancez-vous
dans le brillant avenir que lui promet ce goût
universel pour les arts utiles, cette fièvre de créa-
tion qui agite vos frères; célébrez les miracles de
l'industrie ; prophétisez les merveilles de la France
du vingtième siècle, et vos vers seront applaudis
par tous les vrais français: et vos. chants trou-
veront des échos sur tous les points de la patrie ;
et comme ceux du vieil Homère, ils seront ré-
pétés tant que la terre portera des hommes.
(5)
Devez-vous nous blâmer du discrédit où sont.
tombées ces fictions mgénieuses , ces descriptions
plemes de grâce et tous ces jolis riens qui firent
si long-temps vos succès et votre gloire prenez
vous-en au perfectionnement de l'esprit humain.
Ces jouets brillans, bons pour notre enfance , ne
conviennent plus au français d'aujourd'hui : qua-
rante années d'épreuve ont passé sur sa tête,
ia les goûts de l’âge mûr ; il lui faut des réalités,
des vérités utiles, des choses ‘fortes comme lui ;
il est lancé dans l'industrie, vous devez le suivre,
le devancer dans cette carrière, ou briser voslyres.
Ah! pourquoi les muses ne m’ont-elles pas
comblé de leurs dons! Combien je serais heu-
reux, moderne Pindare, de célébrer en vers
pompeux le noble concours des ‘enfans de la
Moselle ! Combien ne im’éleverais-je pas au-dessus
du chantre des jeux olympiques! H n’eut à pein-
dre que des chars rapides élevant dans les airs
des nuages d’une vaine poussière ; il n'eut à vanter
qué les victoires stérilés d’Athlètes qu’un fol
amour-propre excitait au combat, et moi j'aurais
à décrire ces perfectionnemens , ces découvertes,
ces inventions dont le but est d'augmenter le
.bien-être des hommes ; j'aurais à verser la vraie
gloire sur ces artistes, sur ces ingénieux fabricans
qui doivent leur habileté à tant de pénibles tra-
vaux, et la persévérance dans leurs entreprises
(6)
long-temps incértaines, à cette énergie qu’inspi-
rent l'amour de la famille et celui de la patrie.
Je voudrais encore payer un juste tribut d’éloges
à ces dignes magistrats-citoyens que nous voyons
s’efforcer par tous les moyens qui restent en leur
pouvoir, de seconder le mouvement industriel
de leur génération, et si je n’appartenais pas à
une société académique, je signalerais l’heureuse
. influence que de semblables associations peuvent
exercer sur um pays, quand elles prennent pour
devise : l’utile avant l’agréable. Enfin, je cé-
lébrerais les vues profondes et bienfaisantes du
prince sous l'égide duquel se propagent, dans
tonte la France, les sciences vraiment utiles ; je
| prédirais les ndes choses qu'opérera son règne ; :
je ferais passer dans tous les cœurs la reconnais
sance et le dévouement qui remplissent le mien,
et je dirais aux français: union et oubli, fidé-
lité au Roi, obéissance à la charte, amour des
lumières, culte de l'industrie, voilà ce qui peut
vous assurer la pleine jouissance de la portion
de bonheur départie à l’homme ici-bas.
Qui pourrait nier en effet que l'industrie soit
une source de bonheur pour les peuples , comme
pour chaque citoyen? Elle engendre le luxe, elle
crée des besoins, diront ses ennemis. Les besoins!
les besoins de l'homme civilisé! je plaindrais sin-
cèrement quiconque les repousserait. Heureux le
co
N
4
—
| (3)
mortel qui peut les satisfaire ! heureux encore celui
qui travaille avec ardeur, dans la vue de conten-
ter un jour ses désirs ! sa vie est embellie par l’espé-
rance. et s’il succombe avant d’avoir joui , il a du
moins échappé à cet ennui, à cette insouciance,
à ce dégoût de toutes choses, fardeaux insuppor-
tables, bien plus à redouter que les privations. .
Oui certes, le luxe suit l'industrie, et si quel-
qu'un pouvait en douter, je lui ferais comparer
les jouissances d’un peuple actif et producteur,
à la dure existence de celui qui ne demande à
la terre qu'une chétive nourriture; je mettrais
en parallèle nos meubles, nos vêtemens, nos
conforts de toute espèce, avec ceux des temps
de barbarie: je présenterais ces vases élégans,
ces brillans cristaux, ces belles tentures, ces ri-
ches tissus de notre exposition. Voilà du luxe,
dirais-je, un très-grand luxe même ; mais le plus
austère censeur pourrait-il le blâmer? Il n’en
coûte guëres plus aujourd’hui pour porter à ses
lèvres un verre étincelant de mille feux, qu'il
n’en coûtait autrefois pour boire dans une gros-
sière argile; le simple travail de l’ouvrier lui
permet au temps présent , de se vêtir presqu’aussi
bien que le seigneur des temps passés ; et tel in-
dustriel du dix-neuvième siècle vit plus à l'aise que
Clovis et même que Charlemagne. Est-ce donc
un mal que cette amélioration de l'existence hu-
(8)
maine ? Vaudrait-il donc mieux que les courts ins-
tans qui nous sont accordés sur cette terre , fussent
encore empoisonnés par les souffrances ue ’endu-
rént les malheureuses peuplades sur lesquelles la
civilisation n’a pas encore répandu ses bienfaits?
N'est-ce donc pas assez de nos. maladies, de nos
infirmités -et de la nécessité de mourir ? Ces dé-
clamations contre le luxe, on les a faites au temps
où l'industrie était encore au berceau; on les fait
peut-être depuis le commencement du monde ;
que peuvent-elles donc prouver contre les progrès
actuels de nos arts? Laissons, laissons les détrac-
teurs de notre belle époque, ces admirateurs
passionnés de ce qui n’est plus, chercher à ra-
_ lentir un mouvement dont la rapidité effraie leur
inertie et leur faiblesse ; sourions de leurs vains
efforts, et jouissons en paix de toutes les dou-
ceurs que l'industrie jette sur notre passage : nos
atrabilaires censeurs s’empresseront, n’en dou-
tons. pas, de les.savourer avec nous.
Si ces.hommes pour qui la critique de leur
siècle est un ‘besoin. . avaient quelque peu de
bonne foi, pourraient-ils s ’empêcher de recon-
naître que cet amour du travail dont les français
sont maintenant enflammés, est le BÉEe de toutes
les vertus? Ne verraient-ils pas qu’une vie con-
sacrée toute entière à la production, n’a plus
aucun instant pour le jeu , ni pour la débauche,
/
;
(9°)
sources de-tous les vices et de tous les crimes?
Oui, le fait est avéré : l'industrie é épure lesmœurs,
"et ui qu'én puissent dire les prôneurs de l’an-
cien temps, il demeure certain'que nous sommes
moins égoïstes, meilleurs citoyens, frères plus
tendres, époux plus fidèles, pères plus justes ,
qu'onne l'était à l'époque vers laquelle 1” vou-
draient nous faire rétrograder.: Far P
Et d’où: vienrient donc à l’industrié tant d’en+
nemis déclarés ou secrets? Qui le croirait! Des
craintes qu'elle. inspire. Oui, des hommes tou-
jours rebelles à cette solide instruction qui peut
seule faire apprécier les choses, des hommes jaloux
d’une supériorité morale à laquelle ils ne sauraient
attéindre, des hômmes envieux de cette haute
considération qui s'attache aux travaux utiles, de
tels hommes -osent insinuer: que l'industrie est
hostile à la royauté et à la religion; elle qui a
tant besoin de fixité dans les institutions sociales
et de probité dans ses agens, elle qui a ouvert
ses trésors pour affranchir la patrie et affermir le
trône de St.-Louis , elle qu on voit s'élever si sou-
vent contre tout ce qui peut porter atteinte à
l'amour qu'un peuple doit à son roi, elle enfin
qui cherche sans cesse et par-tout des malheurs à
réparer , des pauvres à secourir, des chrétiens à
sauver. Cessez ces absurdes calomnies. Les faits
parlent : ils disent à la: génération présente, ils
2
(10)
diront à la postérité que l'industrie du dix-nieuvième
siècle a montré an dévouement absolu à la mo-
närchie constitutionnelle , et que ce n’est pas elle
qu'il faut accuser de ce que les ennemis de la
croix ont pu briser et traîner dans la fange ce
signe de rédemption.
Ne reprochet-on pas ‘encore à l'industrie de
nuire à l’agriculture, source des richesses de la
France? Ne dit-on pas qu’elle absorbe tous les
capitaux, qu'elle enlève tous les bras? Mais qui
peut donc ignorer que l’agriculture n’est au fond
qu'une des branches de l'industrie ? qui ne sait
que nos champs produisent aujourd’hui pout des
millions, de ces racines auxquelles nous devronsun
jour d’être affranchis d’un énorme tribut envers
le nouveau monde ? qui n’a pas vu le pastel et la
garance croître au milieu de nos moissons? N’a-
vonsnous donc pas de nombreuses fabriques qui
travaillent annuellement sur une immense quan-
tité de blé -et d’autres graines? L’accroissement
de l’aisance générale n’exige-t-il donc pas un bétail
_ plus nombreux ? et ce bétail ne fournit-il pas des
engrais abondans? etne faut-il pas pour le nourrir,
ces prairies artificielles qui couvrent une si grande
étendue de terrain? Qu'on dise après cela que
l'industrie est fatale aux travaux agricoles! Qu’on
juge si elle pourrait elle-même se soutenir, après
avoir privé l'agriculture des capitaux et des bras
(u)
nécessaires à la production ! Tous les travaux
des hommes se tiennent ; tous.lesarts utiles sont
entre eux dans une mutuelle dépendanee, et
l'état de souffrance d'un de ces arts est tou-
jours une cause ou un effet de la langueur d'un
autre. | .
Comment d’ailleurs peut-ox reprocher à l'in-
dustrie d’occuper-tous les bras , quand on laccuse
de remplacer les. ouvriers par des machines et
d’ôter le pain à des milliers de fâmilles. Une telle
contradiction suffit bien pour indiquer les vrais
motifs des calomnies auxquelles nous la voyons en
butte. Sans ces motifs pressans, capables de trou-
bler les esprits les plus judieieux:, on reconnaïtrait
facilement que les causes de la lenteur des progrès
de notre agriculture , sont aussi des entraves pour
le commerce et pour la plupart des manufactures :
c'est le défaut de connaissances positives; c’est
le manque de débouchés; c’est le rejet de cet
_axiome si fécond de l’économie politique : laissez
faire et laissez passer. S'il est jamais adopté ,
nous verrons. F agriculture florissante, nous la
. verrons la première des industries , par suite de
limmense: accroissement que prendront toutes
les autres : car le travail commande k travail ;
car d’un seul produit peuvent naître mille pro-
_ duits différens ; car la main-d'œuvre est ce qui
donne de la. valeur aux choses et la cause né-
(42)
cessaire de la prospérité des arts’ qui: s'occupent
‘de Pextraction ou de la: préparation: des: ma-
-üéres premieres. Ainsi, le minérai brut qu'ar-
-rache aux . entrailles de la terre l'audaeieux rni-
sneur,: est promptement converti :en fer -et.en
acier par l'infatigable forgeron; de ce fer que
le commerce répand dans des milliers d'ateliers,
résulte ‘bientôt. une. étonnante quantité. d'objets
‘utiles, d’instrimens précieux, ‘et de! quelques
livres d’acier sortent. comme pat enchantemiént
cent mille ressorts de montre dont. la valeur dé-
-passe, un million. RS
Voilà sans doute un. exemple bis de Ba
puissance du travail. Mais. qui pourrait assigner
les bornes de cette puissance ; si les lumières
- étaient descendues. jusqu’au simple artisan , s'il:y
“avait facilité, liberté entière pour la circulation
des produits? Soudain se réveilleraient ces: ma-
nufacturiers mollement endormis sur leurs pri-
. viléges ; excités par l’aiguillon dé la concurrerice,
ils abandonneraient leurs gothiques. méthodes
pour des procédés plus’ simples . ils augmente-
“raient leurs entreprises, ils perfectionneraient
leurs grossières productions, et peut-être par-
viendraient-ils à diminuer leurs prix de x moitié,
sans altérer leurs bénéfices.
Qu’arrivera-t-il en Angleterre quand les barrié-
res seront ouvertes aux soieries françaises? Les fa-
|
(13)
briques vont s’écrouler, crie aujourd'hui la foule !
le parlément a voté notre ruine ! c’est fait de l'in-
dustrie nationale ? Mais il se trouvera au con-
_iraire'que le parlement aura travaillé à la fortune
de ces aveuglès mécontens, Déjà, la certitude
d'une lutte prochaine a provoqué des ‘efforts ;
déjà ;. ‘quelques succés les ont couronnés, et une
notable. diminution datis les prix' a multiplié les
commandes au point qué le travail est-presque
doublé. Encoie quélque: témps, et malheureu-
sément: les soies angläises rivaliseront avec les
môtres ; encore quelque’ temps, etla liberté du
ché. féra' croitré. de nouveau Ja puissance
pee de: l'empire britannique: |
‘Quand donc otre éducation politique arrivera-
t-elle à ce degré qui ne permet plus à un peuple
de se méprendre sur ses vrais intérêts ! À voir la
marche qu'on s'obstine à suivre pour les études
de la. jeunesse, il et bien à craindre que de
lông-temps-encore nous né puissions nous rendre
‘propres les vues profondes’ de nos rivaux : les
‘langues moîtes ne sauraient nous rendre habiles
-dans l'économie des nations. Mais enfin , un jour
a vérité triomphera, et pour l'industrie comme
pour tant d’autres choses, nos enfins resteront
_stupéfaits du long aveuglement de leurs pères,
.cofnme nôus le sommes aujourd'hui des maximes
-désastreuses qué défendaïent nos ancêtres.
(14)
Grâces éternelles soient rendues à Cnarces X
dent la paternelle sollicitude hâte cette époque,
en nous donnant une école où tous les préjugés
de nos agriculteurs seront combattus par le rai-
sonnement et vaincus par l'expérience. Toujours
‘attentif à nos besoins, notre roi n’a pas tardé
à sentir que la théorie doit éclairer les travaux
des champs , comme elle éclaire à S'.-Etienne,
ceux des mines et des forges, à Châlons, ceux
de tous les arts et de tous les métiers. Espérons
que ces foyers de lumière parviendront à dis-
siper les ténèbres qui enveloppent encore la
‘France; espérons que de si sages institutions fe-
ront germer les idées. justes, et que, dans quel-
ques années, personne ne soutiendra plus qu’il
‘faut cloîtrer une nation pour faire prospérer son
‘industrie. |
Il est naturel que ceux pour qui la patrie n’est
qu'un mot, le bien public une duperie, sol-
licitent sans cesse du gouvernement, soit des
-prohibitions, soit des restrictions à la liberté des |
arts : ils voudraient être les seuls fabricans de la
France, et ils se disent qu'il y aura toujours assez
de riches consommateurs pour leurs produits.
Mais ce qui me semble inconcevable, c’est que
-des hommes désintéressés et réputés capables,
soutiennent des prétentions si contraires à lin-
térêt général ; c’est qu'ils regardent comme utile
( 15 )
et juste , d'attenter à l’aisance de tous les citoyens,
pour augmenter les bénéfices de quelques ma-
nufacturiers. Supprimez toute concurrence étran-
gère, leur diraï-je , restreignez celle de l'intérieur,
et vous verrez si le vaste trésor de l’état con-
tinue de se remplir. Dès ce moment , il faudra
peut-être quatre journées de travail Sous payer
le produit qui, aujourd'hui, n'en coûte qu'une
seule; et comme la marche du temps ne sera
nullement ralentie, la fortune de chacun se trou-
vera réduite des trois quarts. Or, la fortune pu-
_ blique est-elle autre chose que la somme des
fortunes particuliéres?. J’entends dire que l'argent
ne sortira pas du royaume, et que la masse des
richesses sera toujours la même. Funeste erreur!
comme si l'argent pouvait satisfaire tous nos
besoins, comme si la monnaie n’était pas un
simple signe des produits. N’est:il pas clair que
les choses représentées diminuant, les signes
toujours en même nombre, doivent perdre de
leur valeur? N’est:il pas certain que la produc-
üon se ralentira, le jour même où la consom-
mation deviendra moindre? Ainsi, le capitaliste
se trouverait moins riche, l'artisan plus pauvre
et l’état moins puissant.
Voilà les résultats infaillibles auxquels on serait
conduit, si Pan exauçait entièrement les vœux
de ceux qui. veulent barrer les voies du com-
(16) | |
merce et-entraver la marche de l'industrie. Mais ;
je le-répète , qué tous ces misérables intérêts per
sonnels soient forcés de se taire devant l'intérêt
général bien compris, qu’on -cesse de vouloir
s'approprier les arts que la’nature à donnés aux
autres nations, qu’on se contente d'exploiter les
richesses. de notre sol et-celles que: nous s‘mmes
appelés à partager , alors l’industrie montrera'juss
qu'où elle peut pousser ses conquêtes, combiert
ses prodiges peuvent surpasser ceux qu’enfante
l'imagination; alors elle excitera :d’un. bout: à
l'autre de notre patrie’, une activité créatrice:sans
exemple: elle .proscrira toutes les routines et les
remplacera par des:procédés raisonnés qui ren—
dront Ja. production plus.rapide:ét. moms oné-
reuse; d'elle-même elle ouvrira toutes ces com
anciens qui sont pour sa prospérité . ce que
les veines sont-pour la vie; ‘des cantons fertiles
et industrieux -ne-:seront plus séparés des grands
marchés par ‘une mer. de boue ; des routes en
fer uniront les diverses parties dé toute exploi--
tation: mille” canaux :lieront les rivières : et les
fleuves, les terres et:les mers, et sur la Seine,
dans les ‘murs de-Paris, nn les vaisseaux
de l'Océan. L
Que la France sera ‘bellé. alots! Que la France
sera grande et puissante !: Libre: au milieu. des
nations, elle saura ;. sans régner .sur elles; les
(1)
diriger vers li: perfection sociale, vers ce haut
degré de civilisation qui doit anéantir l’escla-
vage, qui doit former une seule famille de toutes
les races humaines, et dans lequel l’homme ob-
tiendra la pleine jouissance de tous ses droits,
en accomplissant tous ses devoirs. Oui , messieurs,
cet avemir que les vrais amis de l'humanité ap-
pellent de tous leurs vœux’, cet avenir sur lequel
la pensée des gens de bien se repose avec tant de
délices ; cet avenir sera l’œuvre et le triomphe de
l'industrie. Sans. doute :que dans ces temps, la
recorinaissance des peuples lui érigera des autels ;
sans doute que les générations futures répare-
ront l'ingratitude de la génération présente. Nous
qui vivons, combien ne devons-nous pas déjà
de gloire, de puissance, de bonheur. à l'indus-
trie! et pourtant nulle part encore n’apparaît sa
statue : aucune de ces villes dont elle a fait l'opu-
lence, ne songe à décorer son forum de l'effigie
de sa bienfaitrice. J'ai vu des colonnes qui sem-
blaient placer dans le ciel ces mortels superbes
dont le sceptre pesant a tant fait gémir les peuples;
jai vu le bronze éterniser ees dévastateurs des
nations, ces. fléaux de l'humanité. qu'on appelle
des héros; mais le plus simple monument consa-
cré aux arts utiles, mes yeux l'ont cherché vaine-
ment. Serions-nous donc semblables à ces sau-
vages. stupides: qui rendent un. culte ‘aux génies
3
#
(18)
imalfaisans et qui délaissent lé Dieu de toute bonté?
Étommante aberration de l’homme! son encens
brüle éternellement devant des objets d’épou-
vante, et ceux qui ont dévoué leur vie à son
bonheur , en obtiennent le plus souvent loubli
pour toute récompense.
_ Gessons, il en est temps, cessons ces adulations
que la terreur cornmande aux peuples esclaves :
la crainte n’est plus ni de ce règne, ni de ce
siècle. Réservons nos hommages pour témoigner
notre gratitude et notre amour. Qu'à côté de
Louis XII, père de son, peuple, d'Henri IV,
l'ami du sien, de Sully, qui économisa les de-
niers- de la France, de Colbert, par qui fleu-
rirent les arts de la paix, du roi martyr qui fit
monter sur le trône toutes les vertus, qu’auprès
de l’immortel législateur à qui nous devons la
garantie de nos droits, qu’au milieu des grands
citoyens qui les ont défendus, s'élève la statue
de la bienfaisante industrie. Je lui voudrais des
traits mâles et fiers qui révélassent son énergie
et son indépendance; je lui voudrais ce port
noble, indice certain des grandes. pensées ét
des grandes vertus. D’une main, elle soutien-
drait ces Lis glorieux et sacrés. vrai talisman du
repos de la France; de l'autre, elle élèverait-la
CHARTE palladium de notre bonheur, comme
pour l'offrir à la vénération de tous les cœurs
(19)
français. Elle serait assise et calme, pour montrer
qu’elle a besoin de fixité , qu’elle est ennemie des
troubles et des révolutions. Sous ses pieds se-
raient des armes brisées ; autour d'elle, des cornes
d’abondance, les signes du commerce , les ins-
trumens des sciences , les attributs de tous les arts,
les insignes de la puissance. J'y ajouterais encore
quelques emblêmes de joie et de bonheur ; puis,
sur le marbre du piédestal, j'écrirais en lettres
d'or :
A LA BIENFAITRICE DE L'HUMANITÉ,
A LA PROTECTRICE DES NATIONS.
_
(30)
SPAIN
= COMPTE-RENDU |
DES UN
- TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ,
a |PENDANT L'ANNÉE 1825 - 1626,
Pa M. RENAULT, Sroranr: Ancamisre.
7,
MessŒurs,
E, Prescrivant, par un article de votre régle-
ment, à votre secrétaire, de vous présenter à
la fin de chaque année, le compte-rendu de
VOS travaux, vous avez voulu vous mettre à
portée de juger, d’après un examen général des
eforts et des progrès que vous aviez déjà faits,
de ceux qui vous restaient encore à faire > pour
approcher de plus en plus, du but que vous
vous êtes proposé d'atteindre par votre réunion
en société académique. |
L'analyse que je vais vous lire » des travaux.
auxquels vous vous êtes livrés pendant le cours
de l’année 1825 - 1826, ne pourra que vous
exciter à redoubler d’ardeur, en vous faisant
(ai)
connaître les nouveaux succès que. vous. avez
obtenus, ‘succès d'autant. plus satisfaisans pour
vous ,-que les fruits en. ont été : recueillis par vos
concitoyens.
.:Ces travaux seront divisés comme ils Pont été
jusqu à présent , en quatre.sections principales :
stiences" mathématiques et phÿsiques ; arts chi-
miques et mécamiques ; sciences agricoles ;-écono-
| miques et indontielles; enfin, archéologie et
littérature,
: En vous rendant compte des divers mémoires
et. ouvrages qui vous ont.été présentés, Je m'atta-
cherai, à l'exemple de mes prédécesserirs, .à
conserver autarit.que cela'séra possible, les ex-
presions-de MM. les rapporteurs ; ‘jé pionsserai
même l'exactitude jusqu'à faire merition: dé leurs
observations critiques, afin d’inspirér d'autant
plus de confiance à pc des das Lu don-
nent aux auteurs,
, SÉCTION.
Scences MATHÉMATIQUES ET PHYSIQUES.
M. Canxrvous à rendu compte de deux mé-
moires publiés par.M. de Lamsec, colonel du
génie ét votre associé cotréspondant.
Dans le ‘premier de ces’ mémoires intitulé :
Application des ‘vitesses virtuelles à la poussée
des terres et des voûles ; V'auteur s’est occupé
(22)
de la stabilité des constructions, et a tenu compte
de la compressibilité du terrain, ce qu’on n'avait
pas encore fait jusqu'alors ; il est parvenu amsi
à de nouvelles équations pour déterminer les
profils des murs de, terrasse, et l’épaisseur des
piédroits des voûtes.
Dans le second, qui a pour titre: Conside-
rations sur la défense des états, d'après le
système militaire actuel de l'Europe, il a fait
entre les fortifications naturelles et artificielles,
un rapprochement ingénieux qui la conduit à
donner des détails intéressans sur les positions
militaires, ainsi que sur les conditions d’après
lesquelles doit être établie toute bonne fortifica-
tion artificielle, et à présenter des vues soit sur
les élémens des constructions en général , soit sur
l distribution et la construction particulières des
établissemens militaires.
M. Worsarn vous a fait un rapport sur dire
rens ouvrages adressés par M. le capitaine Cosre.
Dans le premier de ces ouvrages qui a été
publié sous ce ütre: Propriétés peu connues
de la parabole, et constructions de cette
courbe, au moyen de quatre conditions don-
nées, M. Cosre s’est proposé pour objet d’ap-
pliquer la construction de la parabole à celle
d’un hexagone inscrit au circonscrit. à une sec-
uon conique quelconque.
(23).
Dans le deuxième ; qui est intitulé : Recher-
ches balistiques sur les vitesses initiales, sur
le recul et sur la résistance de l'air , il a cher-
ché à déduire, des résultats de l'expérience, des
lois qui pussent sinon renfermer tous les cas par-
üculiers, du moins s _—— entre certaines
limites.
Enfin dans le troisième, où il traite de la
probabilité du tir des projectiles , il examine
les causes qui peuvent écarter le boulet du
plan vertical passant par l'axe de la pièce; il
cherche la loi des déviations moyennes, dans les
différens cas du tip, et termine son mémoire en
présentant un tableau des probabilités qu'il y a
d'atteindre un but d’une largéur donnée,
Les judicieuses observations critiques que le
rapporteur vous a faites sur quelques parties de
ces différens ouvrages, presque toujours écrits
avec clarté, vous ont convaincus qu’il les a exa-
minés avec une grande attention , et ont ajouté
ainsi un nouveau pee aux éloges qu'il leur a
donnés. | |
M. Cosre vous a fait aussi l'analyse des notes
sur les élémens de géométrie, par M. Norz,
professeur à Luxembourg, et votre associé cor-
respondant.
M. Cosre, tout en rendant justice à l’étendue
des connaissances de M. Norz et à son habileté
(24 )
pour l'application de l'algébre à la géométrie,
n’a pas cru toutefois devoir approuver le genre
de démonstration proposé par cet estimable pre-
fesseur , et qui tend de plus en plus, à faire ren-
trer la Ééométie dans le domaine de l'analyse,
« Les autres parties, des mathématiques, dit
» le rapporteur , sont tellement envahies par les
» équations, que les professeurs doivent tenir
» beaucoup à conserver à la géométrie les dé-
» monstrations basées sur les constructions gra-
» phiques, ui sont si utilés et si souvent néces-
» saires dans les applications aux: arts. »
On doit donc désirer dé nouveaux diode de
géométrie qui soient plus simples et plus métho-
diques que ceux qu’on a donnés; jusqu'ici , des élé-
mens purgés d’une foule de propositions in ;
et dans lesquels soient.introduites certaines théo-
ries importantes, telles que celles -des transver-
sales, et quelques propriétés fondamentales des
courbes et des surfaces.
M. CosrTe vous a encore analysé le mémoire
intitulé: Considérations nouvelles sur la na-
ture des courbes logarithmiques et exponen-
tielles , qui vous a été présenté par M. Vincexr,
D à Reims, et votre associé-corres-
pondant.
Il résulte de cette analyse, que ce mémoire
publié en 1824, dans les annales de mathé-
(25)
matiques, mérite de fixer l'attention des géo-
mètres, par la finesse des vues et leur nou-
veauté à certains égards; car on sait que de
semblables recherches avaient déjà occupé Jean
Berniouilli, Leibnitz , d’Alembert et sur-tout Euler,
à l'occasion de la fameuse dispute sur la réalité
des logarithmes des nombres négatifs, dis-
pute à laquelle Euler semblait avoir mis fin, par
la subtilité de son analyse.
“M. Viscnr Lpront ces questions , se croit
autorisé à conclure, 1°. que. les logarithmes
des nombres négatifs ne sont pas imaginaires ;
2°. que les courbes logarithmiques et expo-
nentielles ne sont pas discontinues , du moins
dans le sens ordinaire de cette expression 3°. que
les nouvelles branches de courbes qui forment le
prolongement ou la continuation de celles qu'on
admettait déjà, sont alternativement composées
de points réels et de points imaginaires ; ce qui
l'a conduit à les nommer branches pointillées
et ponctuées, suivant les cas.
Au surplus, l’auteur promet de nouveaux éclair-
cissemens sur cette matière, et une théorie des
logarithmes qui lui paraît neuve, et à l'abri des
objections auxquelles a doriné lieu celle d’Euler.
M. BarDin vous a rendu compte du 2°. zuméro
du Cours complet de Topographie et de Géo-
désie, par M. Benoisr , associé-correspondant.
Â
(26)
M. Baron s’est plu à reconnaître le mérite dé
la partie purement topographique de cet ou-
vrage, en faisant observer cependant que l'au-
teur est entré dans de trop longues digressions à
l'égard des sciences sur lesquelles se fonde la
topographie. |
Vous avez entendu avec intérêt, la lecture du
rapport bien développé que M. le capitaine
Munier vous a fait sur la traduction des éle-
mens d'artillerie de M. Decker, officier prus-
sien ; laquelle vous ‘a été adressée par M. le
capitaine Nancy, associé-correspondant , et de
des traducteurs de cet ouvrage.
Les changemens que ces traducteurs ont fait
subir au texte original , n’ont point toujours paru
très- heureux au rapporteur. En supprimant,
dit-il, les détails relatifs à l'artillerie prussienne ,
ils out ôté les moyens de la bien connaitre; les
détails qu'ils y ont substitués sur l’artillerie fran-
çaise , ne donnent de celle-ci qu'une idée incom-
plète et souvent mème inexacte de ce qui se
pratique réellement.
Le rapporteur eût aussi désiré plus de cor-
rection dans le Le , qui offre souvent des lo-
cutions vicieuses qu’on est étonné d’y rencon-
trer. |
Mais le 2°. livre où il est question de l'emploi
de l'artillerie dans la guerre de campagne, suf- .
| (27)
firait seul, par la manière supérieure dont il
est traité, pour établir la réputation de lou-
vrage. |
On doit sur-tout, ajoute M. Mounier, féliciter
M. Nancy d’avoir profité de cette haine ,
pour mettre’au jour différentes notes qui lui ont
été fournies par des officiers possédant à fond
les parties spéciales de l'artillerie.
M. Bercery, votre président, vous a fait con-
. maître les succès qu'il à obtenus dans lensei-
gnement gratuit de la géométrie appliquée
aux arts, dont en 1825 vous avez arrêté l’ins-
ütution., ainsi que celle d’un cours de mécanique
en faveur des artistes et des ouvriers.
Le cours de géométrie a commencé au mois
de novembre; la géométrie de la ligne droite
et du. cercle, qui en forme la première partie,
a été exposée avec un grand nombre d'ap-
plications, en quarante séances. La derniére. a
eu lieu le 14 avril. Cent soixante-cinq exem-
. plaires des leçons imprimées étaient distribués
gratuitement à l'issue de chaque séance, et deux
cents étaient délivrés aux pe x ee
“une modique rétribution. |
Le nombre des auditeurs fut d'abord très-
considérable ; il dépassait celui que la salle pou-
vait contenir, et cela dura jusqu'a la fin de
+ janvier; mais à cette époque plusieurs ouvriers
(28 )
cessèrent de suivre le coûrs, et lors de la clôture,
il ne restait plus que cent cinquante auditeurs
environ. Le même nombre de leçons impri-
mées n’en était pas moins distribué, attendu -que
ceux qui n’assistaient plus aux séances continuaient
à venir chercher leurs exemplaires.
On doit attribuer en partie, une si grande
_désertion parmi ceux qui s'étaient empressés d'a-
bord de suivre le cours, au défaut des connais-
sances en arithmétique qui .étaient nécessaires
pour comprendre les explications du professeur.
Beaucoup d'ouvriers qui s'étaient donnés pour
savoir les quatre règles, sont peu forts sur la
multiplication ; et ignorent tout-à-fait la division ;
l'expérience de cette année leur servira d’aver-
‘tissement, et sans doute qu’à la reprisé des leçons
de géométrie , ils seront — capables d'en pro-
fiter.
. Au surplus, les progrès qu'ont faits les ouvriers
qui ont suivi le cours avec assiduité ; a dépassé
‘vos espérances. |
& Il'en est, dit M. Bencev, qui ont amé-
» lioré leurs instrumens; quelques-uns en ont
» fabriqué de parfaits; un grand nombre em-
» ploient maintenant les termes de la science;
> plusieurs enfin ont déjà porté dans léurs tra-
> vaux, cet esprit géométrique qui fait simpli-
» fier les procédés, et qui conduit à cette pré-
( 29 ) |
».cision sans laquelle les arts ne peuvent rien
» produire de -bon ni de beau.
» Cela ne prouve nullement, fait observer
M. Bencery, qu'ils soient plus intelligens que
ceux dont vous n'avez pas à faire le. même
éloge ; ils ont travaillé, voilà tout; ils ne se
sont pas contentés des leçons orales: dans
l'intervalle des séances, ils étudiaient les som-
maires , ils exécutaïent les nombreux tracés qui
s'y trouvent décrits; ils ont même poussé le
zèle jusqu'à éonstruire des figures en relief,
afin de se mieux représenter les. lignes qui se
“trouvent dans des plans différens , et de s’ha-
.bituer aux projections. - © é
» Ces: ouvriers: studieux ont déjà trouvé ei
récompénse dans la facilité. avec laquelle ils
» font maintenant plusieurs tracés qu'ils igno-
» raient, dans la diminution de leurs peines et
> dans le plaisir qu'ils prennent aux applications
» mg de la science; je crois étre de-
venu un autre homme, a déclaré l'un d'eux;
» F me sernble qu ‘auparavant j'étais aveugle. v
Au reste, messieurs, les meilleures preuves
du succès de votre institution , ce sont ces lettres
que vous ont adressées divers fabricans de cette
ville, en envoyant à l'exposition les produits de
leur industrie, et dans lesquelles ils se félicitent
vivement , soit d’avoir suivi le cours eux-mêmes
RE Re Re
ÿ.
| (30)
soit de lavoir fait suivre pe leurs ouvriers ; plu-
sieurs vont même jusqu’à dire qu'ils se trouvent
maintenant plus habiles dans leurs arts.
La joie que vous ont causée ces témoignages
a été vive, mais la société n'a pas prétendu
toutefois s attribuer tout l'honneur du succès; elle
s’est plu au contraire, à reconnaître et à déclarer
qu'une grande partie en est due aux magistrats
de-h ville, pour le zèle qu'ils ont mis à seconder
vos efforts en procurant au profemenr toutes les
facilités qu'il pouvait désirer ; qu ’une autre, non
moins grande revient encore à ces excellens ci
toyens qui vous ont priés de les admetire à sup-
porter avec vous, les frais de l'institution ; auss},
avez-vous arrêté que leurs noms, consacrés par
la reconnaissance publique, seraient inscrits à la
suite de l’historique de ce cours.
Ce sont ceux de MM.
Le baron Dur, membre de l'institut.
Pourmame, de Beauregard près de Thionville.
MoxrcoLrier, fabricant de papier, à ous à
M". Boucuorre, la mère.
Le colonel BoucRoTTE.
Eure BouUCHOTTE.
Néon, de Beauregard, près de Thionville.
De Garçan, ingénieur des mines.
De NicÉviLe père.
De Ncévaxe fils.
(3)
Le baron Taomus, maréchal-de-camp.
A l'époque où tant de sacrifices sont commandés
aux amis de l'humanité, il est beau d'en faire
encore en faveur de ra prospérité nationale.
Que ces dignes magistrats et ces estimables
compatriotes reçoivent donc ici, par l'organe
de la société, l'hommage le plus honorable, et
par conséquent le plus flatteur que puisse ambi-
üonner l'homme qui aime véritablement son pays.
Le succès dont vos premiers efforts ont été
couronnés vous a excités à en faire de nouveaux ;
vous avez senti d’ailleurs que si vous ne procuriez
pas aux artistes et aux ouvriers les moyens d’ac-
quérir toute l'instruction qui leur est nécessaire,
pour se perfectionner de plus en plus dans leurs
arts, vous n’atteindriez que très-imparfaitement
le but que vous vous êtes proposé à leur égard.
C'est pourquoi vous avez arrêté qu’en outre
de la continuation de la géométrie par M. Bercery,
et de la mécanique que doit enseigner M. le capi-
taine Poncezer, et dans laquelle il exposera les
notions de physique indispensables, vous avez
arrêté, dis-je, qu'il sera encore ouvert, au mois
de osemibre prochain , deux. ua COUrS,
Savoir : |
1°. Arithmétique id a l'industrie et
au commerce, par M. Woisarn.
2°. Dessin géométrique , par M. Bars.
(32) |
M. BeRGERY vous a aussi rendu compte de. la
description géométrique de la partie d’une
charrue qu'on nomme versoir ou oreille; dont
l’auteur, M. le professeur ni vous a fait
hommage.
Cette description est contenue. dans un rap
port lu à la société royale et centrale d'agri.
culture, sur la charrue de Jefferson, prési-
dent des Etats-Unis d'Amérique, et sur celle
de l'anglais Arbuthnot. Le versoir de ce dernier
n'ayant pas une forme fondée sur la théorie, il
est à peu près impossible de le décrire, et Ru
on le pourrait, les agriculteurs n’en RTE
aucun profit, attendu que pour chaque espèce
de terrain, il faudrait renouveler les tâtonne-
mens longs et difliciles qu a se pe pis an
glais. |
Les sciences Haépatques ne sont pas encore
assez avancées, dit M. HACHETTE, pour que lon
puisse déterminer à priori, la surface qui con-
vient le mieux aux versoirs; mais en construisant
cette surface d’après l'hypothèse de Jefferson , on
obtient, comme le montre l'expérience, ‘des
résultats assez satisfaisans.
Ce magistrat philantrope admet que l'oreille
d'une charrue a, pour face extérieure , une sur-
face gauche engendrée par une droite qui s’ap-
puie sur deux directrices droites, et qui se meut
(35)
parallélement à un certain plan. Pour l'obtenir,
il faut tracer un quadrilatère gauche sur la pièce
de bois dont on veut faire un versoir.
“L'un des côtés, celui qui représente la lon-
gueur de l'oreille , doit contenir quatre fois la
profondeur du sillon ; un autre CÔté perpendi-
culaire à l'une des" extrémités du prétédéfit ;'est
la largeur du sillon, et doit” contenir uné fois
et démie la profondeur. ‘ *
Si, sur lé plan de ces côtés , où élève à autre
extrémité du premier, une perpendiculaire épale
à deux profondeurs de sillon; si par celle des
extrémités de cette perpendiculaire qui n’est pæ
sur le plan , on mèbe une parallèle au 2°. côté,
dans un sens opposé; qu'on donne à cette pa-
rallèle 3/4 de profbnideur ; et qu'ôn ‘en: joigné
le bout avec celui des bouts de la perpendiculaire
qui se trouve sur le plan, le 3°. côté du qua-
drilatère est formé , et lé 4°. ferme la figüre: : ‘
Ine s'agit plus . , Pour achever la surface
extérieure de l'oreille , que de la réglér par des
droites qui ‘coupent jé premier côté ‘et le qua-
trième , et qui soient parallèles au triangle rec-
tangle, dont le troisième est l’hypothénuse ;-ou
par des droites qui coupent cette hÿpôthénuse
et le deuxième côté, et qui soient parallèles’ au
plan mené par le ième, perpendiculaire
ment à celui des deux premiers. ‘. °‘ ”:
5
.
(34)
Il convient; au surplus, de régler des deux
manières: l’une sert de vérification à l’autre.
Quant à la face intérieure du-versoir de Jeffer-
- son, elle est équidistante à la face extérieure.
.: Je terminerai cette description sommaire, en
faisant observer que la droite à laquelle on donne
trois quarts de profondeur de sillon, ne doit
avoir cette longueur que dans le cas d’une bonne
terre végétale. Dans les autres terres ; des essais
peuvent seuls apprendre quel est É rapport le
”_ convenable.
M. Cuevauer, ‘ingénieur - opticien du roi. et
votre PATRONS vous a.fait hommage
de plusieurs exemplaires d’un rapport imprimé
de l'athénée royal des arts, sur ses lunettes iso-
centriques et de sbédacie à à clyniques.
M. Smox vous a lu un mémoire dans lequel
il décrit les terrains qui constituent notre dé-
partement, et s'attache Sa à. faire
connaître leur superposition. |
Cette superposition est l’un des buts essentiels
de la géologie , puisque c’est par la connaissance
exacte de l’ordre qui existe entre les terrains,
que le mineur a l'assurance qu’en perçant telle
ou telle couche, il arrivera sur.telle autre , ‘ou
qu’il’ est inutile de fouiller plus loin, attenda
que la couche sur laquelle il croyait arriver,
n'existe pas.
(#)
Les terrains qui constituent le sol du dépar-
tement de la Moselle sont secondaires.
. Les trois formations qu’on y rencontre le plus
souvent , sont le calcaire oolitique , le calcaire
bleu & gryphites et le calcaire coquiller ;
viennent ensuite les grès, principalement ceux
qui accompagnent la houille ; les autres forma-
tons ne jouent qu'un rôle accessoire, et ce-
pendant elles présentent: aussi des ressources à
l'industrie. |
M. Smox a joint à son mémoire, une coupe
qui montre les positions respectives des terrains
dont il vous a entretenus. | |
“I vous a parlé’aussi, dans ce mémoire, de
l montagne brülante dite de Dalveillers, dont
l'incendie ‘a commencé à une époque 7
pue. . DUR
Pour arriver , dit-il, à ce lieu, on traverse une
belle forêt par un chemin très-agréable ; lors-
qu'on est parvenu au sommet, on aperçoit
quelques famarolles et des débris de roches qui
ont subi l'action du feu; un peu plus lon, on
découvre un petit lon. c'est la que parait être
le foyer de l'incendie. su
Au versant de gauche, des PR en
murailles. Ces rochers ont subi aussi l’action du
feu, et à leurs pieds sont des soupiraux par
lesquels on entend un murmure imposant : il
( 36)
s'en v donne une colonne de famée-qui dépasse
les roches ; mais elles n’en sont pas moins cou-
ronnées par des arbres d'un beau vert.
-Le: fond du vallon est couvert .de débris de
roches. et, de schistes ;' sur différens. points du
sol, la chaleur est à peine supportable ; parmi
les débris , on trouve de beaux cristaux d’alun,
de lalun de plume et du: souffre natif. |
: «& C’est, dit M.Smox, en examinant successive-
ment ces nations, en s’arrêtant aux faits qu’elles
présentent , et en s’assurant que des. terrains qui,
au premier aperçu; semblaient n'être que des
. masses informes, sans aucun arrangement, sont
au contraire disposés‘ dans un ordre admirable,
et. nous conservent tellement bien Îes débris 4
animaux et des végétaux qu'ils. enveloppent,
que les coquilles montrent encore les premiers
dans leur entier, et que les nervures, même
les. plus. délicates des feuilles de fougère, :
sont point effacées ; c’est. alors que RE sent
tont.son néant et tonte h grandeur. ee son Créa-
ur.» | |
Cer mémoire vous à. fourni. ; messieurs, une
nouvelle preuve du zèle que met notre labo-
rieux collègue à poursuivre des recherches dont
lé résultat peut tourner au profit de’ la science,
ce qui vous fait d'autant plus regretter que les
nouvelles fonctions auxquelles il vient d’être ap-
(3)
pelé, vous privent momentanément de lavan-
tage de le posséder. n
‘Vous vous êtes empressés d'accuéilr l'hor-
mage que la compagnie, pour l'exploitation
des mines de Schœnecken ; vous a fait d'une
notice sur ‘ses importans travaux:
L’ entreprise de le exploitation des . mines Le.
Schœnecken, commune. située sur .l’extrème
frontière de France, à 5 kilomètres nord-est
de Forbach, dans le département dela Moselle ,
a pris naissance en 1815, ‘lorsque k réunion
de Sarrebruck à la Prusse, eut privé la France
des riches. SEA HE de houille de ces con-
trées.… se rs
la “igne-- rs qui pire aux ‘gites | qu'on
venait de perdre; on ne pouvait admettre que
les couches:de houille-qu’on voit sortir en Prusse,
à une distance plus ou moins éloignée:de.cette
ligne. et qui se dirigent ou plongent vers la
France , s'interrompissent brusquement pour ne
plus reparaïtre au-delà, et .que les limites po-
litiques fussent aussi pre de la nature.
M. Gzaxcorr, ancien inspecteur des houillères
du pays de hi. , ayant observé que les
attérissemens de grès et de poudingues quart-
seux qui forment le. sol français, sont de
même nature que ceux .qui.se montrent chez
. Ge |
l'étranger où ils prennent naissance, en concint
qu'il était probable que, en France, comme
en Prusse, ces grès recouvraient des terrains
houillers. :
Cet inspecteur joignant à ses observations les
données acquises pendant l'exercice de ses fone-
tons, conçut le premier l'espoir de réparer une
partie des pertes que venait pas le dé-
partement. |
Aux explorations de M. GLanGorr se joignirent
celles de MM. de GarGan, ingénieur des mines
du département, Duxamez, inspecteur-général ,
et CLÈre, ingénieur d'Anzin, qui se rendirent
successivement sur les lieux , et il résulta de-leurs
diverses observations réunies, que k commune
de Schœnecken devait être située au milieu d'un
vaste bassin houiller , versle centre duqueltendent
toutes les couches qu'on découvre dans le pays
limitrophe.
ll serait trop long, du reste, de faire ici le
détail des contrariétés de tout genre , qu’a éprou-
vées cette compagnie dansses premières tentatives
d'exploitation; de rapporter combien de fois
elle s'est vue forcée d'interrompre ses travaux,
de les abandonner tout-à-fait pour en commencer
de nouveaux ; il suffira de dire, pour la satis-
faction de ceux qui s'intéressent à la prospérité
de leur pays, qu'a force de constance et à
( 39 )
l'aide des lumières des habiles ingénieurs qui
l'ont dirigée dans ses efforts, elle est enfin _
venue à surmonter les principaux obstacles,
que tout se réunit maintenant pour faire a
que cette entreprise prendra bientôt un déve-
loppement qui sera pour notre département,
une nouvelle source de richesse, et pour la
France un moyen de s'affranchir du tribut qu'elle
paye, sous ce rapport, à l'étranger. |
Ie. SECTION.
ARTS CHIMIQUES ET. MÉCANIQUES.
M. le capitaine TarzzererT vous a lu un rap-
port sur la notice relative aux produits bitu-
mineux des mines de Lobsann près de Weis-
sembourg. |
Il résulte des observations du rapporteur, qu’on
fabrique avec les produits bitumineux de cette
mine , deux espèces de bitume , savoir :
L'un appelé Brai ou Goudron minéral qui
sert à enduire les corps qu’on veut préserver
de l'humidité , et conserver dans l’eau, tels que
les murs salpêtrés, les roues de moulins, etc. ;
et l’autre nommé Mastic minéral on Bituminum
qu'on emploie avec avantage dans les construc-
tions hydrauliques ainsi que “is les terrasses dites
à l'italienne. :
(40)
Dans le courant de l'été dernier, on à employé
à divers usages, à la poudrerié royale de Metz ;
lé bitume minéral de Lobsann : mêlé an goudreri
otdinairé, ce qui le rend plus fusible, i a ‘été
appliqué sur la roue “hydraulique de la ‘séchèrie
artificielle ;seul'et sans aucun mélange, il a été
étendu sur un berceau’ en plein ceintre, fori
imant la voûte d'un très-petit bâtiment qui rèen-
ferme le fourneau et la chaudière de la séchériei
enfin, on en a recouvert la voûte du magasin
à ue ; mäis cétté dernière couverture n’était
pas encore achevée à Fépoque.où M. Tarizererr
vous a fait son rapport. Îl vous a annoncé qu Al
‘sé réservait de vous entretenir l'été prochain ; de
‘ce sujet intéressant et'utile, attendu qu'il avait
Tespoir de recueillir assez de renseignemens pour
mettre la société à même de se, as ‘une
opinion sur cet objet. | |
M. Gotvenan vous a envoyé'une table exacte
de la pésänteur Spéci ifique ces Lines jets dd
“kool èt d'eau.
‘Vous ‘avez reçu un ouvrage intitnlé : : Obser-
‘Yätions sur le calorique et sur da lumière,
par M. Pucx, de Rouen. ] dont M. SR on
‘à rendu compte. Fi
© “M: Puex considère la lumière comme pon-
dérable, et le calorique comme.la cause de la
visibilité ‘de la lumière ; il rappelle des expériences
(#1)
faites ‘Londres , il y a 4o ans, par le docteur
Higoins, qui semblent prouver que la lumière
s'attache aux corps comme l'humidité , et qu’elle
a'est réfléchie qu'après parfaite saturation de
l'objet. exposé à ses rayons. .
Il prétend que l'émission de la lumière et du
calorique pendant la combustion est due aux
corps combustibles, et non au gaz oxigène de
l'air. Suivant Pauteur et M. Macaire, de Ge-
nève, les lampyres contiennent de la lumière
ebscure,. qui deviëént visible lorsqu'on leur four-
nit du calorique; le gaz oxigène n'y entre cer-
tainement pour rien, dit M. Pucx; à plus.forte
raison peut-on supposer que .la lumière obscure
existe égelement dans les corps combustibles ;
c'est ce que. prouvent d’ailleurs, les belles ex-
” périences de Davy; de. là vient que les métaux
produisent en brülant des flammes diversement
Si le carbone conduit mal le calorique, s’il
réfléchit toute la lumière qui le frappe, si en
brülant il donne beaucoup de lumière et de cha-
keur, c’est qu'il est saturé de lumière et de calo-
rique; le diamant n’est que du carbone. privé
de ces élémens, car sa combustion, qui donne
autant d'acide carbonique que celle du carbone,
ne produit que peu de lumière et de chaleur.
: Cette nouvelle théorie qui renverse celle de
6
(4)
Lavorster: et de Moncë, a au moins' le mérite.
d’être trésmgénieuse.
M. Lemoyne vous a fait hommage d’un exèm-
plaire de son mémoire sur les Ponts suspendus
par des chaînes, dont M. le capitaine MuniEr
vous’ a rendu compte l’année dernière.
M. le capitaine Ponceter vous a également fait
hommage d'un exemplaire de son mémoire sur
les Roues. verticales. à aubes courbès, mes
par dessous, mémoire qui a-été couronné par
l'institut et auquel l’auteur à fait dite ae
gemens et additions.
M. Can, dans l'analyse. qu'il vous a faite.
du compte rendu des travaux de la Société du
Mans , pendant le cours de l’année 1825, vous
a parlé de l'explication donnée par M. Arrow,
membre de cette Société, du phénomène que
présente un disque en tôle monté sur un tour
qui lui imprime une vitesse de dix mille pieds
par minute : ce disque coupe en peu d'instans
une lime ordinaire, même sans être entamé.
Dans son analyse du compte rendu des tra-
vaux de la Société de Rouen, M. Carzzy vous
a également parlé du mémoire de M. Desricny,
membre de cette Société, sur un instrument
. destiné à régler les pendules, qu'il a fait. cons-
truire en appliquant la méthode donnée par
M. Pecqueur pour établir un rapport assigné
(43)
entre la vitesse: angulaire de deux roues, lors
même que lés deux termes du rapport sont des
nombres premiers, surpassant ceux des dents qu’il
est possible de tailler sur les GHCOmIÉrEnCes des
roues.
M. Desricny a donné à son instrument le
nom de régulateur d'horloge, à cause de la
précision avec laquelle cet instrument ‘exécute
seul l’opération qu'on lui confie ; vingt-quatre
heures suffisent pour régler une pendule, et au
moyen d'une addition faite au régulateur, on
peut, dans des cas pressans . restreindre à deux
heures le temps nécessaire is cette opé-
ration. | SON E
M. Fresez, mécanicien ; vous a présenté suc—
cessivement de balances de son invention : la
dernière qu’il a désignée sous le nom de levier-
| hercule, a été soumise à l'examen d'une com-
mission composée ee MM. Woisarn, PoncELET.
et LEMOYRE.
Cette commission a trouvé l'idée de M. F REsEz,
; fort ingénieuse, et elle pense que sa balance:
pourra. être employée avec avantage dans toutes
les circonstances où l’on recherchera , avant tout...
la facilité du transport et k Free du:
pesage. |
. M. le-baron Contes Dur vous a fait hom
mage d’un exemplaire de sa notice sur un nouvel.
( 44)
enseignement de la géométrie et de la mé:
canique, appliquée aux: arts. metiers. ‘et
aux beaux arts.
Vous avez accueilli cet. ue avec ce vif
intérêt qu'inspirent toujours les ouvrages de notre
savant collègue... :
Votre président vous. a donné lécture d'un
rapport qu'il a fait, au nom d’une commission
choisie dans See . sur da construction et
Fusage des mécaniques et des machines à vaæ-
peur dans notre département ; en réponse à
une série de questions à ce sujet, adressée par
Son Excellence k ministre de l'intérieur, à la
chambre de Commerce de Metz, et transmise |
par celle-ci à notre: Société. :
Ha aussi déposé aux archives, trois trisecteurs .
perfectionnés. On les doit à MM. Deserancss
fils, Lonnarn fils, tous deux RARES, sus
charpentier.
M. Gurx , miroitier, a a construit aussi un Ur.
secteur qui est en verre de Laul et contient un
rapporteur. |
Ces instramens , qui montrent l'intelligence rs
leurs auteurs et le zèle avec lequel ils ont suiwi.
le cours de géométrie apphquée, rendront dé-.
sormais la division d’un angle en trois parties:
égales ;'aussi facile que la construction de ES
droit au moyen de l’équerre. | L
CE
me. SECTION.
JCENÉE ri ÉCONOMIQUES ET INDUSTRIELLES,
M. us Simon, , Dépiniériste à Metz ;
vous a adressé un mémoire relatif à Pincision
annulaire, sur lequel MM. Smox et Bouœorre
(colonel) vous ont fait chatun un rapport. : :
M. Dominique Smmon prétend que l'incision
annalaire , malgré son utilité, présente un incon—
vénient fâcheux, celui d’appauvrir et souvent
de frapper de mort la partie de la plante: qui
so trouve au-dessous de la plaie; c’est. pour
quoi il propose comme un procédé à 2.
de préférence, l'incision longitudinale qui. sui-
vant lai, offre les mêmes avantages sans avoir
les mêmes dangers.
M. le colonel Boucrorrs n'a point Deus à
cet égard l'opinion de l’auteur ; il vous a fait ob
server que le résultat désavantageux signalé. par
M. Dominique Srmox, doit être attribué , non pes
à lincision annulaire même, mais au cos qu'on: ‘
fait de la partie du cep saisie: ) à l'opération;
que si cette incision -est faite sur les branches de
. la plante au lieu de l'être sur la tige , il ne s’ensait
aucun’ dépérissement ; que les nombreux essais
qu’il a faits de ‘cette manière A sur ont com--
plétement réussi. RE
(46)
Quant à lincision longitudinale + Votre rap-
porteur vous a encore fait observer que l’avan-
tage de ce nouveau procédé n’est pas suffisam-
ment constaté par l'expérience, pour qu ’on doive
l'employer de préférence au premier.
En conséquence, vous avez arrêté, d’après les
conclusioris du rapporteur, que ini hono-
rable serait faite, dans votre compte-rendu, de
M. Dominique Sue. pour le zèle qu'il met à
chercher les moyens d'améliorer la culture de la
vigne ; que ce laborieux agronome serait invité
en outre à continuer ses utiles recherches et
sur-tout à s'assurer par des espérienees convain-
cantes, de la réalité des avantages que présen-
tent les divers procédés qu'il propose.
M. Simon vous a encore rendu compte din
autre ouvrage du même auteur sur la culture
de la vigne ; ce mémoire lui a paru très-inté-
ressant, mais néanmoins incomplet.
M. Tanserenr vous a entretenu du mémoire
dans lequel M. Vercxaun, de la Société d’Or-
léañs, annonce qu'il est parvenu à retirer du
marron d'Inde, une fécule analogue à celle de
la pomme de terre, et qu’il regarde comme
étant bien supérieure à celle-ci. Son procédé
consiste à réduire le fruit èn pulpe et à le laver
plusieurs fois avec une eau aiguisée de ;5 ou
de 53; d'acide sulfurique. M. Vencnaup déclare
(47)
qu'il obtient par là 36 à 9%, de Foes tandis
que lés meilleures pommes de terre n’en donnent
que 20 ou 22 p. °/. |
Au surplus, cette fécule a été employée pour
divers usages de l'économie domestique; elle a
été aussi convertie en sirop par le moyen de la-
cide sulfurique, et en alkool par la fermenta-
tion ; elle fournit un encollage pour les tisserands ;
cf on la fait entrer dans la préparation du
papier autographe. |
M. le colonel BoucxoTTE vous a fait connaître
un ouvrage de M. de Mowrsrur, sur les avantages
et la possibilité de naturaliser en France des ani-
maux et des végétaux exotiques.
Les animaux que M. de Monreux propose
d'introduire, sont le Jak du Thibet, bête de
somme dont l'espèce approche de celle dé bœuf,
et qui porte une toison précieuse , avec laquelle
on pourrait fabriquer de nouvelles étoffes.
IL propose aussi l'importation en France de
ces béliers d'Afrique, avec lesquels les anglais
relèvent leurs races à laine fine.
Enfin, M. de Monrerun propose, pour épreuve,
l'introduction de la race de moutons peu connue
des Strépicéros et de celle des Isles de Ferroé,
laquelle porte trois sortes de laines, dont lune
est trés-fine. | |
M. le colonel BoucuorrE vous’ a . aussi un
( 48 )
rapport ‘sur uñe notice relative aux moutons
Dishley (en Angleterre) ; laquelle est extraite du
journal des travaux de la Saciété” nb ui
dé la Seine-Inférieure. | |
« Ce qui est à remarquer articulièrement
» dans cette. notice , dit le rapporteur, c'est
> Fintroduction du Prsi dans la composition:des
> prairies, à l'usage des moutons. On prétend
» que cette plante a la vertu d'emporter, par
+ les urines, les sérosités causées par une trop
» grande humidité ; sa qualité aromatique donne
> d’ailleurs un goût excellent à la chair des ani-
> maux qui s'en nourrissent , et dispose les
» agneaux à manger plustôt. Il les _—. en
» outre de k pourriture. » oo
. Une ‘autre remarque particuliére à fire su?
les moutons Dishley, c’est que beaucoup de
brebis dé cette race mettent bas deux petits, de
sorte qu'on pent attendre quatre-vingts 7 |
d'an troupeau de soixante brebis. |
- M. le eolonel Boucuorre vous a encore fait
un rapport sur la greffe par approche, que
propose M. Piéranp , associé-correspondant. Le
hpouveau-procédé qu _—— l'auteur , hu parait
Le et avantageux. |
- M. Eve Boucnorré vous à présenté des
ETES sur les causes qui: s'opposent
aux progrès de Pagriculture dans notre pays,
(49)
et.une notice sur la manière .de nourrir les
Chevaux. avec du pain de froment. |
Vous avez entendu avec intérêt la lecture des
observations de M. Anspacx, sur l'ouvrage in-
titulé : des avantages d'une assurance géné-
rale contre l'incendie, étendue à tous les.im-
meubles de la France, dont M. Schertz vous
. a fait. hommage, et vous avez applaudi avec
Jui aux vues patriotiques de l'auteur. |
Vous avez accueilli avec non moins d'intérêt.
son rapport sur l'ouvrage publié sous le titre du
commerce extérieur , et de la question d’un
entrep#t à Paris, qui vous a été adressé par
Pauteu, M. Roper.
En développant les idées d cet habile né-
gociant, M. Anspacx a fait sentir combien toute
Ja France est intéressée à l'extension du com-
amerce extérieur, commerce auquel les produc-
tions et les Bbriques de notre département ne
sont pas étrangères, et dont le résultat serait
d’en accroître la prospérité, en multipliant les
moyens d'échange.
. établissement d'un entrepôt à Paris, chose
qui serait avantageuse pour toute la Die , Sans
_ être nuisible aux ports, deviendrait d’ailleurs,
dit M. Axspacu, un précédent favorable à lob-
tention de celui que la ville de Metz réclame
depuis | long-temps , et qui rendrait: au , Com--
7
D
(30 ))
æerte- de notre- ville l'activité que la -perte-des
pays be li lüi a ôtée. . -
IV<. SECTION.
ARCHÉOLOGIE. —— LITTÉRATURE. Loc
M. Trssrer PS de Thionville, et votre
oct correspondant ,au zèle et aux bone
recherches duquel vous devez déjà tant d’heu-
reuses découvertes, vous à envoyé cette année,
un mémoire sur des monnaies frappées à
Sierck, sous les ducs de Lorraine.
Vous avez accueilli avec le plus: vif intérêt,
Thommage que vous a fait M. le baron Masquer,
de sa seizième lettre de TERRE 4 mise
matique et d'histoire. .
M. Simon vous a lu une notice sur les anti-
* quités qu'il a découvertes au village de Roncourt.
Il vous a été rendu compte des Observations
sur les ruines du Hiéraple, par M. Arremarer,
de S' -Avold, associé correspondant. Vous avez
trouvé ce rs tellement rempli de remar--
ques intéressantes, et propres à faire connaître
le mont Hiéraple, que vous avez décidé qu'il
en serait fait mention honorable dans le compter
rendu de vos travaux. |
M. Azremayer, en recueillant soigneusement
‘dans son ouvrage, les traditioris populaires qui
font du Hiéraple, un heu de terreur pour ia
(51)
Classe ‘ignoramte des habitans du pays, n’a pas
- négligé les; recherches historiqués : le squelette
de 6 pieds et demi de. haut, trouvé les pieds
tournés vers l’orient, est encore une preuve que
le Hiéraple ‘était un établissement des gaulois.
Tout porte.à croire que ce lieu fut long-témps
sacré pour eux ét peut-être qu'un collége drui-
dique y. fut.éfabli. Plus tard, il leur servi de
refuge contre les Lean des romains et des
alemans. |
M. Acremayer vous a donné: connaissance dés
féüilles faites à S'°.-Fontaine, et du Mercure qu'on
ÿ trouva. Ces fouilles continuées par M. Mancax,
ont conduit à la découverte d’un nouveau Mer-
cure, d’un banc en pierre d'une grande lon-
gueur et d’une F’énus impudique,aussi en pierre,
de grandeur naturelle, mais que les filles du
village voisin sont venues briser, la regardarit
comme un objet de scandale. |
M. AzrEMAYyER a joint à son mémoire, qüelqués
débris qui consistent en un fragment d’une'pierre
meulière et un vase gaulois. Il:y a joint aussi
diverses médailles en grand et petit bronze pres-
que frustes: ce sont dés Hadrien, Commode
(au revers de Junon), Antonin (Sospita), Lucile
(fernme de. Vérus), F'austine ; Tetricus, Cons-
tance et Falens.
Enfin, il vous a envoyé depuis une pièce
(5%)
d’or qu'il a trouvée dans un terrain appartenant
autrefois aux Templiers, et qui se Lait au
monétaire de Philippe-le-Bel. |
La notice que M. le comte GRÉGOE, un
de vos membres honoraires, vous à adressée
Sur les Rhodiens (appelés, par corruption de
langage, Hérodiens) du village de Pierre-V'illers,
qui ressortissait au bailliage de Briey , vous a paru
curieuse. et digne d’exciter les recherches des
archéologues. sur les anciens établissemens. des
Templiers dans notre pays.
Lors de la prise de Rhodes par Solimen H,
sur les chevaliers de S'.-Jean de Jérusalem, i
fut stipulé par k capitulation que les odiens
qui ne voudraient pas vivre sous la domination
musulmane , auraient la liberté de quitter l'isle.
L'abbé de Vertot assure que plus de quatre mille
de ces insulaires , avec leurs familles 2 profitérent
de cette liberté, pour s Mes nous à ! suite: des
chevaliers. |
« Il falut, dit l'auteur de la notice, répar-
» tir sur les domaines de l’ordre ces émigrés,
» dont une colonie s'établit ainsi à Pierre-
» Villers , qui dépendait dela commanderie du
» Petit-St.-Jear, à Me. »
L'auteur ajoute que ces colons avaient bâti
dans cet endroit des maisons dont - quelques-
unes sont encore à présent indiquées comme
(53)
. maisons de rhodiens ou hérodiens ; qu’au sur-
plus, ils ne se mariaient qu'entre eux; qu'on
tenait registre de leur origine , de leurs lances, ;
et des enfans qui en naissaient. |
Vous avez entendu avec plaisir, les savantes
et pes observations de M. Gerson-Levy,
sur la 2°. époque de l’histoire allemande de
Trèves , par M. le professeur WiTrEnsAC , asso-
_cié-correspondant. D
. M. Wrrrensacu ne s’est pas borné dans son
histoire à rapporter les différentes guerres et ré
-volutions politiques des trévirois , il y a fait entrer
aussi la description des anciens monumens élevés
dans le pays par les romains , monumens sur la
destination de quelques-uns desquels il établit de
nouvelles conjectures qui paraissent fondées.
La vaste et attentive érudition de M. Wir-
TENBACH ne lui a rien laissé oublier; peut-être
même l'a-t-elle entrainé trop loin, en le por-
tant à s’appesantir sur des détails déjà connus des
lecteurs, et qui d’ailleurs ne se rattachent pas
nécessairement à l'histoire particulière de Trèves ;
mais malgré ce léger défaut, l'ouvrage ne mon-
tre pas moins, dans votre estimable confrère,
une étendue de connaissances et une supériorité
de talent auxquelles le rapporteur s est La à
payer un juste tribut d’éloges.
. M. Macuerez vous a rendu compte de la
C5)
Jument et la Fill, fable en vérs qui vous a été
envoyée par un anonyme.
. Ü vous a lu aussi trois fables en vers Le il
en l'auteur.
Vous avez réçu de M: For , æ Dijon :
plusieurs ouvrages en prose, sur lesquels MM.
Hyrpm et Macnerez vous ont fait chacun un
M. Decasso, de Thionville, associé-corres-
pondant, vous a envoyé une chanson Le a
gs sur le Sacre,
M. Descaonx, de Caïnbrai, ie
Fe vous à fait remettre une très-belle. mé-
daille eu. bronze, frappée à l'occasion de Pé-
rection du monument de Fénélon , et deux pièces
de poésie : lune à pour titre à Gant, l'autre
le Mousse. Vous avez trouvé cette dernière
pleine de facilité, de grâce , et surtout de sen-
üment,
M. le capitaine d'artillerie — associé-cor-
ar du , Vous a offert une ode sur le Sacre,
et une tragédie en vers, intitulée Jeanne-d'Arc,
qui se fait remarquer en général par l'ordon-
nance du plan, et en certains endroits ; par une
touche mâle et fière.
: M. Huor, de Paris, associé - correspondant,
vous a présenté sur le célèbre Lavoisier, une
noticé que vous avez jugée trèsintéressante , tant
(5)
sous le rapport du style que sous ‘céhi des faits
qu’elle contient.
« Îlest, dit M. Huor, des hommes favorisés
» par la une chez lesquels l'amour de l’é-
» tude est une ES ; l' culture des sciences
» un besoin ; la vérité, le but de leurs travaux;
» le PAT de lhumanité , le principal sujet
» de leurs méditations: tel fat l'ilustre et mo-
» deste Lavoisier, » |
L'auteur nous représente ensuite ce savant
célèbre, dédaignant dès sa jeunesse, pour les
charmes de l'étude, la société et les plaisirs aux-
quels la perspective d’une belle fortune lui per-
mettait de sé livrer; débutant dans la carrière
qu'il a si glorieusement parcourue, par un mé-
moire sur lermode d'éclairage le plus efficace
et le plus économique à employer dans Paris,
mémoire qui fat couronné ; démontrant ensuite
le premier, que la pierre à plâtre est for-
mée de chaux, d'acide sulfurique et d’eau;
dévoilant le secret de la composition du dia-
mant, et faisant voir l’analogie qui existe entre
cette Here précieuse et le charbon; opérant
plus tard une véritable révolution dans le monde
savant, par la découverte de la composition de
Peau; parvenant à faire acquérir ‘à la poudre à
cation , un tiers de portée de plus qu’elle n'avait
eu. ou ;: du reste, administrateur. aussi
(56)
désintéressé et philantrope aussi vrai que sa-
vant profond et infatigable; refusant de tou-
cher les appointemens des places auxquelles l’a
vait appelé le. gouvernement ; avançant même
de ses deniers , une somme de cinquante mille fr.
à la ville de Blois, pour la sauver de la famine;
et prouvant enfin jusqu’à ses derniers momens,
son amour pour l'humanité, en faisant au pré-
sident du tribunal révolutionnaire, la demande
qui fut refusée froidement par celui-ci, d’un
sursis de quelques jours, afin de terminer ses
expériences relatives à la transpiration, cause
de tant de maladies. :
_ € On dit, ajoute en terminant M. -Huor | que
» la veille de son exécution , la Société du Lycée,
» dont Lavoisier était membré, envoya: à la
» conciergerie, une députation qui lui offrit une
_» couronne. Hommage touchant d'intérêt et d’es-
» time, qui retraçait au milieu de cette prison,
.» le tableau de Socrate, recevant les derniers
__»s adieux de ses disciples et de ses amis! »
M. Nicor , de Montpellier, associé-correspon-
dant, vous a adressé la traduction en vers de
la He satyre de J uvénal, dont M. Tarr
vous a fait l'analyse.
Cet ouvrage n'est pas sans. doute entièrement
exempt de taches : dans quelques endroits la tou-
‘ che est au-dessous de la vigueur du satyrique
(57)
latin; on y remarque aussi quelques néeligences
qu'il sera facile à l'auteur de faire disparaitre.
Malgré ces imperfections , résultat inévitable
d'un premier travail, on peut dire que, com-
paré à l'original sous le rapport de la fidélité,
l'ouvrage présente une exactitude suffisante pour
une traduction en vers ; quelquefois même on y
trouve une heureuse précision ; le style en gé-
mnéral est aisé et naturel, souvent élégant, et
la versification facile et coulante.
M. Tec vous a aussi rendu compte de di- -
-verses pièces de poésies présentées par M. Va-
LETTE, et parmi lesquelles vous avez particulié-
René distingué une épitre en vers et plusieurs
Chansons. |
M. VazerTe vous a lu et ui un ouvrage
en prose mêlée de vers, sur les mœurs cheva-
leresques du moyen âge, ainsi que plusieurs
odes et élégies de M°°. Amable Tasru (née
mademoiselle Voïiart, de Metz), associée libre de
la société Linnéenne de Paris.
La lecture de ces diverses productions qui a
continuellement excité votre mtérêt et souvent
- votre admiration, vous a convaincus que lac-
‘quisition de M”*. Tasru ne pouvait qu'être in-
finiment précieuse pour notre Société. C’est pour-
quoi vous avez pris en sa faveur une décision ré- :
glementaire en vertu de laquelle les dames peu-
8
(58)
vent maintenant être admises à faire parte de
vos associés-correspondans. _ |
M. VALETTE vous a encore rendu compte de
lEpoque fatale, ode par M. de Montferrier,
associé correspondant, et vous a lu deux nouvelles
chansons de sa composition, dont l’une est inti-
tulée, Caron ou le Nocher. des enfers, @
l'autre Child-Harold ou l'Italie. .
M. Tniez vous a lu au nom de votre com-
mission pour les concours littéraires , un rapport
sur'un mémoire portant pour titre : ‘Elimie ou
la République messine au commencement du
15°. siecle. NN + +,
Votre commission n’a pas trouvé que l'auteur
ait suffisamment rempli les conditions énoncées
dans le programme.
M. Mur, professeur, vous a fait aussi un
rapport sur un mémoire qui vous a été -envoyé
par M. Senoco, maitie d'écriture à Metz.
_ M. SenocQ avance, comme un. fait imcontes-
table, que le talent de l'écriture s’acquiert au -
jourd’hui avec plus de facilité, et en beaucoup
moins de temps qu'il n’en fallait autrefois; selon
lui, quelques jours de leçons suffisent, à cet
égard , aux personnes qui ont déjà l'habitude d’é-
crire ; quant aux commençans, il assure qu’au
- bout d'environ deux mois d'exercice, ils ont ac-
quis déjà un certain degré de perfection dans l’art
de former les caractères.
(59 )
: Un si grand avantage doit être attribué, sui-
vant M. Senoco, à l'excellence. de la méthode
qu'il suit. depuis dix ans, et dont il se déclare
l'inventeur.
- IlLcondamne, dans la méthode qu’on empie
nement ‘ la pratique de la flexion des doigts
eonducteurs de la plume : cette flexion, dit-
il, imprime ‘à la plume, mdépendamment de
son mouvement de translation , un mouvement
d’escillation qui est cause que le bec pose tantôt
par un point, tantôt par un autre, et ne peut
ainsi former un plein parfait.
‘Les principes qu'il a établis à ce sujet, consistent
donc à exclure ce mouvement oscillatoire de la
plane ; ; il prescrit à l'écrivain, de faire décrire
à celle-ci, constamment et irnulenément: ‘avec
son extrémité supérieure , les mêmés ‘caractères
qu'avec son extrémité inférieure; cette pratique,
qui fait presque tout l’art, ne peut être, ajoute-
til, bien observée par l’écrivain qui plie et re-
dresse successivement les doigts; il faut que ces
doigts restent toujours tendus sans roideur, qu'ils
agissent conjointement avec l’avant-bras, par le
moyen du doigt annulaire et du doigt auricu—
lire qui en facilitent le transport sans en sup-
Rs le poids, non plus que celui de la main.
-Je ne suivrai pas l’auteur dans les dévelop-
pemens qu'il a donnés sur sa méthode; je me
,
(66)
contenterai, messieurs, de. vous rappeler. que
votre rapporteur, tout en approuvant la plupart
des principes posés par M. SexocQ, et en rendant .
justice au talent supérieur de cet estimable maître, .
vous a fait observer néanmoins que, à son avis,
il y aurait quelque inconvénient à pratiquer trop
rigoureusement le principe d’après lequel on
doit tenir toujours les doigts tendus .et ne faire
marcher la plume que par secousses, au moyen :
du mouvement de Pavant-bras. | |
«: La forme de quelques caractères d’une grosse - :
» dimension sur-tout, exige, dit M. Munier,
» certains mouvemens qui-nécessitent au moins
» une légère flexion des doigts. » |
M. Mur trouve aussi: qu’il n’est pas .non
plus sans inconvénient, quant à l’écriture , d’ap-
procher le haut du corps très-près du papier,
d’autant plus qu'il est impossible à Pécrivain, de.
garder quelque temps cette pose sans s'appuyer
sur les avant-bras , sur-tout si ceux-ci, y compris
les coudes, portent sur la table comme le prescrit
l’auteur , et qu’il en résulterait alors des crampes .
qui, en fatiguant l'écrivain , nuiraïent à l’exécu-
tion de son travail. :
Enfin, M. Mur vous a encore fait remar-
quer qu'on ne peut raisonnablement inférer d’une
méthode, quelque excellente qu’elle soit d’ail-
, leurs, que l'élève qui la suit, parviendra, dans
4
(Gi)
un-temps tréslimité, à atteindre un degré mar-
qué de perfection , dans la pratique de l’art qu’en-
seigne cette méthode; qu’un tel avantage n’est
pas seulement le résultat de la manière de mon-
trer, mais qu'il dépend encore de la portion plus
ou moins grande d'intelligence et d'adresse dont
l'élève a été doué. - nas
Ces observations vous ont paru très-judicieuses ;
cependant, messieurs, vous ne vous êtes pas en-
core trouvés assez éclairés pour être-en état de-
décider: si l’auteur n’attribuait pas mal à propos,
à l'excellence de sa méthode, le talent supérieur .
qu'il possède et que peut-être il doit: plutôt à
un don Deer et -très-rare qu ‘il a reçu de
la nature. : |
C’est pourquoi vous avez cru devoir soi or. |
ner à déclarer que M. Sexoco vous semblait
avoir joint l'exemple au précepte, en vous pré--
sentant un tableau des divers genres d'écriture,
où l'on trouve quelquefois : à blèmer ; mais sou—
vent à admirer.
Enfin, vous avez reçu des diverses sociétés
académiqués avec lesquelles vous avez des rela-
üons, des mémoires sur leurs travaux dont il
vous a été rendu compte; ce sont celles de
l'Ain — d'Arras — de lAriége — de l'Aube
— des Bouches-du-Rhône — de Boulogne-sur-Mer - -
— de Caen — de Cambrai — de Châlons (Haute-
( 6a.)
Saone) — de Château-Roux — de Dijon —.de
Dinant — de l'Eure — de Lille — de. Limoges
— de Lyon — de Macon — du Mans -- de
Montauban — de Nancy — de Nantes — d’Or-
léans — de Poitiers — de Rouen — de Stras-
we — de Tarn et Garonne — de Toulouse
— de Tours — de Vesoul — et la Société Lin-
néenne de Paris.
Felle est, Messieurs. l'analyse rapide des tra-
vaux auxquels vous vous êtes livrés pendant le
cours de l'année académique qui vient de s’écou-
ler ; les succès que vous avez déjà obtenus doi-
noi faire espérer que, par la suite, vous en
obtiendrez encore d’autres non moins satis-
faisans et dignes de vous acquérir de plus en
plus l'estime de vos compatriotes et la protec-
tion des magistrats, qui vous ont déjà donné tant
de preuves de leur zèle à seconder des efforts
dont le résultat peut tourner au plusgrand bien
de leurs administrés, et sans le concours géné-
reux desquels il vous eût été très-difficile, pour
ne pas dire impossible , de subvenir aux frais que
nécessite l'exposition des produits de l'industrie de
notre département. .
Déjà , Messieurs, vous leur avez adressé l'hom-
mage de votre reconnaissance, et vous vous
plaisez à leur payer ici, de nouveau, ce juste
tribut, auquel tous les messins s’'empresseront
sans doute de joindre le leur.
(63)
H est aussi de mon devoir en terminant œ
compte-rendu, de vous rappeler que vous avez
admis dans votre sein,
1°. En qualité de membre honoraire, M. de
Vivue, secrétaire général de la préfecture: de
notre one. .
2°. En qualité de membres titulaires, MM.
VALETTE et CosTe ;
Et que la liste’ de vos associés-correspondans
s'est accrue des noms de madame Amable Tasru,
associée libre de la Société Linnéenne de Paris;
de M. de Lamsez , colonel du génie, et de M.
VINCENT, rs de mathématiques au ee
en de Reims.
(64 )
RAPPORT_
: L NE _ + ur
LE CONCOURS DES CHARRUES,
Pan M. MUNIER, CaPITAIXE D'ARTULERE.
cc MessŒurs,
D la vué de pouvoir apprécier à leur juste
valeur les divers perfectionnemens apportés aux
charrues dans ces derniers temps, de pouvoir
faire connaitre aux agriculteurs celle qui produit
le meilleur labour en employant le moins de
force de traction, et de réduire ainsi au mini-
mum les frais de culture dans le département
de la Moselle. la Société des lettres, sciences et
arts, et d'agriculture de Metz annonça un concours
où les charrues qu'on présenterait seraient sou-
mises comparativement à des expériences directes
dans un même terrain ; et, afin d’exciter davan-
tage l'émulation des agricalteurs et de les en-
gager à envoyer leurs charrues à ce concours,
elle décida qu'il serait accordé , comme prix, une
(65 )
médaille d'or dè la valeur de 300 francs, à la
personne qui présenterait une charrue capable
d'exécuter le . meilleur labour dans. une terre
forte , argileuse , exempte de matières étrangères,
enfin propre au moulage, et cela dans les di-
vers élats de sécheresse et d'humidité où la cul-
ture est généralement réconnue possible.
Pour préciser davantage les conditions relatives
à la consistance de la terre, on a exigé qu’elle
‘püût supporter , sans déont un poids de huit
*kilogrammes sur chaque pouce superficiel d’une
tranche bien unie , formée à sept pee de pro-
fondeur.
… Enfin, il a été établi, comme Sondton essen—
tidle , que la ds + parcourant . un chemin
d'environ quarante-cinq mètres par minute, ce
qui est la vitesse ordinaire du labour , devrait :
1°. S’enfoncer à la profondeur de sept pouces;
2°. Retourner une bande de terre dl de
neuf pouces environ;
‘3°. Exiger un effort de traction qui, mesuré
an dynamomètre de Régnier, ne Re F
‘tois cents: kilogrammes.
Il est à regretter que ce programme , très-
précis et trés-détaillé d’ailleurs , n'ait pu indiquer
le jour et l'endroit où ce concours public aurait
lieu ; il est vraisemblable qu'un grand nombre
d'agriculteurs et de charrons y. auraient assisté,
| | 9
(66)
et qu'il en serait résulté un très-bon effet pour le
département de la Moselle, en ce que les uns
se seraient convaincus, par eux-mêmes, des
avantages réels de la charrue de M. MAT&ŒU DE
Dowasce sur celles qu’ils emploient actuellement,
et que les autres y auraient acquis d'excellentes
idées sur la construction des charrues et sur la
méilleure forme à donner au versoir.
Si nous avons à regretter l’absence des charrons
et des agriculteurs, nous devons d’un autre côté
nous féliciter de la présence de sept élèves de
M. Marmeu ne Domsasie qui, malgré l'incer-
titude de l'époque à laquelle aurait lieu le con-
cours, n’ont point hésité à venir tout exprès de
Roville pour y assister. Animés du plus beau zèle
pour l'agriculture et de cet amour des connais-
sances utiles qui caractérise la jeunesse actuelle,
ces jeunes observateurs qui doivent un jour, à
l'exemple de leur savant maître, institüer des
fermes modèles ou diriger des exploitations ru-
rales de tous genres, ont secondé les membres
de la commission , avec un zèle qu’on ne saurait
trop louer : aussi ne puis-je résister au plaisir de
citer ici leurs noms; ce sont :
MM. Léon de Dombasle, fils du célèbre
agronome ; David, de Paris; Guillot, Salmon
et Boucher, de Metz; Gœriz, jeune allemand;
et Paléologue, jeune grec, de la province de
Valachie. |
( 67
Je dois aussi faire mention de la présence de
M. le général Taowas,. associé - correspondant
qui s’occupe d'agriculture avec succès, et qui
a fait lui-même quelques heureux changemens
à la charrue ; il est à regretter que celle qu'il de-
vait présenter au concours se soit trouvée , le jour
où se sont faites les expériences en os mau-
vais état pour pouvoir être mise en œuvre; c’eût
été le vrai moÿen de juger de. son ménte: |
Il est à regretter aussi que nous n’ayons pu faire
concourir la charrue inventée par le président
des Etats-Unis d'Amérique, M. Jerrenson ; elle
paraît construité d’après d’excellens principes et
se trouve décrite d’une manière détaillée dans
le compte-rendu des travaux de la Société : c'eût
été un spectacle vraiment curieux de voir la
charrue du nouveau monde rivaliser avec les
charrues les plus perfectionnées de la vieille Eu-
rope, et peut-être l'emporter sur elles.
Quoique le nombre des charrues perfection-
nées soit sans doute très-grand en France, deux
seulement ont été envoyées au concours : l’une
a-été présentée par M. Marmeu DE Dompaste;
Pautre par M. Léoxarn, ancien maître ouvrier
d'artillerie, actuellement charron à Courcelles-
. La charrue de M. de Dompasce a été soumise
‘a l'expérience comparativement avec la charrue
(68)
ordinaire du pays messin et avec une charrne
du Brabant fournie par M. Emile Boucuorre, .
membre titulaire de la Société, auquel nous de-
vons l'heureuse idée du concours sur les char-
‘rues et de plus les fonds du px relauf à à. ce:
concours. |
La.charrue de M. LéonarD n'étant ne
à là Société que huit jours aprés ce premier
concours, n’a pu en faire partie; mais elle 4 été
sournise plus tard à l'expérience, dans le même
terrain .et dans les mêmes circonstances, çe ji
rend les expériences comparatives.
La charrue de M. de Dombaste n’a ni avant-
ain ni roue; elle porte, vers l'extrémité: de
l'age, un régulateur consistant ‘en une tige da
fer verticale recourbée à angle droit à son ex-
trémité inférieure et formant une crémaillère
horizontale. et perpendiculaire à la directioe. du
tirage. Au moyen de ce régulateur quine repose
jamais à terre ; on peut d’abord élever ou abaisser
à volonté le crochet auquel la volée est attachée;
rendre ainsi la direcüon du tirage plus ou moins
oblique à l'horizon, et obtenir des sillons de
profondeur convenable ; au moyen de la crémail-
lére, on peut placer la chaine d’attelage plus. à
droite ou plus à gauche , donner au coutre une
direction plus ou moins oblique par rapport au
sillon déjà tracé, et faire retourner à la charrué
( 69.)
une bande de terre plus ou moins large, selon
les convenances. . |
Le sep est moins long que de les charrues.
ordinaires, ce qui constitue un des. perfection-,
nerhens apportés par M. de Dompasis.
Le coutre est. incliné comme dans nos char-
rues, et placé. à cinq ou six pouces de distance,
en avant du soc, afin qu'aucun corps étranger,
ne puisse Je loger entreux, ce qui nuirait au
labour.
L' Li a une forme iii, ain, que la charrue
ne s’engorée pas quand elle laboure du chaume.
Le versoir a sur6at attiré l'attention des mem-
bres dela commission ; il est beaucoup moins
long. que dans les charrues ordinaires et formé
d'une seule pièce de bois très - contournée; la
partie antérieure de ce versoir fait corps .et. se
raccerde avec le soc; l'angle qu'elle forme avec
l'horizon est plus petit que dans les autres char
rues ; ce qui facilite le. soulèvement de la bande
de terre détachée par le coutre et par le. soc.
L'autre portion de ce versoir, après avoir passé
par la position verticale, est contournée en S, se
rapprochant de l'age par sa partie inférieure qui
laisse ainsi glisser la terre sous elle sans grand
frottement, tandis que la partie supérieure , qui
s'éloigne au contraire de l'age, retourne et, amé-
nuise sans à-Coups la terre soulévée. En un mot,
(90 )
lorsqu'on voit travailler la charrue, il semble
que ce versoir présente la surface courbe que
décrit naturellement, dans son miouvement de
culbute, la terre détachée par le soc.
C’est à cette forme du versoir , qui paraît dé-
duite de l'expérience, que les membres de la
commission 6nt sur-tout attribüé cette propriété
de la charrue de M. de Dommasze, d'exiger un
éflort de traction moins grand ét d’aménuiser
mieux la terre que la charrue du Brabant
fournie par M. Emile Boucuorre. :
‘La charrué de M. de Dompaste a deux man-
ches comme la charrue ordinaire, mais au lieu
d'appuyer de toutes ses forces sur ces manches
comme on le fait avec celle-ci, on les soulève
au contraire légèrement, ce qui fatigue nn
mois le läboureur.
‘Enfin cette charrue n’exige que deux ue
dans les terrains ordinaires; dans les terres fortes
il en faut trois qu’on atièle airs de front et que
le laboureur conduit aussi facilement que deux.
© La charrue présentée par M. Léoxanp , char-
ron à Courcelles-Chaussy, a un avant-train comme
celle du pays, maïs cet avant-train est per-
fectionné en ce qu'il porte sous la sellette une
crémaillère horizontale qui sert à régler la lar-
geur des bandes de terre à enlever et, dans
le même but, deux chevilles en fer qui con-
(7)
‘uennent entre elles l'extrémité de l’age, et qu'on
peut visser dans différens trous pratiques dans
la sellette.
La chaîne qui réunit non à la charrue
s'accroche d'une part à la crémaillère, et de
l'autre à un crochet placé sous l'age; au moyen
de cette chaîne le tirage est rendu plus horizon—
tal, par conséquent plus puissant, et la pression
de l'age sur la sellette beaucoup moins grande
que dans la charrue ordinaire, ce qui constitue un
véritable perfectionnement ; enfin le versoir est
préférable à celui des charrues ordinaires en ee
qu'il est moins long , mais il est nécessaire d’en
modifier la forme en le modelant sur celui de
M. de Dommase, qui semble être parfait.
Les roues de l’avant-train devront aussi être
plus écartées l'une de l’autre qu’elles ne:le sont,
afin de rendre la charrue moins sujette à verser.
M. Léonarp a placé sur la partie antérieure
de l'age une crémaillère enfer, dans la vue
de pouvoir adapter à sa charrue les avant-trains
ordinaires du pays; cette addition a été improu-
vée en ce qu’elle détruit le perfectionnement in-
troduit par la chaîne, et que la charrue serait
réduite à une charrue ordinaire, toutes les fois
que le laboureur ferait usage de cette crémaillère.
La charrue du Brasanr. fournie par M. Emile
BoucaorTe,. pour servir de terme de compa-
(72 )
raison:, a beaucoup d’analogie avec celle de M.
de Dormasre ; elle est comme celle-ci sans avant-
train , sans roue, et se manœuvre de la. même
ne. elle porte aussi vers l’extrémité de l’age
un due qui permet de placer le crochet
de la volée plus à droite ou plus à gauche, selon
qu'on veut enlever une bande de terre plus ou
moins large. et un sabot qu repose toujours sur
le sol, et qu'on élève ou qu’on abaisse selon qu'il
éogit.d'obtonir un labour plus on moins profond.
. Ce sabot tient lieu d’avanttrain, en ce qu'il
s'oppose à un trop grand enfoncement du s0€ ;
mais lorsqu'il est obligé de franchir un obstacle
quelconque. il a l'inconvénient de soulever la
charrue qui ne s'enfonce plus suffisamment , et
quimême ne laboure plus du tont quand l'obstacle
à surmouter:a sept pouces de hauteur; cas assez
ordinaires si lon en juge par ce qui s'est passé
dans les expériences de la commission.
_ Le coutre est incliné comme dans Ja charrüe
de M. de Dowsaste mais il est trop rapproché
du soc. .
Le versoir est en Lu tôle, il se raccorde
_ ‘avec le soc auquel il est fixé par deux crochets,
de sorte qu'on peut l'enlever à volonté, ce qui
permet d'employer un seul cheval dans les labours
faciles, quand par exemple .on ne veut qu’é-
croûter la terre ; il cst plus haut que celxi de
M: de Domasie, et sa forme ést. moins heu-
reuse ; c’est à ces différencés que nous avons
attribué le plus grand effort de traction qu’exige
la charrue du Brabant, pour faire le même tra-
vail que celle de M. dé Dompasze.
-"La charrue ordinaire du pays messin, tisse
avec avant-train , la chaîne qui réunit pa avant-
train au corps de charrue et sur laquelle s’opère
la traction, est terminée par un anneau dans lequel
est introduite lextrémité de l'age. Il résulte de
cette disposition. une trés-grande pression de l'age
sur La sellette et par suite un très-grand frottement
des fusées d’essieu contre les moyeux , frottement
qui augmente considérablement l'effort de trac-
tion. Au reste, les différentes parties de cette
charrue sont encore dans un degré d'imper-
_ fection tel, que rien ne fait plus vivement sentir ;
pour nos charrons, l'utilité du cours de. mé-
canique appliquée, que: mon savant ami, le
capitaine du génie Poncezer, se propose de
faire l’année prochaine aux’ ouvriers de cette
ville.
: La commission chargée du concours sur les
Hu etcomposée de MM. Gorcy, BoucHorTE
(colonel), Boucxorre (Emile), Woirsaro et Mu-
NIER, s’est transportée le 1°". mai dernier à la
: ‘ferme de Grimont , qu’elle a choisie pour faire les
expériences, comme la plus rapprochée de Metz,
10
(74)
parmi celles qui présentent généralement le ter-
rain désigné dans le programme. .
Une reconnaissance des lieux nous a fait dé-.
couvrir deux champs, dans l’un desquels la terre
se trouvait à l'état de sécheresse .et dans l'autre
à Pétat d’humidité’où le labour est encore pos-
_sible, circonstance heureuse et sans laquelle La
commission n’aurait pu affirmer que les conditions
da programme fussent remplies par aucune des
charrues soumises à l'expérience. | +.
Sur notre invitation , le fermier de Grimont
vint labourer avec la lb de ses charrues..
attelée de six chevaux, concurremment avec la
charrue dé M. de Domsaste et celle du Brabant. .
_‘: Le champ dans lequel s’est faité la première
expérience est situé sur le revers de la côte, de.
telle sorte qu’une moitié des sillons était tracée sur
un terrain presqu'horizontal et l’autre moitié sur
une pente assez rapide ; ce qui permit d'observer
le travail des charrues en descendant, en mon-
tant, et en terrain presque de niveau. .
La commission s'est d’abord assurée, à l’aide
d'un cube en bois de 1 pouce de côté et du
dyÿnamomètre de Régnier, que chaque pouce
superficiel d’une tranche bien unie au louchet :
et formée à 7 pouces de profondeur, supportait
sans dépression un poids de 8 kilogrammes,
même un poids double ;: que la terre présentait
(75)
d’ailleurs toutes les conditions exigéès au pro-
gramme et se trouvait dans cet état de sécheresse
où le. labour est encore généralement réconnu
possible. | | .. |
Deux chevaux de moyenne forcé, apparte-
nant à M: Emile Boucorre et servant au labou-
rage dans sa ferme de Moncel, ont d’abord été
attelés à la charrue de M. Marmeu de Dompasie,
qe M. Dompasie fils a constamment dirigée
dans ce concours, en même temps qu’il faisait
marcher les chevaux à la voix seulement.
_ On a fait faire à la charrue un premier tour
du champ , tant pour enrayer et mettre les che-
vaux en train, que pour établir le régulateur d'une
manière convenable à l'expérience et pour don-
ner aux membres de la commission une idée
générale du travail de cette charrue.
- Nous avons remarqué que dés ce premier
tour, l'allure des chevaux était régulière, que
la charrue traçait fort bien son sillon et qu’elle
exécutait le meilléur labour possible. .
:‘ La commission a fait faire de suite un second
tour, pendant lequel la marche des chevaux a
été très-régulière ; ils ont employé 6 — 30” pour
parcourir , soit en montant soit en descendant,
h longueur du champ, qui est de 328 mètres;
de sorte qu’ils ont labouré avec une vitesse de
$a mètres 46 centimètres par minute.
(76) |
Le soc s’est maintenu constamment à la pro-
fondeur de sept pouces, et la bande de terre
enlevée avait dix pouces environ de largeur
moyenne , c’est-à-dire à peu près un pouce:de :
plus que n’exigeait le programme.
Les sillons ont été parfaitement tracés, la terre
a été bien retournée et bien divisée , la raie bien
déblayée-et son fond bien uni dans la largeur d’un
pied, distance à laquelle les terres sont écartées
par'le versoir; enfin, le labour a paru Rien
sous tous les rapports. .. RS
Ce second tour achevé, on plaça entre les
chevaux et la echarrue un dynamormnètre de.
Régnier , appartenant à M. Emile Boucuorte;
il fut attaché d’une part au crochet de la volée,
et de l’autre à la crémaillère du régulateur qu’on
baissa de manière à compenser l’alongement des
traits” produit par. linterposition du -dynamo-
mètre; puis l’on a fait faire un troisième tour
à la charrue.. Si |
. Toutes les circonstances du labour se sont re-
présentées, absolument les mêmes, que dans le
second tour ; de plus, l'effort de traction indiqué
par le dynamomètre a été à fort peu près cons-
tant et de 272 kilogrammes, soit en montant
soit en descendant , effet digne de remarque et
qui prouve, ainsi que l'ont observé les membres
de la commission ,.que le versoir de cette charrue
!
(77)
ne pousse nullement la terre devant lui, qu'il la
culbute seulement à un pied sur la droite, et
que par conséquent sa forme approche beaucoup
de l perfection. st elle n’est parfaite.
_ Il résulte de ces expériences, que la charrue de
M. de Dommasre, en labourant dans une terre
‘forte et sèche, a plus que rempli les conditions
du programme, puisqu'elle n’a constamment
exigé que les onze douzièmes de l'effort de traction
toléré, bien qu’elle labourât avec une vitesse
plus grande d'un neuvième que la vitesse de-
mandée , et que la largeur de la bande de terre
re füt aussi plus grande d'un neuvième
que celle qui était exigée.
La commission a soumis ensuite à l'expérience,
dans le même terrain , la charrue du Brabant
que M. Emile BoucnoTTe a fournie pour servir
de terme de comparaison, attendu qu’elle la-
boure sans avant-train comme celle de M. de
Dommasce , qu’elle est une des plus perfectionnées
que l'on connaisse, et qu'il s’en sert lui-même
avec un grand avantage sur la charrue ordinaire, -
dans l'exploitation de sa ferme de Moncel.
Comme on n’avait pas été obligé de faire ar-
rêter la charrue dans l'expérience précédente,
pour lire sur le dynamomètre les degrés qu'il
indiquait, la commission a fait immédiatement
interposer” cet instrument entre la volée et le
(38)
régulâteur , afin qu’on pût observer à la fois la
vitesse du labour, l'effort de traction et les dimen-
sions de la bande de terre retournée...
Les deux mêmes chevaux qui avaient servi à
la première expérience ont été attelés à cette
charrue, qui a constamment été. conduite par
le fermier de M. Boucuorre, et a laquelle on
a fait faire deux tours consécutif. L
Les résultats obtenus sont crnuignés dans Je
tableau ci-dessous. :
rer, Sillon descendant.
aer, Sillou montant...
a, Sillon descendant.
2°, Sillon montant...
"Dans .cette expérience , la vitesse du labour a
été presque constante et de 53 mètres environ
par minute ; les‘ sillons étaient bien tracés et bien
déblayés, mais il.est à remarquer:
1°. Qu'’à travail égal, la charrue du Brabant
exige un effort de traction plus grand de 1/4 que
celui qu'exige la charrue de M. de Domsasie ;
2°. Que le soc s'enfonce davantage , et d’une
( 79 )
quantité sensible à la simple vue, du côté exté—
rieur au labour; de sorte qué Le sillons n’ont
pas la nème profondeur dans toute leur largeur ;,
3°. Que k charrue a fait plusieurs manques
de labour, et cela, au moment où le sabot fran-
chissait des.mottes de terre qu'il n'avait pu dé—
tourner.
La charrne ordinaire fournie par le fermier de
Grimont , attelée dé six chevaux , labourant avec
la même vitesse dans le même terrain, retour-
nant une bande de terre de 9 à 10 pouces de
largeur, et s’enfonçant seulement de 5 pouces,
a:exigé un effort moyen de traction de 442 kilo-
grammes. D'où il résulte qu’à travail égal, elle
exige deux fois plus de chevaux que la charrue
de M. de Domsasie , et deux hommes au lieu d’un.
Ce grand effort de traction est dù sur-tout à
lavant-irain qui paralyse une grande partie du
tirage ; et aussi à la trop grande longueur du ver-
soir et à sa forme vicieuse qu’on ne saurait trop
tôt modifier en la modelant sur celle du versoir
de la charrue de M. de Domsasze. Rien n'est plus
facile qué d'apporter d’abord ce perféctionne-
ment à nos charrues, puisqu'on trouve dans Le
commerce cés versoirs côulés en fonte. :
Cette première série d'expériences: terminée ;
la commission a cru convenable de faire manger
et reposer. bes. cheyaux qui étaient attelés depuis
le matin.
( 8)
” Après un repos de deux heures, elle a répété
les mêmes “xpericnces: dans un second champ
où la terre se trouvait à cet état d'humidité qui
permet encore de labourer; ce champ, en ja-
chère comme le premier et situé d’une maniere
analogue sur le penchant de la côte, présentait
de plus, dans la portion en pente et sur. une
étendue de cinquante pieds environ, une tache
de terre des plus difficiles à labourer.
La longueur totale des sillons était de 208
mètres. :
, On a d’abord soumis à l'expérience la charrue
du Brabant, en y appliquant immédiatement le
dynamomètre et en lui faisant faire deux tours
consécutifs.
Les résultats obtenus sont donnés dans le ta-
bleau suivant :
er. Sillon descendant. 6° à 8°
1er, Sillon montant... 6° à 8°
at. Sillon descendant. || 3'- 6° à 8°
ac. Sillon montant... 6°à8°
‘: En montant, la charrue a très-mal labouré
(8)
dans iounte la longueur de la tache de terre;
de plus, elle a fait beaucoup de manques de la-
bour , par suite de Ja näture de son sabot qui
a été obligé de franchir des moites très-adhé-
rentes au sol et qu'il n’a pu détourner.
* La commission a remarqué, comme dans ka
première expérience , que les sillons n'avaient pas
la même profondeur sur toute leur largeur. : :
Il résulté de cette dernière expérience que
l'effort de traction a été de beaucoup supérieur
à 300 kilogrammes, bien que la largeur de la
bande retournée et la profondeur des sillons aient
été constamment inférieures aux données du
programme ; par conséquent, cette charrue, quoi-
que très-perfectionnnée, ne remplit pas à beau-
coup prés les conditions exigées.
On a soumis de suite à l'expérience la charrue
de M. de Dommasie, en y appliquant immé-
diatement le dynamomètre et en lui faisant
faire deux tours consécutifs comme à celle du
Brabant.
_ Les résultats obtenus sont consignés dans le
tableau suivant :
11
-_ 19, Sillon descendant.
.17, Sillon montant...
2°, Sillon descendant.
2, Sillon montant...
La charrue a fait plusieurs manques de labour
dans la tache de terre en traçant les deux sil-
lons montans; mais elle en a fait plus dans le
premier que dans le second, ce qui a fait attri-
buer en partie ces manques aux manques déjà
faites par la charrue du Brabant.
Dans cette dernière expérience, comme dans
la première, la charrue a très-bien labouré,
excepté dans la tache de terre ; de plus, la com-
mission à remarqué que les Alocs montans n’a
vaient pas, par instans, la même profondeur sur
toute leur largeur.
IL résulte de cette expérience. que la charrue
de M. de Domasie, en remplissant d’ailleurs les
conditions du programme , a exigé un effort de
traction encore inférieur à celui qui était fixé,
bien qu’elle labourât dans une terre très-com-
pacte et qui offrait les plus grandes difficultés.
{ 83 )
On a soumis immmédiatement après à l’expé-
rience, la charrue ordinaire dirigée par ke fermier
de Grimont et attelée de 6 chevaux conduits
au fouet par un garçon de ferme.
Les résultats obtenus sont consignés. dans le
tableau suivant :
| É TEMPS |LARGEUR
. À cmployé
à trace
chaque
sillon.
4er. Sillon descendant, ||
ae, Sillon montant...
2, Sillon descendant.
a°, Sillon montant...
La charrue a labouré la tache de terre sans
faire de manques , mais le soc ne s'enfonçait alors
que de 4 pouces, et cependant l'effort de trac-
tion s'élevait à 775 kilogrammes.
Il résulte de cette expérience que dans une
terre forte, humide et très-dificile à labourer,
la charrue er du pays messin exige un
effort de traction presque double de celui qu exige
la charrue de M. de Domase.
=
(84 )
Le 10 mai la commission a soumis à l'expé-
rience la charrue à avant-train, perfecüonnée
et présentée par M. Léonann.
Elle l’a fait d’abord labourer dans le même
champ où avaient été éprouvées les trois pre-
miéres charrues. Le terrain était à fort peu près
dans le même état d'humidité que le premier
mai. CS
Quatre chevaux de la ferme de Grimont ont
été attelés à cette charrue , que le fermier a cons-
tamment dirigée, tandis qu'un de ses garçons
conduisait les chevaux au fouet. On y a adapté
immédiatement le dynamomètre de l’école d’ar-
tillerie, attendu que celui de M. Boucaorre,
dont on s'était servi dans les premières expé-
riences, ne se trouvait pas à Metz.
Les résultats obtenus sont consignés au tableau
suivant :
1%, Sillon descendant. 8à9° |5à5° 1a 368 kil.
1er. Sillon montant.… 8x9° [45° !|4i7,
2°. Sillon descendant, | 9à10° |[5à5° 1/2] 427
at, Sillon montant, .…… | à 10° [5° 1/2
(85)
Cette charrue a tracé les sillons sans faire de
manques de labour. De plus, elle a été conduite
trés-facilement , même dans la tache de terre si
difficile à bourer: L, l'effort moyen de traction
s'est élevé à 550 Fes , bien que le soc ne
s’'enfoncât que de 4 pouces seulement.
Lés raies obtenues étaient moins nettes et la
terre n'était pas mieux retournée qu'avec la char-
rue de M. de Dommasze. | |
Il résulte de cette expériencé , que la charrue
présentée par M. Léonarp exige un effort de
traction moindre de 1/4"* environ que celui
qu’exige la charrue ordinaire ; c’est-à-dire, qu'elle
fait à peu prés avec six Re le rnème travail
que la nôtre avec sept.
Le champ où les autres charrues avaient été
soumises à l'expérience en premier lieu étant
entièrement labouré , la commission a été obligée |
de faire travailler la charrue de M. LéonanD
dans un autre champ où la terre était moins
argileuse, moins tenace et se déprimait sous un
poids inférieur à 8 kilogrammes, de sorte que cette
expérience n'est pas entiérement comparative.
Dans ce champ, les sillons étaient tracés sur
un terrain presque de niveau, et avaient 279
_mêtres de longueur.
Les résultats obtenus sont consignés dans le
tableau suivant : |
1°. Sillon montant...
.… 1%.Sillon descendant. |
ae, Sillon montant...
2°. Sillon descendant. | g! gà1o |6°à6°1/2 343
_ La terre était bien retournée et bien divisée:
les sillons étaient bien tracés; la charrue a fait
deux fortes : manques de labour, mais seulement
par le défaut de soins du laboureur. .. |
Il résulte de ces expériences, que la chics
de M. Léoxarp ‘exige un effort de traction beau—
coup plus considérable que celui qui: est fixé par
le programme, et que par conséquent elle ne
remplit point les conditions du concours.
Quoique ce résultat ne soit pas trésavantageux
la Société engage néanmoins M. Léonano à pour
suivre ses perfectionnemens; elle pense qu’en
mettant à profit les avis qui lui ont été donnés,
il parviendra à faire une charrue qui sera re-
cherchée par les laboureurs du pays, en ce qu’elle
se manœuvrera de la même manière quecelle qu’ils
emploient, ce à quoi ils paraissent tenir beau-
(8)
coup , et qu’elle n’exigera co ad in de
la part des garçons de ferme (*}. .
On ne peut pas en dire autant de la .
de M. de Domsaste; il faut une certaine intel-
lhgence pour la disposer convenablement au la-
bour qu’on veut obtenir, et de l'attention et du
tact pour la conduire: ce sont les plus fortes
objections qu’on puisse faire'à l'adoption de cette
charrue dont l'emploi réduirait de moitié le nom-
bre des chevaux et des domestiques de nos la-
boureurs, et par conséquent aussi de moitié les
dépenses qu'ils sont obligés de faire pour l'ex-
PRO de leurs fermes.
IL appartient à nos agronomes éclairés d'i im-
porter cette grande amélioration dans le départe-
ment de la Moselle, et de faire adopter cette
charrue par nos laboureurs : ils doivent leur prou-
ver, par l'emploi qu'ils en feront eux-mêmes,
qu'il est de leur intérêt de la substituer à la
charrue actuelle pour exécuter la plus grande
partie des labours, et qu’il n’est pas impossible
d'exiger de nos garçons de ferme le degré d’in-
telligence de ceux du midi de la France, du
Brabant .et de beaucoup d’autres pays où l'on
‘© Une charrue ainsi modifiée a été commandée par. le fe
miér de Grimont, h M. LÉONARD , immédiatement les
expériences sur la charrue de ce dernier,
( 88 )
fait un usage presqu’exclusif de ere qi ka
bourent sans avant-train.
Déjà M. Emile BoucoTTE a dans
sa ferme de Moncel, ce mode de culture éco-
nomique, mode d’ailleurs si peu fatiguant, que
les garçons de ferme qui en ont contracté l’ha-
bitude , répugnent à kbourer, avec la eus
à dant. : MERE
M. BoucuoTTe a été seit fppé des avan-
tages' de la charrue de M. de Dowsasie, sur celles
dont il a fait usage jusqu’à ce jour, que déjà il
en a commandé six pour les employer presqu’ex-
clusivement à l'exploitation de sa ferme. Espérons
que cet exemple sera suivi par un grand nombre
. d'agriculteurs, et que bientôt ce mode avantageux
de culture sera très-répandu dans le PRpAemen:
de la Moselle. |
. CONCLUSIONS.
En conséquence des résultats obtenus dans lé
concours sur les charrues, et sur la proposition
de la commission chargée de ce concours, là
société des lettres, sciences et arts, et FRE
culture de Metz , dont je me félicite d'être l'organe
dans cette fête de l’industrie, a décerné à M.
MarTuu DE Domsase , la médaille d’or de 300 fr.
Elle a mentionné Donne blenent M. Léonann,
charron à Courcelles- -Chaussy, pour les efforts
( 89 )
qu'il fait dans la vue d'améliorer .la charrue,
instrument premier de la PRE agricole.
Observations relatives au ossi
Le dynamomètre PA Régoier ; ; dont la com-
misiori s'est servie dans les expériences du - 16
mai, n'étant pas le même me celui dont elle
s'est servie le premier mai, j'ai dù, comme
rapporteur , vérifier si ces deux instrumens don-
maient des résultats identiques. -
À cet effet, je les ai suspendus à une poutre,
puis chargés des poids correspondant aux efforts
de traction observés da les PS ee
citées. | | |
Dans cette ace. :
Les poids de 10, 20, 40 et 8o kilogrammes
n'ont pas fait bouger l'aiguille, qui est restée cons-
tamment au zéro du limbe. | MS
Les deux dynamomètres ont été au contraire
très-sensibles aux poids correspondant aux efforts
de traction observés dans les expériences sur les
charrues ; et, à partir de 200 kilogrammes, leur
marche a été à fort peu prés régulière, c’est-à-
dire que l'addition d’un nombre quelconque de
kilogrammes a fait avancer laiguille d’un même
nombre de degrés, à fort peu pres.
12
(æ)
Enfin, les poids indiqués par l’un des dyña-
momètres étaient fort différens des poids indiqués
par l’autre, pour les mêmes charges ; de plus,
dans chaque instrument, les poids indiqués diffé-
raient de beaucoup des poids suspendus.
Il résulte de ces faits :
1°. Que le dynamomètre de Régnier ne peut
pas servir à indiquer les faibles tractions, du
moins quand il a été soumis à des efforts de trac-
tion considérables ;
2°. Qu'il n'indique pas les efforts de traction
réels , si l’on en juge par les deux dynamomètres
ue k commission a fait usage ;
°. Que quand on se servira du dynamo-
mètre pour mesurer des efforts de traction, il
faudra noter les degrés indiqués par l'aiguille dans
les expériences, puis susprendre à l'instrument,
des poids qui amènent de nouveau l'aiguille aux
points de division observés; les poids suspendus
seront les efforts réels de traction cherchés.
. C’est ce que nous avons répété avec une grande
précision, M. Woïsan» et moi, relatvement aux
efforts de traction observés à l’aide des deux dy-
namomètres , dans les expériences sur les char-
rues. .
Les résultats que nous avons obtenus sont con-
signés dans le tableau suivant : |
Co)
PQ + 0
| EFFORTS DE TRACTION POIDS
lindiqués, dans les expériences sur les suspendus
Charrues , par l’aiguillé du dynamo- || aux dynamomètres
mètre de Régnier, appartenant pour produire
D les mêmes effets ;
A M. A L’ÉcoLe ou
‘Eaice BOUCHOTTE. | - D'ARTILLERIE. EPFRORTS AÉELS DE TRACTION.
200 kil.
» 27 kil,
225 " 298
237 » | 310
( | 250 » ._ 323
À 255 _» | 328 |
È 275 ” 353
i » CL | | 294
| »” 300 318
| 312 ” 388
325 n | éo4
l ” 325 343
| 337 ” 412
| » 360 368
.. 400 on « 467
| ” . | 400 ÎF 417
N 410 , 427
. 425 à LE | 492
450 ” 517
» | 45 __ 47a
2) | 85
sm D | 778
Cest d'apres ce tableau qu'ont été établis les
résultats d'expérience one dans le M LS
précédent. |
( 92 )
RAPPORT
| SUR : |
LE CONCOURS RELATIF
A CETTE QUESTION :
QUEL est le système d’études subis le
plus propre à rendre la France riche et
puissante P
| L Rarporreur, M. THIEL.
ENONCE
Messœurs,
Lise de la question que vous avez mise
au concours, l'intérêt général qui s’y rattache,
devait vous faire espérer qu’un grand nombré de
concurreris se présenteraient, et que vous seriez
embarrassés de choisir entre les excellens mé-
moires qui vous auraientété adressés; mais cette
attente ; en apparence si bien dés: aeepen—
dant été trompée ; et deux mémoires bn
vous sont parvenus, encore ne traitentils pas
_ le sujet indiqué et ne remplissent-ils aucunement
votre espérance. | ..
( 93 )
Sans chercher. à s'expliquer les causes d’une
telle pénurie , votre commission s'est convaincue,
-par l'examen de ces deux mémoires, que ni l'un
ni l’autre ne présente la question résolue.
:. Vous l'avez cependant bien précisée cette ques-
tion. lorsque dansle programme desprix vousavez
dit: (voyezle programme V T°. année, pag. 06.)
- Get exposé. clair et précis ne laissait aucun
doute ni sur le sujet, ni même, le dirai-je, sur
la manière dont vous désiriez qu'il füt traité.
Laissant de côté, conformément à vos statuts,
tout ce qui dans l'éducation, et même dans l'ins-
truction peut concerner ou la religion ou la po-
litique , vous demandiez qu’on vous présentât un
plan d’études publiques, dans lequel les sciences
occupassent plus de place que dans le plan qui
a. été suivi depuis la renaissance: des lettres jus-
qu'à.ce jour, .et qu'on fit sentir les -avantages ou
les inconvéniens d'une telle innovation. L’exem-
ple de l'Angleterre et le degré de prospérité où
cette-nation est parvenue en: suivant une route à
peu près semblable à celle dont vous indiquiez la
direction , et plus encore le désir de voir notre
belle patrie suivre sa rivale et la devancer. s’il est
possible, dans la carrière des arts et de l'indus-
trie, tels étaient les puissans motifs par lesquels vous
avez.élé portés à demander ce nouveau plan ou
système d’études, qui d’après son but, semble
__(#)
surtout destiné aux classes moyennes de la société.
Un sentiment semblable avait déjà inspiré à
d’autres la même pensée. En +823 un concours
avait été ouvert, et un prix de 1500 fr. proposé
pour la question suivante, qui a plus d'un 7"
avec là vôtre.
& N'y atil pas dans notre système di instruc-
» tion publique, entre les écoles primaires et
» les colléges consacrés aux études classiques ,
» une lacune qu'il serait utile de remplir par
‘» des établissemens d’une nature spéciale? Quels
» seraient les avantages de ces établissemens F
> Quelle organisation et quel plan d'études : qe
‘» vraient être adoptés? »
‘ Cette question fut traitée alors, et une ..
mission composée de MM. le duc de Broglie,
Guizot , Jomard et Ch. Remuzat , décerna le prix
au nom de la Société de la Morale chrétienne,
au mémoire de M. À. Ch. Renouard, intitulé
Considérations sur les lacunes de l Education
secondaire en France. Une première mention
honorable fut accordée à M. Depping, et une
seconde à M. Querret, instituteur à S*.-Malo,
dont le mémoire avait pour titre _. l'Education
industrielle.
Ces mémoires auraient pu être d’un grand
secours à ceux qui voulaient traiter la question
que vous avez proposée, principalement celui
(#)
de M. À. Ch. Renouard, qui a été primé , et
dans lequel le sujet se trouve traité à fond,
d'une manière qui annonce dans l’auteur un
esprit observateur ét sage, des vues grandes et
élevées, et. sur-tout une connaissance exacte des
besoins de la génération présente.
Il ne parait pas que les auteurs des mémoires
qui vous ont été adressés aient eu connaissance de
ces ouvrages ; aussi n'ont-ils pas même abordé le
sujet qu'ils auraient dù creuser et approfondir.
Le premier mémoire qui vous est parvenu. est
sans devise et mtitulé Besoin du dix-neuvième
siècle : ce n’est, suivant l'expression même. de
l'auteur, qu’un plan d'éducation publique sous
l'influence d’une régie ou direction paternelle
indépendante. Comme un tel plan est, d’après ce
simple énoncé, contraire aux lois établies , et qu'il
empiète évidemment sur les droits du gouverne
ment et de l'administration , votre commission n’a
pas eu même à examiner quel degré d'estime pou-
vait mériter cet ouvrage. Lestyle lui asemblé celui
d'un homme peu habitué à classer et à exprimer
ses idées. | -
Le second porte pour devise le passage suivant,
traduit de la République de Platon:
&.Tenant au ciel par leurs vertus, à la terre
» par leurs emplois, ils éclaireront leurs con-
» citoyens, et les rendront heureux. La patrie
(96 )
» reconnæssante leur: élevera des autels:, et les
» invoquera. comme des génies tutélaires. » ‘:
:: 1l annonce par son style une plume mieux
exercée, mais: à laquelle échappent des ex-
pressions: d'un:goût peu sévère et quelques phra-
ses ambitieuses. L'auteur, élevé, à ce qu'il fait
connaître lui-même, dans le célèbre collése.des
Oratoriens de Juilty, près de Paris, professe envers
k savante congrégation à laquelle il doit Pins:
truction, des sentimens:qui prouvent la bonté de
son cœur. À côté des regrets qu'il donne à
ceux qui.ont formé son enfance aux lettres ainsi
qu'aux vertus, il exprime le désir de voir Pins-
truction publique confiée de nouveau, sinon à
teur ordre ou à une autre société plus fameuse
encore , du moins à une congrégation religieuse
qui serait formée sous l'inspection du gouverne--
ment, par des membres libres, qu'aucun vœu
ét n’astreindrait ‘au célibat.
“ Fidèle encore ici à lesprit de vos réglemens,
par lesquels vous. vous êtes interdit toute. dis-
cussion. ou politique ou religieuse, votre com-
mission n’a pas cru devoir suivre l’auteur dans
des considérations et des vœux aussi étrangers
au but de votre Société, qu’à la question -que
vous avez mise au concours. Pleins de confiance
dans la sagesse d'un prince éclairé, religieux,
qui veut le bonheur de son peuple et connaît ce
(97 )
qui peut y contribuer, vous n'avez rién préjugé
pour lavenir et vous n’avez demandé ni en
quelles mains doit être confiée la jeunesse , nt à
quelle corporation doivent appartenir ceux qui
seront chargés de l’instruire: vous avez seule-
ment demandé un plan d’études, une série de
.Connaissances et une méthode propre à les ensei-
gner, de manière à atteindre le but indiqué |
but vers lequel doit se diriger quiconque Le
son roi et chérit sa patrie.
Votre commission a ensuite cherché dans le
reste de ce mémoire, quelque chose qui plt
se rapporter au sujet; elle y a trouvé: répétées
des choses déjà dites par Locke, par Rollin, et
même par J.-J. Rousseau, sur les devoirs d'un
instituteur, sur la méthode qu'il doit suivre , sur
les moyens à employer pour exciter l'émulation,
développer les facultés et sur-tout former le
cœur de son élève: elle y a trouvé l'éloge du
collége de Juilly et de la petite académie qu'y
avaient fondée les élèves eux-mêmes, académie
dont l’auteur du mémoire se rappelle , avec at-
tendrissement, avoir été membre, et à l'imita- .
üon de laquelle, il désirerait qu’on établit des
sociétés académiques dans toutes les maisons d’é-
ducation: elle y a rencontré des considérations.
critiques et morales, sur les auteurs classiques
grecs et latins, considérations qui tendraient à
13
C8)
faire proscrire des colléges Homère ; Sophocle,
Euripide , Eschyle , comme mettant sous les yeux
des traits de mauvaise foi et de barbarie,
Herodote, comme chargé de fables ridicules,
Tite- Live et Fatite, comme trop er ;
Pline. comme trop savant. +
‘Mais c'est en vain qu'elle ÿ a cherché un plan
OU uri Système d'études publiques ; ;-et bien plus
inutilérnent encore les. réponses aux questions
particulières que vous aviez présentées comme
devant être le développement et le complément
nécessaire de la question principale. Aucune n’est
même abordée, et ce dont vous aviez fait le
point essentiel de la dissertation, la proportion
.dans laquelle les sciences devraient entrer dans
le plan d’études approprié à la jeunesse ;: ce’ point
essentiel sur lequel le programme insistait si forte-
ment, et que vous auriez voulu voir discuté
avec le plus grand soin , l’auteur ne l’a:pas mème
pris en considération ; une dans un pas-
sage, après avoir ont Corbie l’homme est
grand par la puissance du savoir, il ajoute :
_« Rien n'élève autant que l'instruction, rien
» n’avilit comme l'ignorance; mais, si les sciences
» sont bonnes en élles-mêmes, l'abus en est aussi
_» funeste que fréquent: on ne voit que tropsou-
» vent le mensonge à: côté de la vérité, et les
» sophismes, l’impiété sortir en abondance de
(99 )
cette fontaine sacrée , dont les flots deviennent
Ÿ
+ un :poison mortel. Que faire donc? Ne. point
» surcharger l'enfance de travaux qui,, sans avoir
_» aucun bon résultat, seraient parfois dangereux,
»-et la meittraient presque toujours hors d'état
» de rlen savoir correctement; s'en tenir. aux
» sviences saines et aux arts utiles, et faire
» dés hommes parfaitement instruits : ceux-là
» ne Auisent jamais. »
Si l'auteur eût ensuite fait lénumération- de
ces” sciences saines, de ces arts utiles; et s'il
eùt présenté un ‘plan ou une méthode propre à
les enseigner parfaitement à notre jeunesse, il
aurait traité précisément le sujet proposé ; ; mais
on ne trouve plus dans son ouvrage que Îa
plirase suivante qui y ait quelque rapport :
« Les sciences exactes, en outre de leur utilité
» particulière, ont le grenû avantage d'apprendre
» à raisonner juste. Un Cours de Géométrie,
» disait le bon Rollin, est le meilleur Cours de
» logique qu’onpuisse faire. Elles doivent donc
» entrer dans notre plan, mais d’une manière
» secondaire; car il faut prendre garde en tout
» de lasser la jeunesse. »
Ces deux passages, les seuls où l’auteur se soit
un peu approché du sujet, sufliront pour vous
donner une idée de son style et de sa logique;
et l'analyse qui vient de vous être présentée, suflira
( 100 )
sans doute aussi pour vous prouver que ‘ce se-
cond mémoire ne peut, pas plus que le premier,
être. regardé comme présentant la solution de la
question. |
: Votre commission les a donc ; jugés tout à Le
en dehors du sujet. |
Tel est l'avis qu’elle soumet à vos on
” Dans sa séance du 7 mai 1826, la Société, après
avoir entendu la lecture du présent rapport, en
a adopté les conclusions; en conséquence, les
deux manuscrits ont été déposés aux archives,
et les billets cachetés qui renferment les noms
des auteurs n’ont point été ouverts.
_ La même question est remise au concours
pour 1827.
nn A oyez le programme a la ” du volume )
(101 )
RAPPORT
De la commission chargée par la Société des
lettres , sciences et arts et, d'agriculture de
Metz, d'examiner les produits de Pindus-
trie départementale (*). |
Par M. J. ANSPACH.
MEssŒurs ,
fe ans se sont écoulés depuis que, pour
la première fois, vous avez conçu la pensée de
réunir dans une exposition publique les produits
industriels et des beaux arts de ce département:
l'exécution d’un tel projet secondé et encouragé
par vos magistrats, vous a révélé l'existence d’un
grand nombre d'industries circonscrites jusqu'à
présent dans un cercle étroit, et l'éclat de Pex-
position, la publication de votre rapport ont fan
(*) Gette commission était composée de MM. Bergery, pré-
sident, Renault, secrétaire-archiviste, Aimé, Anspach, Bardin,
Em. Bouchoue , Dupuis , Glavet, Poncelet, Taillefert , membres
de la Société. Chacun des membres de la commission a fourni
son résumé sur une partie des objets exposés ; tous ces résumés
ont été ensuite classés pour en former le rapport général.
( 102 )
connaître à toute la France, avec le nom de-ses
modestes fabricans , les productions inconnues de
ce département. Depuis cette époque , l’industrie
française a marché à pas de géant; elle s’est ou-
vert de nouvelles carrières; elle L perfectiomné
dd a ; messieurs , vous qui prenez spécia-
lement pour le but honorable de vos efforts tout
ce qui peut tendre à encourager les travaux
utiles, de constater quels ont été les progrès
de notre département, dans cet élan général des
français vers un mieux qu'une sage liberté, les
encouragemens des magistrats, la protection écla-
tante du roi et des princes qui l'entourent, leur
permettent de rechercher et d'atteindre. -.
À-ees causes générales d'une tendance vers
la perfection, nous en devons ajouter uné qui
vous est particulière et dout les-heureux résultats
se font déjà sentir. :Nous. voulons parler ‘du
Coursde sciences industrielles, que vous avez créé
depuis quelques mois en cette ville, pour les ou-
vriers et manufacturiers. Déjà parmi les ouvrages
qui ont été exposés, il en est de plusieurs artistes
qui ont dù à leur assiduité aux leçons, les per-
fectionnemens et les améliorations qu'ils ont fait
subir à l’art qu'ils exercent. Quel brillant espoir
ne ‘pouvez-vous donc pas concevoir pour le
moment où toutes les parties de ce Cours auront
( 103 )
été professées, et où l'étude aura développé, ds
une jeunesse si ardente à s'instruire , une apti-
tude et des facultés qu’une routine grossière aurait
étouffées ! |
Ainsi. Messieurs ; cette nouvelle potion
vous mettra à même de constater les fabrications
créées depuis trois années et les perfectionne-
mens qu'ont subis celles qui existaient déjà ;. ici
nous devons exprimer nos regrets de ce que, pour
rendre notre travail plus complet, Plusieurs fa-
_ bricans, dont les produits avaient paru à la pre-
mière exposition, n'aient pas répondu : à l'appel
que vous leur avez fait cette année. Ils auraient
-dù penser qu'il était important pour eux, quand
bien. même. leurs ouvrages. n'auraient subi au-
“can changement depuis cette. époque; de faire
“constater dd. n'ont pas dégénéré et que leur
pme n’a pas cessé.
- Comme la première fois, la commission que
vous avez désignée pour examiner les: produits
exposés. s’est entourée de toutes les lumières et
dé tous les renseignemens qui pouvaient la guider
dans son travail. Beaucoup de fabricans lui ont
remis des mémoires remplis de recherches pré-
cieuses et de vues utiles, où elle a pu puiser
avec succés. D'un autre côté, la chambre de
commerce de cette ville, qui concourt toujours
avec empressement à tout ce qui peut favoriser
su
104 )
l'industrie re . a bien voulu désigner
deux de ses membres (*) qui se sont adjoints
à vos commissaires et les ont guidés de leur expé-
rience. Enfin, nous avons eu recours au jugemerit
de plusieurs négocians et anciens fabricans , pour
apprécier quelques-uns des objéts exposés. En-
tourés detous ces moyens d'éclairer nôtre décision,
nous avons examiné avec le plus grand soin,
les produits soumis à notre investigation.
Quant aux encouragemens, nous avons suivi
à peu près la marche tracée par nos prédécesseurs;
cependant nous avons dû cette fois nous ren-
fermer rigoureusement dans le cercle de nos at-
tributions, et n’accorder des distinctions qu'aux
fabricans et aux artistes dont les‘ travaux ont une
utilité réelle. Nous passerons donc sous silence
des productions auxquelles nous n'avons pas
voulu fermer les portes de l'exposition, mais qui
ne méritaient pas d’être citées dans ce rapport.
Toutefois, nous vous ferons connaître le nom de
plusieurs fabricans et artistes dont les produits sont
parvenus trop tard pour être examinés avec soin.
‘Comme à la précédente exposition, les encou-
ragemens sont au nombre de six dans l’ordre sui-
‘vant: La médaille d'argent, 1°. classe, celle de
2°. classe; la médaille de bronze, 1"°. classe,
( +) MM, GoLLiGNOx, imprimeur, et DUBUISSON, négociant.
( 05 )
celle de 2°. classe; là mention honorable, la
citation.
Outre ces distinctions ; nous rappellerons celles
que les fabricans ‘et artistes ont obtenues en
1823, et qui, par leurs produits présentés à
l'exposition actuelle, ont continué à s’en rendre
dignes.
Nous avons enfin à vous . nos regrets
de ce que les bornes que vous vous êtes prescrites
dans la distribution des médailles, ne nous aient
pas permis d’en proposer pour plusieurs artistes
qui paraissent mériter cette distinction.
.( 106 )
ETES EIRE RAP ANMNIANINE SF SR
= EXPOSITION
DES PRODUITS DE L'INDUSTRIE.
SECTION PREMIÈRE.
PRODUITS CHIMIQUES, ALIMENTAIRES ET AGRICOLES.
Produits chimiques.
M. Bouvier-Dumoranp, de Valmunster,
a obtenu une médaille d'argent, 1°°. classe en
1823. Son usine, créée en 1820 sur une échelle
peu étendue , areçu des dévéloppemens en 1824,
et à partir du premier juillet prochain , elle pourra
livrer annuellement au commerte quatre mille
quintaux d’alun et autant de couperose verte.
La moitié au moins de cette quantité d’alun sera
épurée , et tout nous fait espérer qu’elle pourra
remplacer dans la consommation l’alun de Rome.
Un troisième produit, le vitriol de Salzbourg,
fait maintenant partie de la fabrication de Val-
munster, et les cristaux en sont aussi beaux que
ceux du vitriol vert. |
A côté des cristaux purs du sulfate de fer, on
en remarque d’autres de même nature, mais
(107)
d’une teinte presque noire. Ce sont les préjugés
d'un grand nombre de teinturiers qui: forcenit à
colorer ainsi le vitriol.. |
M. Dumolard qui emploie maintenant ‘de 5o
à 6a ouvriers, mérite encore cette année ; pour
l'extension et les perfectionnemens de sa fbri-
cation, la distinction que la Société lui a dé-
cernée en 1823.
M. Keser et compagnie, de Boulay.
La fabrique de produits chimiques que cette
compagnie vient de créer à Boulay, est encore
en construction. Ses développemens ultérieurs
ne pourront être bornés que par le manque de
matières premières. La beauté du sel ammoniac,
du prussiate de potasse, et du sulfate de soude
que M. Kesler a fait exposer, donnent de
grandes espérances pour lé bleu de Prusse dont
il sé propose d'entreprendre la fabrication. En
même temps qu’elle confectionne ces produits.
k compagnie Kesler prépare dù noir animal
qu’elle peut livrer par conséquent à plus bas prix,
que ceux qui font leur industrie principale de
cette production. La Société décerne à M. Kesler
et compagnie une médaille d'argent, 1°. classe,
pour la grande pureté de ses sels et pour l'in-
troduction, dans notre département, de nou-
velles branches d'industrie dont plusieurs pro-
(108 )
duits se tiraient de lé étranger , malgré lénormité
des droits d'entrée dont ils sont frappés.
Colle - forte. : |
Cette fabrication a reçu de grands perfection-
nemens dépuis 1823, et les colles qui se fabriquent
dans nos contrées peuvent rivaliser avec celles de
Flandre et de Cologne.
M. Gomeerrz , de Metz,
a exposé un échantillon de colle-forte qui,
l'essai, a été jugé de la- meilleure qualité. Ce-
pendant cette colle pourrait avoir un peu plus de
cuisson et d’écumage ; elle serait alors propre aux
collages les plus délicats. +.
La Société décerne à M. Gompertz une. mé-
daille de bronze, 1"°. classe.
M. Ganoze, de Bouzonville,
qui a obtenu une médaille de bronze, 2° da:
_en 1823, a exposé des échantillons de die
de le qualité : à raison des améliorations que
ses colles ont éprouvées et de l'extension qu'il a
donnée à sa fabrication, la Société lui décerne
une médaille de bronze, 1°. classe. * : :
17
M. Russenc, de Rustrof, près de Sierck,
a exposé des Res qui ne sont pas inférieures à à
celles que ce fabricant a produites en 1823, et
qui lui ont mérité alors une médaille de ee
1e, classe.
( +09 )
M. Murxer, de Boulay.
La Société ns une mention honarable
à ce fabricant qui a exposé de très-belles colles :
mais dont les échantillons laissent néanmoins quel-
que chose à désirer, quand on les orpAre: aux
produits de ses confrères.
11 a exposé aussi une colle faite avec des os, et
qu'il appelle colle gélatine; elle nous est par-
venue trop tard pour être essayée.
(
M. Bouacuiexon, de Metz,
a exposé du savon marbré bleu pâle, à l'huile
d'olive; et du savon bleu vif, croûte rouge, qu’il
livre à un prix inférieur au cours, du savon
jaune à l'huile de ; graine et du savon léger propre
au blanchissage des flanelles, qu'il vend dix sous
la livre, du savon à l'huile de palme, fin’ et
ordinaire , et une tablette de savon pour là toi-
lette- + il vient d'essayer la fabrication, enfin
une lessive: alcaline concentrée propre au blan-
chissage du linge et au blanchiment des tissus,
soit de fil, soit de coton. Le prix de cette les-
sive est de 2 fr. 5o cent. le seau contenant 12
kilogrammes. : |
La fabrique de M. Bourguignon pourrait ac-
quérir de l'extension et de l'importance, si le
public métait pas imbu du préjugé qu’on ne
( mo)
peut faire de bon savon qu’à Marseille. On peut
en faire par-tout, seulement les bénéfices sont
moindres que ceux des fabricans du midi qui
reçoivent l'huile d'olive de première main.
IL parait que M. Bourguignon trouve un assez
grand débit de son savon à l’huile de graine :
les consommateurs s’en trouvent bien, tant sous
le rapport du blanchissage que sous celui de
l'économie.
Quant à la lessive alcaline , Un grand nombre
de blanchisseuses s'en servent pour remplacer
les cendres et la potasse , ce qui prouve.que l’em-
ploi en est avantageux et qu'elle ne nuit point
au linge. La substance qui fait la base de. cette
lessive est analogue, dit M. Bourguignon , à celle
qu'où emploie dons le blanchissage du linge à
la vapeur.
La Société pensant qu 'elle doit : encourager
tous les efforts dont le but est d'introduire une
nouvelle branche d'industrie dans le M ne
décérne une médaille de bronze £ 2°. classe,
à M. Bourguignon.
_ M. Héyor, confiseur à Metz.
a exposé de l’eau de cologne de sa fabrication.
Produits alimentaires et farineux.
La mouture des blés dans notre pays était
encore, il y a peu d'années, au même point qu'au
(in)
15°. siècle : aucune amélioration n'avait été
apportée à cet art si intéressant, et nos produits
dans ce genre ne pouvaient soutenir aucune con
currence; ils étaient généralement délaissés ,
quoiqu'offerts à des prix inférieurs. Nous devons
donc de la reconnaissance à M. Leforestier, de
Moulins, qui le premier a introduit d’utiles-amé-
liorations. Dès-lors, beaucoup d’autres fabricans
ont senti qu'il était nécessaire de perfectionner
leur fabrication ; aussi depuis cette époque cette
industrie a fait bien des progrès, et sans parler
des grands établissemens de MM. Leforestier, de
Niceville, Stouflet et André, les meuniers de
campagne font mieux et cherchent journelle-
ment à perfectionner leurs produits. De là vient
que l'exportation des farmes a maintenant une
grande extension.
M. Frenrz, meunier à Hollmg,
est le seul qui ait exposé des farines; elles parais-
sent bien traitées , d’un grain égal, et prouvent
qu’il a su améliorer les procédés de fabrication.
La Société lui décerneune mention honorable.
Amidon.
La fabrication de l’amidon s’est ressentie des
progrès de l’industrie en France ; les demandes
de ce produit nécessaire à plusieurs fabriques,
ont été multipliées , et ce n’est pas exagérer que
( 119 )
de porter à 40,000 quintaux la quantité fabriquée
à Metz, depuis deux ans.
M. Vircer-Forrerr, de Metz,
a exposé des sons qui sont d’une blancheur
éblouissante , et qui à l'essai ont été trouvés d’une
qualité supérieure. ‘La fabrication de M. Virlet
ne date que de quelques mois. La Société a cru
devoir encourager un fabricant qui, dès ‘son
entrée dans la carrière ; rivalise avec ses collègues
pe la beauté de ses produits. |
M. Virlet a aussi exposé des semouilles et
gruaux qui égalent ceux que nous tirons de Nancy
et de Strasbourg. Ce népocient fabricant simul-
tanément tous les produits qu’on peut extraire du
blé, tels que farine , amidon , semouille , etc. et
a. un pays où le blé est à plus bas ge que
sur tout autre point de la France, pourra don-
ner une trèsgrande extension à sa fabrication,
et créer ainsi une nouvelle branche d'industrie ,
en même temps qu'il fera écouler un de nos
produits territoriaux dont nous sommes toujours
surchargés. La Société lui décerne une médaille
d'argent, 2°. classe,
M. Jacor, amidonnier à Metz,
qui en 1 Ba a obtenu une médaille de bron-
ze, de 1°. classe, a exposé des amidons qui
prouvent que sa fabrication soutient la répu-
tation qu’elle s’ést acquise. À raison de la grande
(13)
extension qu’il lui a donnée depuis quelques an-
nées , la Mrs lui décerne une médaille d'ar-
gent, 2°. classe.
M. Pouzmame, de la Maison-Rouge,
a exposé des échantillons de chicorée moulue de
sa fabrication.
“Nous tirions jusqu’à présent ce produit, de la
F landre et du pays de Luxembourg ; M. Poul-
maire a eu l'idée de le fabriquer, et il a réussi
à le liyrer avantageusement au commerce. La
qualité de ses chicorées est. bonne, leur teinte
est belle; mais il serait à. désirer qu ‘elles fussent
mieux pers) afin de pouvoir rivaliser avec
celles de Lille*et de Cambrai. |
La Société décerne à M. Poulmaire une men-
tion honorable.
M. Buxy-Bomarr, confiseur à Metz,
a exposé des pains d'épices qui méritent d’être
aussi recherchés que ceux de Reims.
M. Dersosque (Auguste) , de Metz,
a exposé un panier de fruits en sucre qui prou-
vent qu'il possède bien les parties les plus dif-
ficiles de son art. _ |
M. Dominique Smon ; pépiniériste à Metz,
a donné un bon exemple à nos pépiniéristes en
exposant des arbustes et des graines diverses. Il
15
C4)
a aussi présenté une corde faite avec Técorce du
tilleul, et des échalas d’acacia qui. dit-il, durent
deuxfois autant que les échalas de chène. Il serait
à désirer que les propriétaires de vignes véri-
fiassent ce fait par des expériences. |
M. Simon a fait faire un tonneau avec le mème
bois. C’est l'usage qui seul peut prouver si cette
innovation est avantageuse ; elle mérite pourtant
d’être citée. Enfin , on doit au même exposant
un paragrêle et un échantillon de toile faite avec
des filamens d’orties, qui semble ne pas différer
des toiles de chanvre du pays. ’
La Société considérant l'extension du commerce
de M. Simon et son zèle pour les choses utiles,
lui décerne une médaille de bronze, 2°. classe.
SECTION DEUXIÈME.
TANNAGE.. MÉGISSERIE, CHAPELLERIE.
Tannage. |
Trois échantillons de cuirs forts ont été pré-
sentés à exposition, par MM. Gillard , Muel et
compagnie , Mathieu et Haan.
M. Grzrann, d'Apach, près de Sierck.
Ses cuirs soutiennent à juste titre leur réputa-
tion. La supériorité des produits qui sortént des
tanneries de Sierck , tient en partie à l’excellent
tan que les bords de la Sarre produisent , et dont
( 115 )
les tanneurs de nos environs ne sont pas : à ci
de faire usage. .
. M. Gillard, depuis quelques années , exporte
une partie de ses cuirs à l'étranger , et les vend
aux foires de Francfort et de Leipsick ; où il
soutient la coneurrence des fabriques si *enom-
mées de Liége, Stavelot et Malmédy.
La Société, à raison de cette nouvelle extension
donnée au commerce des cuirs fabriqués dans
ce département, a Pere à M. Gillard, une
médaille d'argent , 1°. classe.
M. Muez et compagnie, de Lauvallières |
sont dignes d’ne médaille d'argent, 2°. classe,
pour avoir essayé avec avantage les écorces à tan
de nos environs, et être parvenus à fabriquer des
cuirs forts qui le cèdent de peu à ceux de Sierck.
MM. Marmeu et Haan, de Metz.
méritent une médaille de bronze, 1°. classe,
pour la préparation des cuirs de pays.
MM. Danpar frères, de Metz,
ont exposé des cuirs forts acidulés, des cuirs de
vaches, et des veaux Corroyés et cirés , ainsi que
du cuir de cheval corroÿé.
Tous les articles corroyés et cirés présentés
par MM. Dardar, sont aussi bien fabriqués que
_ceux que par habitude on fait venir de Paris, à des
(116 )
prix supérieurs. MM. Dardar ont accompagné
leur envoi d'un mémoire fort intéressant sur
toutes les branches de la tannerie; il prouve
que ces jeunes fabricans ne sont étrangers à au-
cune partie de leur art. La Société leur doi à
ce double titre, un encouragement particulier, et
leur décerne une médaille d'argent, 2°. classe:
M. Pouzmme , de Beauregard, près de Thion-
ville , | . DAME
a exposé un cuir de vache du pays. La fabrique
de M. Poulmaire a peu de temps d’existence, mais
l'échantillon envoyé à l'exposition fäit espérer qu'il
livrera au commerce des cuirs bien confectionnés.
La Société lui décerne une mention honorable.
M. Marcor, de ‘Faulquemont ,
a exposé des tiges de bottes, et un cnir de veau
apprèté pour hnieres. Cette fabrique qui ne tra-
_ vaille que depuis un an, pen devoir prendre
de l'extension.
Chaussures.
.. M. Fins, cordonnier, rue Fournirue, ,
s'occupe depuis fort long-temps des moyens de
redresser les pieds tournés desenfans. Les bro-
dequins qu’il a exposés cette année atteignent par-
faitement ce but, ce qui est prouvé par de nom-
breux certificats doit délivrés les personnes dont
(217)
les enfans ont maintenant les pieds: trés-droits ;
après les avoir eu considérablement tournés ;: soit
en dedans, soit en dehors; Le mécanisme contenu
dans ces brodequins est très-simple ; il ne gêne
nullément, permet d’apérer le rédressement du
pied, peu à peu, sans faire éprouver. auçune
sonffrance , et produit ordinairement tout son
effet en six mois. M, Stan, chirurgien:accou-
cheur, atteste qu'il a souvent prescrit l'usage du
brodequin de M. Fiers, et qu'il a toujours ob-
tenu un succès complet. M. le docteur Marécaaz
a certifié que le même brodequin a redressé, en
six mois, le pied d’un jeune homme de 17 ans,
habitant Luxembourg. Il a ramené, ditil, la
plante du. pied à une direction horizontale , et la
pointe à la situation convenable. Enfin, il lui
paraît beaucoup moins compliqué que la ma-
chine de Scarpa, et aussi simple que celle de
MM. Oudet et Venel, sur M il a l'avantage
de la modicité du prix.
La Société considérant que M. Fiers rend, par
son industrie , un grand service aux habitans du
département et sur-tout aux personnes d’une
fortune Hosiques lui décerne une médaille de
PrOrSe; 2°. classe.
M. Michel Maure, bottier à Metz,
a exposé 1°. Une paire de bottes qu'il appelke
( 118 )
Corrioclaves dont les semelles et les talons sont
assemblés sans couture, au moyen de clous en
cuivre rivés des deux côtés : :
2°. Des bottes ordinaires bien travaillées ;
3°. Des souliers et des chaussons doublés en
soie, à 30 .p. °/, au-dessous des prix de Paris.
Tous ces objets sont confectionnés avec le plus
grand soin et à des prix modérés.
M. Rousseau, cordonnier à Metz,
a exposé des souliers dont le talon et une partie
de la semelle sont en bois. -Il prétend que cette
<haussure offre de l'économie, et qu’elle est peu
susceptible de prendre de l'humidité. C’est à
J'expérience à justifier cette assertion; la com-
mission n'a pu apprécier un effet qui ne peut
ètre reconnu vrai qu'à l'usage.
M. KISEWETTER ; bandagiste à Meu,
a exposé une ceinture élastique dont l'utilité :est
généralement reconnue par les médecins, pour
maintenir les viscères contenus dans l'abdomen
et empêcher les hernies chez les personnes at-
teintes d’obésité. Depuis plus de dix ans qu'il
confectionne de ces ceintures , leur débit va tou-
jours croissant. Il tire les matières premières de
(119) |
Paris ; elles reçoivent par lui Papprêt et le moel-
leux qu'on y: remarque.
La Société décerne une mention honorable
à M. Kiesewetter pour le finr de son travail.
Chapellerie.
L’art du chapelier semble près d'arriver au der-
nier degré de perfection, car aujourd’hui l'on
peut faire en feutre des vêtemens complets et
d’autres objets plus difficiles encore ; nos chape-
liers lemportent aussi de beaucoup sur leurs pré-
décesseurs, pour la beauté, la légèreté et la variété
des produits. Quant à la chapellerie de Metz en
particulier, elle mérite encore son ancienne ré-
putation , et peut en tout point soutenir la com-
paraison avec celle de Paris et celle de Lyon.
Mais deux causes principales nuisent à ses pro-
grès: les continuels caprices de la mode qui oc-
casionnent un rebut considérable, et la suppres-
sion du feutre pour les coiffures militaires. Toutes
nos fabriques de chapeaux et de schakos ont été
obligées de diminuer le nombre de leurs ouvriers
par suite de cette suppression.
M. Pnsox, de Metz,
a exposé des chapeaux fins de diverses formes,
des feutres blancs de différentes qualités et di-
versement apprêtés. Le chapeau rond, n°. 1, a
Gi)
un apprêt qui résiste à eau. M. Pierson a épa-
lement exposé un schakos d'officier d'artillerie,
modèle de 1825, dont la carcasse est en cuir
enduit d’une coneLe d'apprêt imperméable.
La fabrique Pierson. date de 1695. En 1814,
elle versa 5800 chapeaux dans le commerce,
ét jusqu’en 1821 ; elle fournissait aux corps mi-
litaires dix mille schakos de soldat par année.
Le nombre de ses ouvriers était alors de 55; il
n'est plus aujourd'hui que de 35, par suite de la
supprèssion des schakos de feutre. Cette fabrique
importante approvisionne les marchands de cha-
peaux d'un grand nombre de villes du royaumé
et dé quelques-unes des pays voisins. Elle reçut en
1853 une médaillé d'argént, 2°. classe, et
résté toujours digné de la même distinction.
M. BAUDOU , de Me, ..
a a présenté seulement deux chapeaux ronds: ik
. sont de bonne qualité. Sa fabrique ne date que
de 1811; elle prit quelque accroissement en 1816,
et naine le travail y est double de ce quil
était au commencement. Le nombre d'ouvriers
de M. Baudouin est de 12, et ses produits se
montent à 2400 chapeaux par année. La Société
lui décerne une médaille de bronze, 1"°. classe.
-.M. Gonvozrr, de Metz, |
a exposé des feutres et des cuirs vernissés; pour
(a)
chapeaux et visières de casquettes, qui prouvent
que sa fabrication n’est pas dégénérée et qu’il est
toujours digne de la médaille de bronze , 1"°
classe, qu'il a obtenue en 1823.
SECTION TROISIÈME.
TISSUS, BRODERIES , FILATURE er BONNETERIE.
. nn |
M. Deuxor, de Forback,
ä exposé un échantillon des laines de son trou
peau. Cette laine n’offre rien de particulier , mais
nous saisissons cette occasion, pour faire con-
naître que c’est aux soins de M. Delinot qu’on
doit l'amélioration des laines dans tout le canton
de Forbach. Il a répandu des métis dans les vil-
lages, par des cheptels qui se sont trouvés avan-
tageux pour lui et pour les fermiers auxquels il
avait confié ses moutons. Puisse cet exemple être
suivi par les grands li ose des autres can- |
tons du département. |
Étoffes de laine.
Le département de la Moselle possède un
grand nombre de fabricans d’étoffes communes -
de laine ;. Metz seule renferme 300 métiers en ac-
tivité. On aurait pu craindre qu'une telle concur-
rence ne nuisit à l'écoulement des produits; mai
16.
(12)
au contraire, cette activité a ouvert de nouveaux
débouchés, inconnus jusqu’à présent. Six fabri-
cans, seulement, ont exposé. Ce petit. nombre
a pourtant suffi pour montrer que la draperie
de notre pays va chaque jour se perfectionnant
sous tous les rapports, et sur-tout sous celui de
la régularité des mélanges. Cet avantage est dù
à l'introduction des cardes mécaniques dans notre
département. Cependant il y aurait encore des
améliorations à espérer , si la filature était per-
fectionnée, et si la teinture avait profité des
progrès que la chimie a fait faire à cet art.
. Nous devons regretter qu'ôn n’ait point ex-
posé des flanelles communes. Cet article avan-
tageux à notre pays, ne se M nulle pat
ailleurs.
: M. Cocun-Comste , de Vaux ; près de _. :
a obtenu une médaille d'argent, 1°. classe ,
en 1823. Il prouve aujourd'hui, par les six pièces
de draps de diverses couleurs qui composent
son exposition ; qu’il a soutenu sa fabrication de-
puis cette époque. Il lui reste à obtenir un dé-
graissage complet. |
M. German, de Nancy, propriétaire de la ma-
nufacture de Moutiers, près de Briey.
a-exposé six pièces de draps différens, destinés
à l’habillément des troupes, et six autres pièces
(123 )
pour l'usage général. Ce fabricant déjà j pngé digne,
en 1833, d'une médaille d'argent, 2°. classe,
s'est betectionné sous beaucoup de rapports. On.
a sur-tout remarqué la beauté du mélange de
ses draps gris. Jusqu'à présent, on n'a pas fait
aussi bien dans notre pays. La fabrication de
M. Germain est très-bonne ; son RUE est ex-
cellent; on ne pourrait désirer qu'un Vo 5
un peu meilleur.
La: Société a jugé M. Géman: digne de la
même distinction qu'en 1823.
M. Hmscr, de Metz. :
La fabrique de M. Hinche a a pris une soul
extension. Elle ne comptait que 15 métiers en
1823, où elle fut distinguée par une médaille
de brute , 2° classe. Aujourd'hui elle en a‘ 40,
et ne peut satisfaire à toutes les commandes qui
lui sont faites. Cela provient de l’heureuse idée
qu'a eue M. Hirsche de fabriquer des articles
nouveaux pour notre pays, tels que les croisés,
les coatings, et à sa persévérance pour perfec-
tionner ses moletons. Il est arrivé au point que
ce dernier article est maintenant préféré aux pro- .
duits du même genre que fournissent Troyes,
Bauvais , Darnétal, etc. M. Hirsche s'occupe au-
jourd'hui d'introduire à Metz la fabrication de
deux nouveaux tissus: espagnolettes blanches à:
C4)
l'instar de Lyon , €t castorines teintes ên laine à
l'instar de Darnétal. Des pièces de ces deux articles
ont été exposées. L’espagnolette a montré que
M. Hirsche emploie de la lane bien mieux filée
que celle des autres fabricans de ce pays. Cette
étoffe est d'un beau blanc, bien apprètée et ne
coûte que 6 fr. l’aune. lé castorine manque un
peu par l'apprêt et par la vivacité de la teintüre ;
mais elle est très-bien fabriquée, et, au prix de
6 fr. So, elle peut rivaliser a avec celles de toutes
les autres fabriques. *
La Société DéeRRs à M. Hirsche une médaille
d’' argent, 1"°. classe. |
. M. Drevyruss Œ élix) ; s Metz.
En 1823, M. Dréyfuss obtint une médaïlle
. de bronze, 2°. classe. Iln 'emploÿai älois que
30 à 4o ouvriers; aujourd’hui il en à ir6 ; noï
compris ceux de la campagne qui filerit la Fa)
L’espagnolette dé M. Dreyfus est bien faîte, bien
dégraissée , et né laisse à désirer qu’ un per plus
d’apprêt et de blancheur. Une pièce écrue montre
un tissage parfait, dû a au bon choix des matières,
et à la filature. . Ou:
L'espagnolette verte est inférieure aux autres :
le tissu en est un peu che et la couleur n’en est
point décidée ; au reste, ce défaut tient plus au
teinturier qu'aux procédés du fabricant. :
| ( i25 )
La Sea a voté à M. de un une ps
Poe , 2° classe.
M. ns de Metz.
Les’flanelles 3/4 de M. Champigneulles sont
au-dessus de celles du midi, par rapport à leurs
prix de 4 fr. et 3fr. 25. Les espagnolettes ont un
tissu régulier, la laine en est belle, et, aux prix
de 4 fr. et 3 fr. 5o , elles l'emportent de 15p.°/
sur celles du midi et de Daïnétal; mais elles laissent
à désirer sous le rapport de la blancheur.
Une médaille de bronze, 1e, classe, est
décernée à M. Champigneulles.
, MM. Scmware et Haas, de Met,
ont exposé du croisé blanc 3/4, à 3 fr. 75 l'aune,
et du molleton lisse 5/8, à 2 fr. 80., La qualité
en est trés-bonne pour le prix. |
MM. Schwabe et Haas ont monté en 1820
une filature de laine mue par la Moselle: elle
occupe une quarantaine d'ouvriers de la. classe
la moins aisée. Ils vont avoir aussi une méca-.
nique à lainer, qui diminuera les frais qu ’occa-
sionne l'apprèt des étoffes.
Ces efforts méritant d’être encouragés, la So-
ciété décerne à MM. Schwabe et Haas, une mé-
daille de bronze, 2°, classe.
: MM. Wazrer et Joyeux, de Me.
Ces fabricans qüi ont obtenu en 1823 une
( 126 )
médaille d'argent ; 1°°. classe pour avoir im-
porté à Metz une nouvelle industrie ,-sont dignes
de la même distinction cette année, . pour. les
perfectionnemens très-remarquables de leurs ve-
Jours; qu'ils continuent pourtant de livrer à des
prix -très-modérés. Les tissus de.soie des mêmes
fabricans, peuvent rivaliser avec ceux de Lyon.
Ils sa même pour la de ai
+ Téinture.
L'art de la teinture est encore Fe Perfance
dans ce pays, et cela tient à ce qu'on n'a pu
l'appliquer j jusqu'à présent qu'à des étoffes gros-
sières ; mais la fabrication de celles-ci se per
dun, y Plus k teinture doit chercher à s’a-
méliorer, afin de soutenir la concurrence.
M. Mancor fils, |teinturier en haine } À Metz *
a exposé une carte d'échantillons de.ses teintures
sur étoffés; -elles-ont.paru ‘bien traitées, et la
Société regrette. qu'elles lui soient pus trop
tard pour: être examinées avec soin.
Broderies. ul
‘MM. Curtaux et compagnie ; ; de Metz.
L’assortiment de broderies exposé par cette mai:
son ne peut donner .qu'une idée fort'incomplète
de ses vastes entreprises: elle emploie au moins
(127)
1500 ouvrières de Ja ville et fait travailler dans
tous les environs ; elle a établi une fabrique ré-
gulière à Nancy, des succursales à Lunéville,
Pont-à-Mousson, Château-Salins et Réchicourt,
villes où plus de 1200 brodeuses travaillent pour .
son compte; à Paris, un entrepôt général est
dirigé par .un des associés, sous la raison com-
merciale de la compagnie ; enfin des agens per-
manens sont à la tête de trois autres entrepôts
placés à Bordeaux, à Marseille et à Londres.
Plus de 250 mille francs sont PF annuel-
lement en matières premières, et pour Metz seu-
lement, la main-d'œuvre s'élève par année à
300 mille fr. Ce court exposé suffit pour montrer
- que la fabrication de la compagnie Chedeaux
a au moins doublé depuis 1823. Ses genres de
produits se sont aussi multipliés et perfectionnés ;
c'est ce que prouvent suffisamment les: beaux
échantillons présentés à Pexposition de cette an-
néeci. On a sur-tout-remarqué une robe de
mousseline brodée au plumetis, une aube en
tulle-bobin brodée au crochet, des. pélerines
en mousseline au plumetis, et un mouchoir de
poche à “bouquets. La richesse, la grâce et l’exé-
- cution des dessins de ces articles ne laissent rien à
désirer. D’autres articles brodés en couleurs ou
par application de mousseline et de crêpes diver-
sement colorés, sont aussi très-soignés: ils:sont
(? 28 )
destinés : a la corisommation de sad et de
l'Inde.
MM. Chedeaux et compagnie reconnaissent
que leur fabrique est encore susceptible de per-
fectionnemens , et font tous leurs efforts pour lès
obtenir , afin, dis. de placer. notre dépar-
tement dons de toutes les concurrences qui
sien surgir. :
La Société ne pent qu rapplaudir à à ces senti-
mens , ét juge MM. Chedeaux toujours plus di-
gnes de la médaille d'argent, 1°°. re; qi
leur a été décernée en 1823.
MM Poriisr frères. et Bu ; de Me,
ont élevé en 1824, une nouvelle fabrique. de
broderies qui emploie déjà 400 ouvrières de Metz,
et 200 autres des environs. Déjà aussi, cette
compagnie s’est ouvért d’importans débouchés en
Europe, ch Asiè et en Amérique. Les articles
présentés à l'exposition comme échantillons de
l fabrication courante, annoricent de grands
succès pour l'avenir. On a particulièrement re-
marqué une broderie au passé ou point de reprise;
un mouchoir dé poche à sujets, au plumetis;
une autre broderie en laine de couleur sur or-
gandy, genre nouveau. Unautre article également
nouveau, est une batiste à petits bouquets de
soie rose, destinée à orner les-divans asiatiques.
( 129 )
La compagnie - ‘se promet d'étendre. ce. gènre
de broderie, si le retour de la paix en Orient,
lui permet d’y établir des relations durables.
Une médaille d'argent, 2°. classe, «st dés
cernée à MM. Pothier frères.et Buck, pour l'ex-
tension remarquable d'une fabrication et d’un
commerce qui ne datent que. d'une année.
M”° . CORAGSIÈRE , de Metz,
‘a exposé quelques broderies que les connaisseurs
ontremarquées : un mouchoir de poche à bouquets
a été trouvé supérieurement brodé; on a aussi -
donné des éloges à une broderie-en points croisés.
M. Corbassière mérite une mention hono-
M. CenrBren, de Me, DEN
a exposé une broderie en or exécutée avec goû.
Il est le seul qui exerce cet art dans notre pays,
et il l'exerce dans la perfection. |
La Société en regrettant que le ur de
médailles dont elle a pu disposer, ne lui ait pas
permis d'en accorder 4ne à cet habile artiste,
lui décerne une mention honorable. .
Fils de coton.
M. Mayor-Cosré, de Meur, |
t
a exposé. des fils de.coton-unis, filés à " mé
7
( 130 )
canique; sés produits qui vont jusqu'au n°. 50,
rivalisent avec ceux des filatres les plus rértom-
mées de la Meurthe et des Vosges, et réndent M:
Mayot toujours dighe de la médaille de bronze,
1°*. classe ; qu’il a dbtenue en 1823. |
M. Pal de Metz.
Les cotons à broder exposés par M. Leclerc,
sont apprêtés avec soin ; mais il faut qu'il travaille
encore, pour parvenir à livrer ses, produits aux
mêmes prix que les autres fabricans. |
| La Société lui décerneune mention honorable.
M. Fourqui, de Metz.
La Société décerne également une mention
honorable à M. F ourquin ; fabricant de bonne-
‘ terie, qui a exposé des échantillons de bas et de
bonnets de coton , travaillés avec soin et solidité.
Ces objets seront toujours recherchés des con-
somrmateurs ; mais il ést à regretter que les prix
auxquels FA sont cotés, ne permettent pas de
donner de l'extension à cette fabrication.
M, Févr, de Metz,
à exposé une paire dé bas de coton à } jours, qi
prouvent l'habileté dé ce fabricant.
M. Picuon. sutiend de meubles à Metz,
a exposé des crins préparés avec soin et supé-
rieurs à ceux que Paris verse dans le commerce.
(131)
Sa fabrique, qui fournit à tous les départemens
environgans, prend de jour en jour. plus d’ex-
tension. M. Pichon mérite d’être mentionné ho-
norablement.
M. Roussz, de Montoy,
a exposé des chapeaux de paille du pays, dont
le tissu est très-flexible et bien égal. La Société
ke mentionne honorablement pour ces premiers
essais, et li invite à donner de l'étendue à cette
fabrication , qui peut devenir lucrative pour lui
et nous dispenser de recourir aux étrangers.
SECTION QUATRIÈME.
CUSTAUX VERRERIE ;, FAIENCE , POTERIE 1
TERRES CUITES, MARBRE.
M. Servez, ho des nn royales de
Saint-Louis,
n'a envoyé à l'exposition que des cristaux pris
parmi ceux qu'il livre habituellement au com-
merce : il s'est abstenu de présenter des pièces
confectionnées à grands frais; néanmoins, les
abjets exposés suffisent pour prouver que les ver-
reries de Saint-Louis continuent de .conserver
un des premiers rangs , sous le double rapport de
la blancheur-et de la pureté du cristal, du fini et
de l'éclat du poli.
( 132 )
La création des. verreries de. Saint-Louis re-
monte-à 1767. On s'y borna. d’abord .à: la. fa
_ brication des verres blancs ordinaires et desverres
à vitre; mais en 1781 on y découvrit le pro=
cédé à suivre pour obtenir du cristal, et à dater
de cette époque, la France a cessé d' être. tribu-
taire de l'Angleterre pour cet objet. Depuis quatre
ans, Saint-Louis ne. fabrique plus que des cris-
taux. Deux grands fours y sont constamment en
activité. Trois cents ouvriers habitent l’établisse-
ment ;. cent autres sont externes. On emploie
en outre, pendant une partie de l'année , 20
bécherons et 150 voituriers. |
Les produits de eette fabrique s'élèvent an-
nuellement à une valeur de près d’un million de
francs, dont à peu près la moitié est payée pour
la main-d'œuvre, ce qui porte l’aisance dans le
canton le plus pauvre du département.
La Société décerne une médaille d'argent,
1°. classe, à M. Seiler. |
MM. Bunçur-Scnveren et compagnie , de Mi-
senthal, et Buncux-WazrEer et compagnie, de
Goëtrembrück
qe ont obtenu, l'un une médaille Large :
. classe, et l'autre une mention honorable,
. 1823, ont exposé un assortiment de gobele-
terie ordinaire. de. verres pour les montres et de
( 133 )
gebeleterte coulée dont plusieurs échantillons pré-
sentent des arêtes fort vives. Les garde - vues
pour les lampes sont maintenant fabriqués. à
Meisenthal ; on les tirait précédemment de Paris,
Ceux qui sont exposés : ne laissent rien à désirer.
Cette fabrique qui a. plus d’un siècle d’exis-
tence emploie prés de 5od ouvriers, sans compter
ceux qu’elle occupe à la préparation des salins et
des sondes. Ses produits se. sont augmentés d’un
tiers depuis la dernière -exposition. Ils se vendent
aujourd’hui dans la capitale et sont même ex-
portés au loin. Elle livre annuellement au com-
merce , 8 millions de verres de montres et de
fuit et plus de 1 300 000 pièces 2e go-
beleterie de diverses qualités.
La Société décerne à MM. Burgun Walter 9
et Burgun-Schverer, une médaille Ra :
1°, classe.
. MM. Fins et PR de Lo
ont apporté des perfectionnemens trés-remar-
quables à la fabrication de leur faience à cou-
verte métallique. Cette fabrication a même reçu
une grande extension, par suite des débouchés
qui se sont offerts pour les produits. Il en sera
de même bientôt de celle de la terre blanche
* à fond noir. MM. Fabry et Utsschneider se pro-
posent de lui donner tous les développemens
( 134 )
dont elle est susceptiblé, et se flatent de pou-
voir: ainsi livrer aux français et aux étrangers,
une vaisselle qui réunira k plus grande solidité
a tous les autres avantages.
. Nous aurions offert une médaille d'argent , 1°
chise, à MM. Fabry et Utsschueïder, si déjà,
en 1623, ils n'avaient joint cette distinction à
celles que le gouvernement leur a plusieurs fois
accordée dans les diverses expositions re
Creusets.
M Dorrer , de Saint-Avotd
a exposé des creusets de Does dimensions. À
Pessai, ces creusets ont été trouvés plus réfrac-
taires que ceux de Hesse et moins sujets à se
féler. La Société engage M. Dotter à bien
soiguer sa fabrication et le choix de ses matières :
il pourra sing se créer une industrie aussi m-
crative pour lui qu'avantageusa pour le pays.
“a Société n'ayant reçu aueun renseipnentent
sur la fabrication de M. Dotter , et désirant pour-
tant T'encourager dans ses essais, lui décerne une
mention. honorable.
Poterie de grès.
_ M. Cnoxé, de Metz,
qui a obtenu en 1823 une mention honorable
pour ses tuyaux de conduite en pierre factice,
a exposé cette année un assortiment de vases en
(135 )
grès d’une très-belle exécution. Plusieurs essais
infructueux et même malheureux avaient été
tentés depuis quelques années; nous devons
savoir gré à M. Choné de n'avoir pas: été dé-
couragé par ces tristes précédens: Sa fabrique
située à Longeville, est établie depuis 1824.
H ÿ emploie douze: ouvriers, et en 1825 il a
confectionné 5o mille cruchons et. 180 mille
vases de toutes les grandeurs , pour lesquels nous
étions jusqu'à présent tributaires de létranger.
La Société, à raison du fini des prodnits de
M, Choné et de leur grand nombre, lai décerne
une rrRédaille de bronze; 1"°. classe.
M°°. Ton, de Metz,
a exposé des cruchons. La fabrique de cettë
dame date de 1833; elle a déjà confectionné
170 000 cruchons et de 5 à 6 mille autres vases
de grès; sept ouvriers y sont constamment em
ployés; aucun cruchon n’en sort pour être livré
au commerce, qu'il n’ait. été préalablement é-
prouvé.
La Société a jugée Me. Thorn digne d’un
médaille de bronze, 2°. classe.
Nous espérons que ces fabricans, guidés d’ail-
leurs par leur propre intérêt, chercheront à
trouvér enfin en France, la térre dont ils se
servent pour confectionner leurs produits, et
qu'il font venir à grands frais de l'étranger.
v
(136 )
| Tuyaux en pierre factice.
M. Poné, de Corny, élève de M. Fleuret,
a exposé se tuyaux en pierre factice destinés
aux conduites d’eau. Ces tuyaux qu'il livre an
commerce de 3 fr. 5o à 3 fr. 5o le mètre, frais
de posage compris, sont bien exécutés, de forme
régulière ,; et composés de matières très-dures.
M. Poiré fait aussi des pavés en mosaïque , des
auges d’abreuvoir, des citernes, et garantit les
caves d'infiltration. Il a déjà exécuté à Metz et
dans d’autres villes, de grands travaux qui-ont
résisté à toutes les intempéries des saisons. La
Société lui décerne une médaille de: bronze,
2°. classe.
M. BLum, de Longeville-lès-Metz
a exposé des pipes en terre bien travaillées :et
de formes agréables ; mais la Société ne peut que
ke citer, n'ayant pas reçu de renseignemens.
Tuileries. |
M. HArFNER , tuilier à Metz,
a reçu -en 1823 une médaille de Done. 2°.
classe. Ses produits ont, cette année, un fini qui
surpasse de beaucoup celui des produits de même
genre exposés par d’autres fabricans. M. Haffner
occupe 20 ouvriers. et confectionne 5oo mille
(137)
pièces par. an;'il a, depuis 1823; ajouté une.
tournerie en terre. à ses anciens ateliers. .-.
La même fabricant a exposé des. briques pour.
cheminées rondes ; mais comme elles sont cir-
culaires à Pire elles ne pourraient se lier.
au reste de la maçonnerie. :
‘On remarque encore dans l'exposition de la
tuilerie de l'ile Chambière, une brique réfrac-
taire pour soutenir les chaudières , des tuiles en S
ét uni carreau de terre cuite qui, fabriqué par
compression, peut supporter le feu sans avoir
besoin d’être préalablement séché.
: M. Haffner est jugé, par la Société , digne de.
la distinction qu'elle lui a décernée en 1823.
M. Goserr père, de Metz, à.
vient d'établir près de Woippy, ; une tuilerié né
les premiers essais font augurer que la fabrication
des tuiles de toutes sortes, des briques et des
carreaux y sera soignée. M. Gobert a aussi ex-,
posé des tuyaux pour la conduite des eaux , dont,
le prix est de plus de moitié au-dessous de celui,
des tuyaux en bois, et dont la durée est sans
terme. Ils ont en outre l'avantage de ne com-
muniquer aucun mauvais goût à l'eau qu'ils ren-
ferment. Les tuiles en S et à crochets de la même
fabrique paraissent de bonne qualité, mais elles
sont trop épaisses. Îl est à désirer que ces tuiles,
18
( 138 )
qui sont en usageidans les Pays-Bas, en Anglé-
terre, en Pologne et dans le midi de la France,
soient adoptées pour la couverture de nos mai-
sons. Il en faut moins que de tuiles plates pour
un même toit; d'où résulte une économie. -et
un allégement pour la: charpente, ‘,
: M.-Gobert confectionne aussi des briques pro-
pres à la construction des cheminées rondes dont.
l'avantage principal est de ne-pas famer. Nous
pensons que la forme adoptée par M. Gobert.doit
être changée , attendu que ses briques présentent
des arigles très-aigus et. par. conséquent très-
fragiles. Il faudrait que les joints fussent placés
au miliéu des faces, et que les pièces présen-
tassent des crossettes qui pussent les lier à la ma-
çonnnerie. La Société décerne à à M. Gobert une
—— honorable. | :
M. Drm, de Forback,
et cité pour la bonne dniité des bi um
qû’il fait confectionner à Melpoubl. Les produits
de ce tuilier sont à ce qu'il paraît fort recherchés.
par les propriétaires de maisons. Ses-prix sont
ässez modérés, puisqu qu'il véad des us dans
Metz même.
M. BeaTnoLD , de Saint-Avold ,
est également cité pour ses tuiles creuses, ‘ses
(439 )
sil plates et ses sise r EMAREe de ne
qualité. s
“M Simon, juge à Vous et & membre de la
"SOGIELÉ Fi
a fat exposér une pierre de Sérvigny à hquél
l'est ‘parvenu à donner un poli qui prouvé que
cette pierré peut, pour certains “emplois, rein:
plhcer- ke‘marbre. il est à désirer ‘que n68 s'nare
briers utilisent cette découverte.
| SECTION CINQUIÈME. Le. ;
_ étions EMPLOI DES MÉTAUX.
1 9 ’; J - 2 ue à
SR ‘ 54
Fers. oo
,
Mme, de Warez , probidaire des fre de
Hayange et de Moyeuvre, ,
a fait exposer du fer en barres,’ un | foéméa
économique en fonte, des fers à répaset, pro-
duit nouveau, des médailles ‘et des ‘basreliefé
en fonte. du Ÿ très-belle exécution, de la téle
et du fer-blanc. Les premiers de eés produits ré:
pondent à k réputation des forges de Hayange ;
mais les deux derniers doivent l'accroître-encore
les feuilles de tôle’ont un poli que ce produit n'a
vait pas encore reçu dans: ce paÿs, ‘et le fer-blanc
approche par son éclat des fers-blancs anglais ;
il est:sur-tout:remarquable par sa -ductilité,
Gite )
‘M. de Wendel, peu de temps avant sa mdrt,
en 1825, fit fondre le minérai au coke dans un
haut fourneau ; et ce premier essai fut assez heu-
reux pour qu'on püt espérer de réussir com-
plétement. Un second essai prouva que le succes
ne dépendait plus que de l'emploi de matériaux
assez réfractaires pour résister . à la température
de l'ouvrage des fourneaux. On a trouvé récem-
ment ces matériaux , et avant la fin de l'année, la
fonte obtenue avec le coke entrera pour une
quantité considérable dans la fabrication. On se
propose aussi de monter plusieurs machines à va-
peur, pour suppléer à l’eau dans les temps de sé-
cheresse : elles seront mises en mouvement par la
flamme qui s'échappe des fours à reverbère. Les
forges de madame de Wendel emploient environ
1700 ouvriers, non-compris les manœuvres et
les voituriers eu presque tous du pays. Dans
l'année qui vient de s’écouler, ila été fabriqué,
malgré une sécheresse extrême, 5 à 6 millions
de kilog. de fonte, dont 450 000 proviennent
du fondage au coke, plus de #.000 000. kilos,
de fer, 14 000 caisses de fer-blanc, 406 000
kilog. de tôle, non compris celle qui à été éta-
mée; enfin, trois machines à vapeur, dont une
de 15 chevaux, et les deux autres de 8 chevans
chacune.
L'importance des forges de Hayange est au-
.Ci4r°)
dessus de toutes les distinctions que peut dé-.
cerner la Société. D'ailleurs M. de Wendel reçut
en 1823 la médaille d'argent ; 1°°. classe.
M. TROTYARE. > d'Ottange,
a exposé des bandelettes de fer de diverses di-
mensions. La Société n ayant reçu aucun docu-
‘ment, décerne une mention honorable à M.
Trotyane, pour la bonne qualité de ses produits. :
M. Antoine Rosenr, de Falck,
a ‘exposé, comme en 1823, du fer en barres
très-bon et proprement forgé, des bèches, des
pelles et des poêles à frire très-remarquables pour
lexécution. Cette fabrique continue de se mon:
trér digne dé la médaille d'argent, 1°*°. classe,
qui i lui a été décernée à la précédente ‘exposition.
}
M. | Louis ROHERT ,, de Metz, :
a, | présenté des produits semblables et compa-
rables en tout à ceux de lusine de Falck. Ils
proviennent de ses forges de Remeldorff. Cette
fois M. Robert n’a exposé que ce qu'il livre ha-
bituellement au commerce. Aussi, la Société qui
ne lui avait accordé en 1823 qu'une médaille
d'argent, 2°. classe , à cause du trop grand fini
de ses produits. d’échantillon, s’empresse cette
st de lui décerner une médaille d'argent: s
classe. +
Cid)
Nous pouvons dire que .ces_.deux fabriques
l'emportent actuellement sur Liége et sur toutes
les forges des autres départemens. : - :
Quircaillérie. 0
‘M, Marueu, “de Bouky, .
qui a obtenu une médaille d'argent, , 2°. dis.
en 1823, a exposé cette année un grand as.
sortiment de quincaillerie , dans lequel on remar-
que des fleurets qui peuvent soutenir la concur-
rence avec ceux de Sollingen. Pour le reste,
la fabrique de M. Mathieu se place au niveau de
Molsheim, bien:qu’elle ne soit établie que-depuis
quelques ARR) Gomme une telle industrie :est
une conquête pour le département. de la Moselle,
etique depuis 1823 les produits de M. Mathieu
ont été perfectionnés, la Société croit devoir Iui-
décerner une médaille d'argent, 1 9. 1e, classe,
d'autant plus que sut les 30 ouvriers qu 4 em-
ploie , 10 sont français. © M
M. Somsonx, de Boulay,
qui a aussi obtenu une médaille d'argent, 2°.
classe, en 1823, tivalise pour la quincaillerie
avec la fabrique précédente , et-comme M. Ma-
thieu , il'ne fait que commencer. Dans lassor-
timent présenté par. M. Somborn ; on remarque
une scie ronde. Ce produit tout nouveau pour
(143 )
- notre: pays, offre de si grands: avantages pour
le: débit des bois , qu’on: ne saurait trop: enbager
M. Somborn à en perfectionner. la fabrication :
les faces de celle qui a été da ee ne sont pas
parfaitement planes. FRONT
- La Société décerne une : médaille PRES .
1'°. classe, à M. Somborn: elle s’est plu à mettre
cette fois encore sur la.même ligne, les deux
fabriques de Boulay, parce que toutes deux ont
fait les mêmes efforts pour accroître et perfec-
tionner leurs. produits. .. | |
| Coutellerie. ue
M. ScHroo, coutelier-mécanicien à Metz ,
est très-avantageusement connu pour la fabrica-
tion des instrumens de chirurgie. Li
Il a exposé de grands ciseaux d’un poli et d’un
éclat remarquables, un trépan d’une très-belle
exécution, un scarificateur , instrument que . jus-
qu’à présent, on tirait de Vienne en Autriche,
et un grand couteau de table dont la lame est
moitié acier et moitié argent: ces deux rnétaux
y sont. parfaitement liés. | |
M. Scaroo mérite , pour la beauté de ses pro-
duits, une médaille de bronze, 1". classe.
M. LAmARLE coutelier à Metz, . |
a exposé un assortiment d'objets de sa fabrica-
ton, parmi lesquels nous avons -remarqué des
Ci44)
feuilles de sauge bien pokes, des: couteaux à
bascule et un gréffoir portant un écussonnoir que:
‘ouverture de la lame fait sortir et que la fer-
meture fait rentrer, au moyen d’une crémaillère.
cachée dans le manche. |
M. Lamarle livrant ses produits à des prix
modérés, la Société lui décerne une médaille
de bronze, 2°. classe. |
M. Dusors, coutelier à Metz,
a exposé divers objets de coutellerie bien tra-
vaillés, dont les prix ne sont pas très-élevés.
On a remarqué un instrument pour moucher
les quinquets, ‘auquel il ne manque plus que
quelques perfectionnemens pour pouvoir être
employé facilement. |
M. Dubois mérite d’être mentionné honora-
blement.
}
Chaudronnerie.
M. Romxer, de Metz, | |
a exposé un nd nombre de modèles de moules
à pâtisserie et à gelées. Cet artiste qui a donné
à sa fabrication une grande extension , exécute
très-bien les surfaces les plus Cohnliquéss > ©
surmonte ainsi les plus grandes difficultés de son
art. Ses produits qui rivalisent pour la beauté
avec ceux de même nature qu’on tire de la capi-
tale , les surpassent par la modicité des prix ; aussi
M. Robinet faitil des envois considérables dans
145)
les départemens'et à l'étranger. Il a encore exposé
_ des appareils pour chauffer de l’eau à l'alcool,
en très-peu de temps et avec fort peu dè dépense.
-Nous devons regretter qu'il n’ait pas achevé le mo-
dèle de baignoire à circulation et’ les nouveaux
cylindres auxquels il travaille en ce momeni.
La Société décerne à M. Robinet une mé-
daille d'argent, 2°. classe.
M. Dosse-Warier , chaudronnier à Metz.
L’alambic à bain-marie exposé par M. Dosse,
a été copié guy celui que le collége de Metz a
reçu de Paris. Mais avec les mêmes avantages ;
il a plus de simplicité : le nombre des ouver-
tures est diminué de moitié, et de simples bou-
chons peuvent tenir lieu . lut.
Le corps de pompe exécuté par M. Dosse,
diffère de ceux qu’on emploie, en ce que les
soupapes se trouvent logées de toute leur épais-
seur dans les brides du cylindre. Le piston est en
cuivre , à clapet et garni d’un cuir qui peut être
facilement remplacé. M. Dosse se charge de l'en-
tretien d'un semblable corps de pompe pour
3 francs par année. |
Le même fabricant a aussi exposé une colonne
en cuivre pour support de balances : cette pièce
est solide et parfaitement travaillée ; on pourrait
. pourtant désirer des arêtes plus vives au piédestal.
10
»*
(146)
Enfin, M. Dose confectionrie des supports de ba
lances à l'usage des pharmaciens-et des confiseurs.
qu'il livre à 15 p. °/ au-dessous des prix de Paris:
_ Get habile chaudronnier ayant reçu en 1823
une médaillé de bronze, 2°. classe, la Société
Jui en: décerne cette année une de a. classe:
* Serrurerie.
M. Tamy, serrurier à Metz, |
qui reçut en 1823 une médaille de Dons à 2°.
classe, a exposé plusieurs serrures à garnitures mo-
biles et à combinaisons, tout à fait mcrochetables,
même par l'ouvrier qui les a faites; on en a re-
marqué une qu'il établit au-bas prix de six francs.
Il'est à désirer que des moyens aussi sûrs, pour
la fermeture de nos appartemens et de nos meu-
bles, soient enfin adoptés en France. Cette adop-
tion est d'autant plus facile que les prix de M.
Thiry montrent que de telles serrures ne sont
pas au-dessus de la portée des fortunes ordinaires.
Cet artiste a fait quelques changemens avanta-
geux à la serrure de l’ahglais Baron, et ilen
a perfectionné les détails. Une platine en cuivre
a été ajoutée par lui à la serrure de Pons, dite
Egyptienne. Dans la serrure de Bramabh , il a rem-
placé les quatre ressorts par un seul. Il a per-
féctionné quelques détails de la grande serrure
à combinaisons. Il a inventé une nouvelle ser-
(187)
rurée -mbins chère que celle de: Bramah et. qui
en offre tous les avantages : la construction en
est simple, l'exécution facile; elle n’a point d’ou-
verture extérieure . .el lon peut facilement. en
multiplier les combivaisons, sans en augmenter
sensiblemént le prix. qui est de 15 à. 20 francs.
. Une autre serrure de l'invention de M. Thiry,
et et àpeu près du même prix que la précédente , ne
‘contient aucün: réssôrt; cependant elle est tout
atissi. incrochetable que les | sssnn) La clef
est brisée . et: tés portative. |
_ Le même artiste a aussi exécuté un re qui
surpassé, par la simplicité de sa construction , tous
les cadenas. à combinaisons , et qui offre plas de
sûreté. Enfin, il a imaginé un gond mécanique
qui permet de supprimer les tourniquets et. les
crochets destinés à tenir ouverts les contre-vents
. Jes persiennes.
: Pour donner à M. Thiry à une e preuvé du cas
que la Société fait de ses travaux et de ses idées
ser l'amélioration des serrures , il lui est décerné
une médaille d'argent 2" Cr |
Un anonyme
à exposé une filière dont les deux parties sont
également pressées sur tous les points, par une
plaque, contre les biseaux qui les supportent.
Il en résulte qu’en desserrant les vis qui fixent
(148)
les coussinets, on peut introduire un .cône dans
le trou dela filière, et former un taraud conique,
aussi facilement qu'on obtient un taraud cylin-
drique , .en maintenant les coussinets à une dis—
tance constante l'un de l’autre.
Un vilbrequin dans -lequel ka vis de pression
est remplacée par une clef de clarinette à tenon,
est dû au même artiste. Le tenon s'engage dans
une coche faite sur la tête de la mèche, et cette
“mèche peut être placée et retirée avec k plus
grande promptitude > Sans que cela nuise en rien
à sa fixité. -
Nous recommandons ces deux inventions in-
génieuses à l'attention des ouvriers et des artistes.
%
M. Hiserre ; Prin à
Metz,
a exposé une cheminée en tôle, dont la forme
élégante , le poli et les eiselures sont dignes du
talent reconnu de cet artiste.
M. Hisette en sa qualité de membre agrégé
de la Société, s’est retiré du eoncours.
La Société regrette que les serruriers en voi-
ture n'aient pas exposé de leurs produits; cette
industrie , si elle était connue, pourrait devenir
très-étendue, car les connaisseurs trouvent les
ressorts qui se fabriquent à Metz, aussi bien con-
fecüonnés que ceux de Bruxelles et de Paris.
(149)
M. Lamerz, éperonnier à Metz,
est le seul qui ait établi en grand dans notre dé-
partement , une fabrique du genre de la sienne.
Ses mors et ses étriers sont très-bien travaillés.
Nous ferons remarquer sur-tout l’étrier quis’ouvre
par une faible traction , et qui met ainsi le cavalier
tombé de cheval à l'abri d'un bien plus grave
accident. |
M. Lametz mérite une médaille de PponRe: 2
2°. classe. |
‘M. DannasetM. Leciate, potiers d'étain à Metz, |
ont présenté divers objets de leur fabrication ;
particuliérement des mesures de capacité bien
travaillées. , |
M. Leclerc a ui en outre des couverts
d’une composition particulière, moins pliante que
l'étain et plus solide ; ils ont une forme assez
agréable. pi ‘ |
M. François fils ferblantier, ru rue des Jardins,
a Metz,
a exécuté une fontaine de Héron à laquelle
a donné la forme d'une colonne. Il en résulte
un jet d’eau d'environ neuf pouces de hauteur,
qui dure à peu près dix minutes. Nous conseillons
à ce jeune ouvrier de faire plus d'attention une
autre fois au rapport qu'il doit y avoir entre une
colonne et l'objet qu'elle supporte. Le vase de
Ça5a )
tôle qu'il a exposé est l'œuvre d’un ferblanter
adroit et fort exercé dans son art.
” La Société lui accorde une mention honorable:
M. More, de Longwy;
a exposé un assortiment de pointes de t toutes 7
dimensionis. Celles qui sant déstinées à l'applica-
tion du fer ont le défaut ordinaire de cette sorte
de produit, c ’est-à-dire des bavures au-dessous de
la tête, qui forcent-à faire les trous plus grands
et nuisent à la solidité de la pose. …
Ce. défaut -provient de ce que les tenaillés :
gu'emploïent les fabricans, ne joignent jamais bien.
‘M. LecowTE FI menuisier, à Metz,
TER MT
a exposé uû matelas élastique, composé de res-
sorts en bondins et pouvant remplacer ceux qui
sont en laine et en crin;. € genre de matelas
commence à être recherché. ..: à
M. Demsour , joaillier à Me,
est le seul de nos artistes en bijouterie qui : ait ex-
posé. ll est cité pour une couronne enrichie de
pierres Re , dont le travail parait soigné.
=, SECTION SIXIÈME,
| "RACE ET INSTRUMENS, BROSSERIE , CANKES ;
e | * ÉBÉNISTERIE. *
i
M. Carr, tourneur à Metz ; : d
a expos un tour en l'air trés-bien travaillé , dui
{a51)
porte une pièce à excentrique et un guide pour
la confècton des vis’ de tous pas. M. Ghaty donne
ce guide pour être de son invention. Cette pièce
est simple et a des avantages sur les vis diréc-
trices ordinairement employées,‘ .
La Société, considérant en outre que M. Cha
exécute avec précision tous les produits de’ son
art, lui décerné une médaille de brome )
dau. . CR
M. Frésez, de Metz,
a exposé une romaine de son invention : qui 1
nomme Levier-Hercule , et un, trébuchet très-
soigné et très-sensible. Il a été constaté à k phar-
macie de l’hôpital militaire, que ce trébuchet
accuse un six-centième de grain. Quant à la
romaine, elle est exempte des mconvéniens que
présente ordimairément cette sorte de machine :
l'usage en est fort commode. :
M. Frésez, déjà cité en 1823, pour une balance
à leviers coudés , mérite cette ue une ment
tion nor. MMA 1 Den
-
M. FRENT2, ébéniste : à Met,
qui en 1823 a obtenu une médaille oo. ve
classe, pour la perfection de ses feuilles de pla-
cage sciées au moyen d’une machine exécutée
par lui,a exposé cette année une jalousie mé-
sanique d'une construction ingénieuse.: une ma-
( 152 )
nivelle fait mouvoir deux chaines sans fin de
Vaucanson , et élève ainsi successivement. toutes
les feuilles ; il suffit de tourner un bouton , pour
les faire retomber instantanément , et de pousser
une tringle pour obtenir plus ou moins de jour.
Enfin, M. Frentz adapte aux montäns, deux
tringles pivotantes en bois qui, en serrant les
feuilles les unes contre les autres, change la ja-
lousie en un véritable volet et la maintient contre
les efforts du vent.
_ La Société ayant appris que divers proprié-
taires trouvent la jalousie de M. Frentz d’un bon
usage, décerne à cet artiste une mention ho-
norables |
M. Cou ;. charpentier, à Metz,
a exposé les dessins d’un pressoir qu'il a exécuté
à Lessy. La première idée de cette espèce de
pressoir est due à M. Jaunez, ancien ingénieur
de la ville de Metz. M. Collin y ayant ajouté
quelques perfectionnemens, mérite d’être men-
tionné honorablement.
M. BasTien ainé, serrurier à Metz .
reçut en 1823 une médaille de bronze, 2°. classe.
Cette fois il a exposé un soufflet à courant continu:
dont la tête est en fonte et qui présente quelques
_ dispositions nouvelles et avantageuses. M. Bastien
se propose d'établir une fabrique de divers objets
(153) ,
enfer, où À fera confectionner un grand node
de soufilets pareïls à celui qu'il présente et dont
les prix seront trés-modérés. |
La Société décerne à M. Bastien , une mention
honorable.
M. Humenr , horloger à Met ,
a a exposé un chronomètre exécuté d’après celui
de M. Lenormand, et marquant les minutes et
les heures.
La Société regrette que cet objet soit parveny
trop tard pour pouvoir être examiné.
M. Beni, fabricant d'instrumens de phy-
sique à Mét,
a exposé des thermomètres, des baromètres de
diverses espèces, et un alcoomètre. L'habileté
et les connaissances de cet artiste . le nombre et
la précision de ses produits méritent qu'il lui soit
décerné une médaille de bronze, 1°. classe.
Instrumens de musique.
, M. Leroy, de Metz,
a SE es plusieurs instrumens à vent:
1°, Une clarinette en si bémol, en ébène et
à tree clefs.
Cet instrument a été jugé bon et bien exécnté.
_ Une clef brisée sert à donner le la pl et
le la dièze.
20
(154)
2°. Deux flûtes: l'une en ivoire , à six clefs et
garnie en argent , l'autre en grenadine lies
également six clefs.
La flûte en ivoire, à laquelle M. Labs a donné
une perce qui lui est particulière, rend des sons
faciles, purs et moelleux. La flûte en grenadine,
fabriquée dans le genre des flûtes de prix de
Paris, n'a pas été jugée aussi bonne.
3°. Une petite flûte ou octave en ébène. Les
six clefs que porte cet instrument, sont plutôt
une difficulté vaincue qu’un résultat utile.
4°. Un flageolet d'orchestre en ébène, bon
et bien exécuté.
5°. Un basson à douze clef , dont trois ont
été ajoutées par M. Leroy qui a aussi apporté
quelques changemens aux autres. Cet instrument,
dont le doigté tout particulier exige une habitude
que tout le monde ne peut avoir, n’a pu être
essayé comme on l’aurait désiré. | ,
M. Leroy, qui a commencé par être un bon
musicien, est regardé comme l’un des meilleurs
fabricans d’instrumens à vent de province; et
la Société a vu en lui un artiste habile dont l’in-
dustrie doit affranchir la ville de Metz du tribut
qu'elle paye aux fabricans de Paris. Déjà les
musiciens de régimens, très-nombreux ici, trou-
vent auprès de lui toutes les ressources qu’ils
peuvent désirer , soit pour. des instrumens neufs,
(155 )
soit pour des réparations. - Il est à désirer que
MM. les amateurs, renonçant au préjugé trop
généralement et trop facilement admis, qu'on
ne fait rien de bon en province, mettent M.
Leroy, par leurs demandes, dans le cas de jouir
des. avantages: qu'il mérite. Ce fabricant garantit
ses instrumens ‘pendant .trois mois, et ses -prix
sont d'un tiers au-dessous de ceux de Paris.
.… La Société lui décerneune médaille de sui des
1" classe. ce | ..
M. Rerren , de Met,
qui a obtenu en 1823 une mention honorable
pour un très-bon piano , en a exposé cette année
un autre qui a été trouvé supérieur pour la netteté
‘ des sons et pour les accords. M. Reiter est un
excellent facteur d’instrumens à cordes, dont la
réputation n’est pas aussi étendue qu'il le mérite.
Cependant. il commence à être connu dans les
départemens voisins.
Cet artiste aurait obtenu une nouvelle he
tion, si la Société n’avait pas été forcée de fixer
le nombre des médailles. |
M. THarRioN, de Met :
a exposé un ‘harmonica à touches. Elles sont
disposées comme celles du piano.
(156 )
M. Care, luthier à Meur,
a exposé une guittare qui a paru bien confec-
tionnée.
M. HENRY, de Metz,
a exposé des cornets de chasse Hénin exécutés.
Ces instrumens sont fort recherchés. La Société
aurait décerné à M. Henry une distinction parti-
culiére, s'il eût fourni quelques renseignemens
sur sa fabrication : elle lui accorde une mention
honorable.
MM. Méro père et fils, de Metr,
ont exposé un grand assoitissement de brosses.
_ L'étendue de la fabrique de MM. Mélo, qui
emploient 100 ouvriers, la perfection de tous
leurs produits et la nouveauté des formes de quel-
ques-uns, rendent ces fabricans toujours dignes
de la médaille d'argent, 1°. classe , que la
Société leur a décernée en 1823. |
MM. Mony frères, fabricans de cannes, à Metz,
ont obtenu en 1823 une médaille de bronze,
1"°. classe. Depuis cette époque, ils ont non-
seulement perfectionné leur fabrication , mais ils
Pont encore augmentée de celle des crosses pour
parapluies et ombrelles, dont plusieurs modèles
sont sculptés avec goût. Tout ce qui concerne
( 157) |
ces articles se confectionne dans leurs ateliers,
où 5o ouvriers sont continuellement occupés.
MM. Mory emploient aussi des ouvriers externes.
Ils produisent au moins 200 sortes de cannes
et annuellement plus de {oo mille pièces et 5o
mille crosses de parapluies, pour lesquelles ils ont
de nombreux débouchés à l'étranger et à Paris
. ils ont un dépôt. Une médaille d'argent
°, classe , leur est décernée.
M. Picaon , marchand de meubles à Met,
a exposé un secrétaire d’un travail très-soigné. |
Cet échantillon des beaux meubles que M. Pichon
tient en magasin, prouve que ce fabricant sur-
veille avec soin les oùvrages qu'il fit exécuter.
Mais on a observé que le tiroir de la partie su-
périeure, dont la réunion au corps du meuble se
fait sur angle, ne peut présenter dans ses on-
glets, une solidité qui leur assure une longue durée.
M. Mauvars, menuisier-ébéniste , à Metz,
a exposé une porte ordinaire , des feuilles de pla-
cage , un cadre doré d’une construction nouvelle,
et une console qui sert en même temps de table
à jouer. Ces divers objets sont exécutés avec goût
el précision.
. M. Farvre, menuisier à Metz,
a présenté des règles et des équerres hien soignées
( 158 )
et très-justes , mais dont les prix pourraient être .
* moins élevés, si, comme cet artiste l'annpnce,
elles sont fabriquées à l’aide d'une machine. Nous
conseillons aux artistes l’üsage de ces mstrumens
qui méritent d’être mentionnés honorablement. |
M. GRAVE tourneur', rue des Capucins à Metz,
apr ésenté deux chaises en bois de cerisier d'une
parfaite exécution. Elles sont empaillées avec
le plus grand soin :. le dessous est aussi bien
soigné que le dessus. Le bois a un poli et un
lustre qui ne laissent rien à désirer, et chose
importante , le vernis qui le recouvre peut sup-
‘porter le lavage à l’eau chaude. L'une des chaises
a une forme toute nouvelle de l'invention de
M. Grave. Ce fabricant a formé à Trèves, de-
puis. sept ans, un second établissement d’où il
fait des envois à l'étranger.
La Société lui décerne une médaille debronse,
2°. classe.
M. GussE, tourneur à Metz,
a exposé deux chaises très-bien travaillées. La
Société lui décerne une mention honorable.
M. Braum et M. Micue , tourneurs à Metz,
ont exposé des chaises et des fauteuils qui sont
travaillés avec soin et solidité, mais qui pour
raient être mieux empaillés.
( 159 )
SECTION SEPTIÈME.
PAPIERS, IMPRESSIONS, RELIURE, €tC.
M. Gautier, de Mets,
a fourni d’amples renseignemens sur la fabrique
de papiers peints qu’il a achetée de M. Levasseur,
à la fin de 1822. On voit par ce mémoire que
cet actif fabricant est parvenu , en n’épargnant ni
soins ni dépenses, à se faire de nombreux cor-
respondans en France, à Paris même et à l’é-
tranger : ses Droduis sont exportés jusqu’ en
Amérique. Îls se montent, pour cette année, à
63 000 rouleaux et 2 000 devants ou dessuë de
cheminée, objet qu’on ne fabriquait pas à Metz.
M. Gautier confectionne tous les genres de papiers
peints et particulièrement le papier surfin irisé pour
lequel il obtint une mention honorable en 1823.
_ 11 fabrique aussi le velouté sur velouté de toutes
les dimensions. L’échantillon exposé peut faire
juger de la perfection à laquelle il a porté cette
production difficile et dispendieuse. C'est le com-
merce français qui lui fournit toutes ses matières
premières, et autant qu’il le peut, il les prend
dans notre département et dans Metz. Ses ouvriers
sont au nombre de 73 et presque tous de cette
ville. Ses prix sont généralement modérés.
( 160 )
M. Gautier mérite, pour l'extension qu'il a don-
née au commerce des papiers peints et pour les
perfectionnemens qu'il a introduits dans sa fa-
brication, une médaille d'argent, 2°. classe.
M. Dumouux , de Metz,
dirige une fabrique de papiers peints qui a aussi
une grande importance. Comme celle de M.
Gautier, elle exporte à l'étranger et jusqu'en
Amérique ; elle fournit douze détaillans de la
capitale. Les ouvriers au nombre de 60, sont
de Metz ou des environs. Les matières premières
proviennent en grande partie du département.
Les produits annuels se montent à 80 mille rou-
leaux environ, et ils sont livrés à 25 p. °4 au-
dessous des prix de Paris. |
M. Dumoulin a exposé un papier velours cra-
moisi d'une belle teinte, et des papiers irisés
d'une grande fraicheur. |
La roue lui décerne une médaille d’ar-
gent, 2°. classe. |
MM. Gautier et Dumoulin qui se se trouvent + obli-
gés de tirer leurs dessins de Paris , se sont ren-
contrés dans les vœux qu'ils nos pour que
les dessinateurs de Metz puissent désormais leur
en fournir. Cette industrie serait très profitable,
et leverait l'obstacle qui s'oppose aux progrès de
nos fabriques de papiers peints.
(16r }
M. Verronnais, imprimeur à Metz,
a exposé plusieurs 'ouvrages dont il est l'éditeur.
L'impression des’ petits ouvrages in-32 , relatifs à
à l'art militaire, nous a paru soignée ; ae fait
honneur à M. Vérone
Un registre des mouvemens de marchandises :
destiné aux négocians, est. d'une belle exécution:
les filets en sont parfaitement droits et parallèles.
La Société décérne une mention honorablé
a M. Verronnais.
M. DHERGLONVELLE , relieur à Metz,
a offert , par un livre d'échantillons , une preuve
de la solidité qu’il donne à ses rires et de la
modicité de ses prix..
SECTION HUITIÈME.
BEAUX ARTS.
M. Marécuar, de. a
a exposé deux portraits à à l'huile et un tableau
d'histoire représentant Job, dans lesquels se
montre un talent très-remarquable , bien que le
dernier soit le coup d'essai d’un jeune artiste qui
n’a peut-être pas apprécié toute la difficulté d'un
pareil sujet. Tout en reconnaissant que la dra-
perie qui couvre Job ne fait point assez sentir
21
( 162 )
le nu, et qu'on pourrait désirer que la tête de
ce vieillard füt un peu plus modelée, nous de-
vons louer la manière ferme dont quelques par-
ties sont traitées . le sentiment de résignation qui
règne daps la figure principale, la hardiesse avec
laquelle l'autre est dessinée , enfin la naïveté et
la simplicité. de l'exécution générale, qualités qui
semblent distinguer le pinceau de M. Maréchal.
La Société désirant encourager la culture des
beaux arts dans notre cité, décerne à M. Ma-
réchal, une médaille d'argent, 1". classe.
M. GRAvELOTTE, de Metz, élève de M. Dupuy,
a exposé un tableau dont le sujet est pris darÿ
la fable intitulée le Loup et lAgneau. Cette
copie fidèle d'un trés-joli tableau appartenant
à la ville, nous a paru digne d’une mention
honorable.
M. LasROUE, peintre à Metz,
a présenté plusieurs portraits en miniature, dont
l'exécution soignée et sur-tout la parfaite ressem-
blance, méritent les plus grands éloges. On re-
proche à M. Labroue un coloris tirant un peu sur
le violet ; il doit peut-être ce défaut à ce qu'il tra-
vaille trop sans avoir le modèle sous les yeux.
La Société lui décerne une mention hono-
rable. EL
( 163 )
M. Lousr, à Metz,
_a exposé Pa tableaux de fleurs à la gouache,
qui présentent une vivacité de couleurs et un fini
trés-difficiles à obtenir dans cegenre.
M. Dernance, de S'.-Julien., près de Meu,
a présenté des fleurs à laquarelle , qui nous ont
paru peintes avec soih et fidélité.
M. Lasmoue mère, à Metz.
Les esquisses de cette dame sont remarquables
par le piquant et l'originalité de la composition.
M. Monrranr , de Metz,
à envoyé des ds qui, étant arrivés wop
tard, n’ont pu être examinés. Er
M. Denis, sculpteur à Metz,
areçu en 1823 une médaille de bronze, 2°. classe.
‘Il paraît digne dé la même distinction cette année-
ci, pour des ornemens d'architecture en terre .
cuite, bien exécutés et à bas prix. La matière
-est d’une dureté qui surpasse celle du mastic
de M. Beunat.
M. Denis a présenté aussi des bas-reliefs et
des statues pour les jardins. Les proportions pour-
raient ÿ être mieux observées; mais peut-être |
ce défaut provient-il du retrait mégal que prend
en séchant la terre employée.
(.164 )
Enfin, le même artiste a exécuté récemment
sur des maisons particulières, des bas-reliefs en
pierre, auxquels les connaisseurs accordent du
mérite. : : : :
M. Jacquin , employé chez MM. Mory frères,
a exposé un christ en ivoire... dont l'exécution
est soignée; elle dénote dans cet ouvrier une
longue habitude de la sculpture ; il ne lui manque
que des connaissances théoriques et l'étude des
beaux modèles. pour devenir un habile-artiste.
M. Macue, de Metz , graveur à Paris.
M. Mague, élève de M. Dupuy, n’oublie point,
quoiqu'il exerce ses talens sur un grand théâtre,
que c’est à Metz qu'il a fait les premières études
de son art : il a envoyé à l'exposition une gra-
vure dont les hachures sont d’une. hardiesse et
d'une pureté remarquables. Nous ne pouvons que
mentionner. honorablement ce. jeune ‘artiste,
déjà si habile, puisqu'il n’habite plus notre dé-
partement. | |
M. Demsourcet M. Toussainr, graveurs à Metz,
ont exposé, le premier des cachets.et des plan-
ches de machines ; le second des adresses et une
calligraphie de M. Scheid. Tous ces objets sont
fort bien gravés. On a: bien remarqué quelques
( 465 )
erreurs de perspective dans les planches de ma-
chines , mais il est probable qu elles his)
des dns originaux.
La Société juge ces deux habiles. artistes tou-
jours dignes des mentions honorables qu'ils ont
obtenues en 1823. |
M. Remaun , horloger à Thionville, ;
a exposé des € gravures en taille douce, représen-
tant des monnaies de Metz et du royaume d’Aus-
trasie. Ces gravures qui font partie d’an ouvrage
de numismatique de notre collègue M. Teissier,
sous-préfet de Thionville, doivent être jugées
avec nan , puisque M. Renaud déclare
qu'il n’a jamais eu de maitre. Le mérite du burin
‘de cet artiste consiste dans la fidélité avec laquelle
Hd a représenté les monnaies qui ont servi de mo-
dèles.
M. Hussenor, graveur sur bois à Metz,
a exposé des planches dont les sujets pourraient
être mieux choisis, mais dont buis aus est très-
remarquable.
La Société le juge digne d’une mention re
norable, comme en 1823.
MM. Dupuy et TAvERNIER , ne
graphes à Metz,
ont donné une. grande extension à leur litho-
graphie : deux presses sont maintenant en ac-
*
( 166 )
tivité constante, et pour sufhire aux commandes
qui sont faites, tant de Meiz que de divers. dé-
partemens voisins, le nombre des dessinateurs
va être doublé.
Parmi les lithographies. exposées, on remarque
surtout une planche représentant des ruches
d’abeilles , des portraits fort ressemblans et des
figures de géométrie qui approchent beaucoup
de celles que produit la gravure. Jusqu'à présent
la lithographie n’avait pas encore , en province,
offert une aussi grande pureté dans les lignes fines.
La Société applaudit aux succès de MM. Dupuy
et Tavernier, et déclare qu'ils obtiendraient une
des premières distinctions s'ils n'étaient pas. au
nombre de ses membres agrégés.
Telest, messieurs, le résultat de nos travaux.
Isauraient pu avoir plus détendue, si plusieurs fa-
bricans et plusieursartistesn'avaient pas tardé trop
long-temps à exposer leurs produits ou à nous
‘fournir les renseignemens dontnousavions besoin,
et si l'on ne s'était pas abstenu de nous adresser
les produits de plusieurs branches d'industrie.
Notre département verse annuellement près
de 1 500 000 aunes de toile dans le commerce ;
il eût été important de faire connaître cette fa-
brication qui entretient l’aisance dans les cam-
pagnes. | | a |
6 167 )
Nous serons , messieurs : assez récompensés de
nos soins , si vous daignez honorer notre travail
de votre approbation; et nos vœux comme les
vôtres seraient comblés, si cette fête de l'industrie
donnait une nouvelle ardeur à nos artistes et
à nos fabricans, pour leurs utiles et honorables
travaux. a
( 168 )
PPS SEINE SRE NE SPP
CICULAIRES
Adressées par la Société à MM. les Fabri-
cans et les Artistes du département de la
Moselle. - |
MonsIŒur,
Uxe exposition des produits de l’industrie dé-
partementale eut lieu à Metz en 1823, par les
soins de la Société des lettres, sciences et arts,
et d'agriculture. Elle a prouvé que les ressources
industrielles de notre département étaient dès-
lors bien au-dessus de l’idée qu’on s’en faisait. La
Société, tout en voulant se tenir dans une sage
réserve, reconnut tant d’inventions utiles, de
fabrications nouvelles , de perfectionnemens dans
les anciennes, de produits excellens, quoiqu'à
des prix modérés, qu’elle fut entraînée à dis-
tribuer 10 médailles d'argent de première classe,
10 médailles d'argent de deuxième classe, 11 mé-
dailles de bronze de première classe, 11 mé-
dailles de bronze de deuxième classe, et à faire
un grand nombre de mentions honorables. Ce-
pendant le projet d’instituer une exposition à
Metz, n'avait précédé que de deux mois l’épo-
(169 )
qué où se fit celle de 1823. Un grand nombre
de nos artistes et de nos fabricans regreitèrent
vivement que le temps leur eût rDanqué ; et
presque tous exprimèrent le. désir qu'une nou-
velle exposition vint promptement les mettre à
même de faire connaître complètement au pu-
blic l'étendue et les résultats de leurs travaux.
Pénétrée des avantages que les expositions pro-
curent à l’industrie et au commerce ; et de l'in-
fluence qu’elles exercent sur la (rtane et le
bonheur des peuples , la Société académique de
Metz désire répondre en 1826 au vœu de MM.
les manufacturiers et de MM. les artistes. Ce
projet a reçu la sanction de M. le préfet de la
Moselle et de M. le maire de Metz, qui se mon-
trent toujours favorables aux entreprises propres
à faire croitre la prospérité de leurs administrés.
La Société a donc l'honneur de vous prévenir,
Monsieur, qu’au mois de mai prochain, pendant
la foire de Metz, les produits de l'industrie se-
ront exposés dans les salles de l'hôtel de ville.
Elle espère que vous contribuerez à donner de
l'importance et de l'éclat à cette solennité, en y
présentant quelques-unes de vos Po don
Vous voudrez bien vous rappeler, Monsieur,
que la Société, loin de demander de véritables
chef-d'œuvre fabriqués à grands frais, désire au
contraire qu'on lui envoie les produits habi-
| 22
(179 )
_tuels, tels qu'ils sortent des ateliers pour. être
livrés au commerce, et qu’elle regarde les objets
d’un usage commun et général, comme méritant,
quand ils sont bien.fabriqués et à bas prix , autant
d'intérêt pour le moins que les produits précieux.
Un rapport sur les.objets. présentés sera lu dans
la séance générale que tiendra la Société pen-
dant l'exposition. Ï} sera ensuite imprimé.et ré-
pandu dans le public. À la mêtne séance, on
décernera les médailles d'encouragement...
En publiant un rapport, la Société. a. pour
but, non-seulement de rendre hommage à l'in-
dustrie , mais encore de réunir les élémens d’une
statistique industrielle du département. Vous.sen--
tirez sans doute , Monsieur, tout ce qu'un. .pareil
projet. reuferme d’utile pour le commerce et les
manufactures, et vous ne refuserez ue de con-
courir à son. exécution.
Nous avons, Monsieur , l'honneur de vous sa-
luer avec considération.
Metz, le 15 septembre 1025.
. BERGERY, Président. |
PONCELET > TAILLEFERT, Avspacx, Emile
BoucHoTTE, AlMé , Graver, Dupuy, Membres
_de la commission chargée de.tout ce qui con-.
cerne l'exposition,
DEVILLY, Secrétaire.
ALL
SECON DE CIRCULAIRE.
… Monastr,
: Nos avons eu l'honneur de vous adresser re
lativemient à l'exposition de 1826, une premiére
cirèuläire en date du 15 septembre 1825. Celle-ci
a pouf but principal de vous donner tous les ren-
seignérnens qui vous sont nécessaires, si comme
“ous n’en déutons pas, vous voue concourir à
cette solennité,
‘Les formalités que vous aurez à à temple, se
réduisent à deux: |
1°. Adressér vos envois frants de port, du
6 au 20 avril préchain , aù concierge de l'hôtel
de ville, soit directement, soit par l'éritremnise
don correspondant ;
3%. Joiñidre À éës envois une note indiquant
les produits éxpédiés ét’ le prix de chacun.
L'exposition aura lieu dans les grandes salles
de hôtel de ville. Elle commencera le 1°".
mai, er même temps que k foire dé Metz, et
séra close le 15 par là séance publique, dans
laquelle la Société fera lire le rapport sur les
( 172 )
objets exposés, et décernera les médailles d'en-
couragement.
‘Soyez assuré , Monsieur , que le plus prié soit
sera pris de tout ce que vous présenterez, et qué
remise fidèle vous en sera faite aussitôt après a
clôture de l'exposition. Vous pourrez au reste
surveiller vous-même vos produits ou les faire
surveiller par quelqu'un de confiance.
La Société recevra avec reconnaissance , tous
les renseignemens que vous voudrez bien lui
donner sur votre fabrication , mais elle ne vous
prescrit rien à ce sujet. Toutefois. elle croit de-
voir vous prévenir qu’elle ne pourrait vous citer
qu'avec beaucoup de réserve ; si elle n’obtenait
pas les documens suivans :
1°. Époque du premier établissement ; exten-
sion, perfectionnemens, état actuel des travaux,
accroissement qu'ils peuvent encore recevoir ;
2°. Nombre des ouvriers employés, et leur
origine ;
3°. Lieux d'où se tirentles matières premières;
quantité annuellement consommée ; quantité des
objets fabriqués et livrés au commerce;
4°. Lieux de dépôt et prix de vente.
: Veuillez donc faire remettre avant le 20 avril,
à M. Renault, secrétaire-archiviste, place Chappé,
n°. 3, une notice qui réponde à toutes ces
questions. |
(173)
Nous avons, Monsieur , l'honneur de vous sa-
luer avec considération.
Metz, le 1°. mars 1826.
BERGERY , Président.
PonœEuET ) TANLLEFERT : AnsPACH , Emile
Boucuorte, Aimé, Graver, Dupuy, Membres
de la commission chargée de tout ce qui con-
cerne l'exposition.
RENAULT, Secrétaire-Archiviste.
(1734 )
PROGRAMME.
Des questions proposées | par la Société À
pour les concours de 1827.
PREMIER PRIX. (Ada d’or de Bon fr. )
Déterminer la sbuibe que Soie une eau
courante, en amont d'un barrage.
Liosoces barrage établi au travers d’un cours
d'eau, n’interrompt pas l'écoulement. la surface
du liquide supérieur n’est plus de niveau. Elle
présente une courbure telle que si on la coupe
par un plan vertical parallèle à l'axe du lit, la
section est une courbe dont la convexité se trouve
tournée vers la terre, qui s'élève continuellement
à mesure qu'elle s'éloigne du barrage , qui est:
touchée à son extrémité inférieure par une ho-
rizontale, et qui a pour asymptote la ligne de
pente primitive. On propose de déterminer par
expérience et dans le cas le plus’ simple, la
forme de cette courbe. Ainsi, les concurrens sup-
poseront que le cours d’eau présente la même
section transversale et la même pente dans toute
( 195 )
sa longueur. Mais ils devront considérer diverses
sections transversales. et diverses pentes. lier au-
tant qu'il sera possible, . les résultats de Pexpé-
rience par la théorie, et fournir au. moins des
formules d’une facile application.
DEUXIÈME PRIX. (Médaille d'or de 200 te.) L
Aucun des mémoires présentés. en 1826 sur
la question suivante, n'ayant: obtenu le. lis 3 la
société la propose. de nouveau.
Quel est le système d'études publiques le
plus propre à rendre la France riche et
_ Puissante! P |
Un peuple, rival . la France, s'efforce de
rendre vulgaires les principes et les méthodes
des sciences : il a senti que l’industrié est le prin-
cipe vital des nations, et il a reconnu que lin-
dustrie doit aux sciences sès plus grands moyens.
Mille faits nous montrent que sa richesse et sa
puissance, on pourrait même dire son bonheur,
croissent progressivement à mesure qu'il s'éclaire.
En est-il de même pour là France? Le système
actuel des études littéraires et scientifiques peut-
il la mettre en état de s’éléver au niveau de
lAngleterre? Ne reitreint-il point l'extension de
l'industrie? Est-il propre à former l’ouvrier , l'ar-
tite, l'agriculteur, le commerçant et le manu-
_ (a76 )
facturier? Peut-il fournir à ces hommes, qui sont
la vraie force des états, toutes les connaissances
dont ils ont:besoin? Doit-on substituer à ce sys
tème, qui nous.a fait sortir de la barbarie et qui
nous a maintenus si long-teraps à la-tête de Ja
civilisation , un autre système moins littéraire et
plus scientifique? Les moyens intellectuels de l’en-
fance permettent-ils de le faire? Dans le cas de
l'affirmative , quel devrait être le programme gé-
néral de l’enseignement? Quel devrait être le
_ programme particulier de chaque année d'étude,
l'enfant étant pris au moment où il sait lire,
écrire et compter? Quels seraiént enfin pour toutes
les classes de la Société , relativement aux mœurs,
à la fortune-et au bodlieur., les résultats probables
du système scientifique ?
Telles sont les questions principales que les
concurrens auront à résoudre , en observant tou-
tefois que l’éducation religieuse et politique
doit être conservée telle qu’elle existe aujour-
d'hui dans nos collèges, et que la littérature
nationale est une partie essentielle des -études,
chez un peuple appelé à discuter ses lois.
La Société propose encore aux recherches
des hommes instruits et observateurs, plusieurs
sujets d’un intérêt particulier au département de
la Moselle.
(Ci
Littérature, Archéologie, Histoire. |
1°. Examen raisonné des monumens Gaulois ou
Romains , du moyen âge et des temps postérieurs,
tant de ceux qui sont déjà connus. que des
nouveaux qu'on pourra découvrir.
2°. Tableau des changemens successifs qu’a
éprouvés la ville de Metz dans son étendue, son
emplacement , son enceinte , la direction de ses
rues: disposition des édifices, leur destination,
leur plan, l'époque et le mode de leur. cons-
truction, etc. |
3°. Description des mœurs, des coutumes,
des usages, des instrumens, de la manière de
se nourrir et de se vêtir, etc. des anciens ha-
bitans de ce pays.
4°. Notions sur leur La à différentes € épo-
ques, et sur les ouvrages écrits dans cet idiome.
5°. Tableau de l’état des sciences et des arts
dans le pays messin, depuis le douzième siècle,
jusqu’au seiième inclusivement, établi d’après
les monumens et les faits tirés de Fhistoire ou
des chroniques. |
6°. Notices biographiques su sur ceux des hom-
mes du pays messin qui se sont illustrés dans les
sciences, les lettres, les arts, etc., etc.
Géologie, Topographie, Statistique.
7°. Gisement des minéraux et des fossiles, —
23
,
( 178 ) |
Carrières de pierres à bâtir. — Carrières d’albâtre,
de pierres propres à la lithographie, etc. , etc.
8°. Rectification des cartes topographiques,
soit par de nouveaux plans plus exactement levés.
soit par le signalement d'erreurs anciennes. —
Hauteur exacte des montagnes au-dessus du ni-
veau de la mer et du lit de la Moselle. — Étendue
des plateaux et des plaines, pente des coteaux,
largeur et inclinaison des vallées, etc., etc.
9°. Nature des terrains et des richesses mi-
nérales qu’ils peuvent renfermer. — Leurs qualités
productives. — Plantes sauvages ou cultivées
qui y croissent. — Animaux qui s'y nourris-
sent, etc., etc. —— d.
10°. Description des beaux sites du départe-
ment de la Moselle, avec l'indication de tout
ce qu'ils offrent d’intéressant pour l’histoire na-
turelle et pour l'archéologie. Il conviendrait d'y
joindre des dessins représentant les vues les ee
remarquables.
Industrie, Commerce, Agriculture. .
11°. Serait-il avantageux de former à Metz
une association quis’occupât de fouilles à la sonde?
Quelles données pourraient faire présumer la
réussite de cette association, dont plusieurs mo-
dèles existent en Allemagne, et quels seraïent
les moyens de l’établir.
( 179 )
12°. Examiner lequel pourrait être le plus avan-
tageux dans ce pays, de retirer le gaz propre
_ “à l'éclairage, ou de la houille ; ou des PR
‘oléagimeuses. : :
13°. ME RATRR di: et précis sur ls
-moyens les plus propres à économiser le com-
bustible dans les divers usages domestiques, et à
‘préserver les appartemens de la famée. -
1 14%. Mémoire sur les améliorations que ré-
qu
clament. dans l’ancienne Lorraine, la culture
- «du En et du chanvre, leur à sh nn et la
* : fabrication des toiles.
15°. L'agriculture doit-elle préférer les bœufs
aux chevaux, sous les rapports du travail, du
nombre , de la nourriture , de la quan du fu-
-mier et de son onde. |
‘16°. Mémoires sur la vigne. tes
sur l'incision annulaire et sur l’incision longitu-
‘dinale : comparaison de ces deux procédés. —
Noms de toutes les espèces de vigne cultivées
dans le département de la. Moselle, avec: leurs
synonymes : anciennement. smclond dans nos
‘vignobles ou maintenant en usage dans les autres
"contrées de la France. — Description complète
dé chaque espèce de vigne, selon la méthode
des, botanistes; indication de. l'épaisseur de la
peau des grains, du nombre des pepins, de la
couleur, de l'odeur et de la douceur du jus. —
,
{ 180 ).
Origine dés diverses espèces de vigne ;. modes
de croissance ; résistance à la gelée ; époques et
durées des floraisons ; exposition et sol convena-
bles; influence des engrais; faits qui ont èu lieu :
| dans nos contrées, touchant la dégénérescence des
| vignes de bonne espèce où de grosse race ; ap
préciation de leur certitude ; recherche de
causes. — Quelles sont les noitas d vigne qui
-méritent uné préférence absolue où seulément
relative. — Les vigries du pays messin sont-elles
plus souvent gelées et produisent-elles. moins
qu'autrefois. Si ces changeméns ont eu ei à
quoi peuvent-ils être attribués. |
17°. OEnologie. Abrégé manuel sur Les
moyèns les meilleurs et les plus économiques
de faire le vin en couvrant les ciwes. —
-N’existe-t-il pas un. moyen de donner aux vins
“blancs du pays messin des qualités et une appa-
rence qui approchent de celles des vins de
Champagne (*):
-18°, Etablir en grand fa hu du prunier
dont le fruit est connu sous le nom de Qwetches,
et la préparation des pruneaux provenant de ce
(*) Il est de fait qu'on expédie pout la Ghampagne, une
grande quantité de nos vins blancs, et que plusieurs proprié-
taires parviennent à leur douner, dans certaines années ,
qualités qui approchent assez de celles des vins de Champagne.
La même observation a lieu pour les vins du Rupt-de-Mad et
de la on
( 181 )
fruit. Cette culture présente un double avantage
au pays, puisqu'on y est dans PAADIQUE de dis-
uller les qwetches. |
La Société accordera des médaille d'encou-
ragement ou le titre d’ Associé- correspondant
aux personnes qui lui enverront des mémoires
satisfaisans sur ces sujets : elle en fera ressortir
le mérite dans son Compte-rendu annuel, en
le laissant tout entier à lanteur.
Ces prix et cés médailles seront décernés, s’il
y a lieu, dans la séance générale de mai 1827.
Les mémoires devront être adressés francs de
port, avant le 151 mers 1627, à M. Brncer, Deere
taire de la Société. |
Les auteurs auront soin de ne pas se faire cort-
naître ; ils mettront seulement une sentence ou de-
vise à leur mémoire, et ÿ attacheront un billet
cachété qui renfermera leur nom et leur-adrésse.
Ce billet ne sera ouvert par la Société, que dans
le cas où le mémoire aurait remporté le prix ou
obtenu un encouragement, |
‘Cependant, pour tout ce qui concerne el’agricul-
ture, ou pour tout ce qui doit être confirmé par des
expériences, l’auteur devra se. faire connaître à la
Société, afin qu'elle puisse s'entendre ‘avec lui
pour constater les résultats.
Le-Secrétaire de la Société ; ;
BERGERY.
( 182 )
| SDINNE IS PIS ICT PISE IT PT ISTT ENT
“TABLEAU
De la Société au 15 mai. 1826.
BUREAU POUR L'ANNÉE 1826-1897.
Président, M. Renauzr.
Vice présid., M. Dosquer. | Secrét.-Arch., M. Banpix.
| | Secrétaire , M. BanGuny. Trésorier, N M. Wouazo.
MEMBRES TITULAIRES.
ANSPACH, secrétaire de la Société Fe mu-
_ tuelle contre l'incendie.
BARDIN , ancien élève de l’école iii , pro-
fesseur de fortification à l’école royale d'artillerie.
BERGERY, ancien élève de l’école polytechnique, an-
_ cien capitaine d'artillerie, chevalier de la légion d’hon-
neur, et professeur de mathémathiques à l’école royale
d'artillerie. ,
BOUCHOTTE (Charles) ; ancien colonel d'értillerie x
_ chevalier de la légion d’honneur.
. BOUCHOTTE (Emile), propriétaire.
_CAILLY, ancien élève de l’école polytechnique, chef
de bataillon d'artillerie, commandant l’école de py-
rotechnie militaire, chevalier de St.-Louis, officier
de Ia légion d'honneur.
\
| ( 183 )
CHAMBILLE, propriétaire. ;
-CHAMPOUILLON, professeur de a anciennes.
CHAUMAS, docteur en médecine et ar des’
hôpitaux dvils. ,
CHEDEAUX ,» Conseiller du Roi | au cal du com-
merce, et président du tribunal de commerce.
COSTE, ancien élève de l’école polytechnique, or
taine ‘d'artillerie.
DOSQUET, chef de bureau à la préfècture, de Ia Moselle.
‘GENTIL, manufacturier. .
GERSON- -LÉVY, libraire, ancien profssour de lan-
gues orientales.
GORCY, officier de la légion d’honneur, idermtais
en chef d'armée , ancien médecin en chef de l'hôpital
militaire Pie membre de Dee sociétés
savantes. |
LEMOYNE, ancien élève de l'école Se in-
génieur des ponts et chaussées.
MACHEREZ, professeur de langues.
MOIZIN , docteur en médecine, chevalier de la légion
d'honneur, professeur à l'hôpital militaire d’instruc-
tion, membre de plusieurs sociétés savantes.
MUNIER , ancien élève de l’école Lun: , api
taine d'artillerie. |
MUNIER, professeur de langue fencaisée |
PONCELET, ancien élève de l’école polytechnique, ca-
pitaine du génie, chevalier de la légion d’honneur, et
professeur de mécanique à l’école d’ application de
l'artillerie et du génie.
RENAULT, propriétaire.
SAVART , artiste en instrumens de mathématiques de .
l'école d'application de l'artillerie et du génie.
TAILLEFERT, ancien élève de l'école polytechnique,
\
(184 )
capitaine d'artillerie, inspecteur de la poudrerie.
chevalier de St.-Lonis et de la légion d'honneur.
_ THIEL, professeur de seconde au cobége royal,
VALLETTE, avocat.
WOISARD, ancien élève de l’école Eee :
répétiteur de bd à à l’école es d’ar-
tillerie. . |
| TITULAIRES ABSENS.
MM.
CARRÉ , docteur en médecine, de nn au 2°.
régiment de chasseurs à cheval.
GROUSSE, avocat, à Paris. |
CULMANN, y ancien élève de l’école niv ; -
capitaine d’artiil., chevalier de la légion d'honneur.
EMMERY (le An , pair de France.
HERPIN, membre de L'uS sociétés savantes, à
Paris.
OLIVIER, ancien élève de l’école ratcinique ) pr
fésseur: à Stockolm.
SAVART fils, ancien élève de Fécole polytechnique,
capitaine du génie.
SERULLAS, chevalier de la légion d'honneur, phar-
macien en chef et premier professeur de l’hôpital mi-
litaire du Val-de-Grâce, à Paris.
SIMON fils, juge au a tribunal de pramide fstance, à:
Vo |
AGRÉGÉS.
MM.
AIMÉ, conservateur des modèles de l'école de l’artil-
lerie et du génie.
( 185 )
DUPUY, pris de Pécole re de dessin de
la ville. D .
FAIVRE, peintre en miniature. :
GLAVET, serrurier-mécanicien,
HISETTE, ciseleur-graveur et serrurier-mécanicien.
NAUD, peintre, professeur de dessin. |
PIERRON fils, menuisier.
SÉGARD, garde du. génie. °°
TAVERNIER, professeur-adjoint des levés et recoh-
naissances militaires à l’école de RARE et du Hi esne:
| Mrmngs HONORAIRES Hi.
Qui, ; en vertu des réglemens ; font parkié dé la Société,
comme e'viembres de Fancienne Aradémie “ cu:
CESSAC (Lacuée) (le comte . ” _— de Acad
mie française, à Paris. |
GRÉGOIRE (le comte), ancien es de Blois, à Paris.
RŒDERER es comte), ancien Tr. à Paris.
Maures HONORAIRES.
pénet MM. ec
ARAGO, officier de la légion d'honneür , ur de
_ Pinstitut, à Paris. e
BALSAC (le baron de), préfet du département de l
Moselle.
BEAUFORT-D'HAUTPOUL (le marquis de), officier
de la légion d'honneur, chevalier de ue. eu ; colo-
nel du génie, à Metz.
CADET, de Metz, ancien président de la Société phi-
lotechnique , à Paris.
24
( 186 )
CUVIER (le baron), conseiller. d'état secrétaire per-
pétuel de l’Académie des sciences, à Paris. :7
DEGERANDO le baron); conseiller: d'état, membre
de l'Académie des ré er di à
Paris: D ne Fe ir Sp set ee des
DUPIN Chess) ke baron};: BEN ‘de l'Aradémie
royale des sciences de l'institut, ete., à Paris. -:
MALEVILLE (le comte de),:pair.de Franca ;: premier
président de la cour royale d'Amiens, ancien premier
président de celle de Metz: .:. . :.
MOLARD, chevalier de la légion d’honneur, mem-
bre de l’Académie des sciences, à Paris.
PERCY (Île ‘ baron), : commandant de la légion d’hon-
neur; membre de d’ Académie. das sciences, à Paris.
SÉGUR (le comte de) » pair de France, & membre de
l'Académie française, à Paris. .
SERVOIS, conservatœur du tivisde central : et royal :
d’artillerie, à Paris. ES
SILVESTRE: DE SACY, dr, de Pâcadémie des
sciences, à Paris de 2
TOCQUEVILLE (le comte . , officier de la Légion |
d'honneur, préfet du département de la Somme.
TÜRMEL (de), chevalier de St.-Louis,- officier de la
légion d'honneur, maire de Metz, payens général de
la guerre, membre de la chambre des Députég,..;:;
VIVILLE (de) chevalier de la légion d'honneur, secré-
taire ES de la préfecture. repntes
: RS RCE
. || AsSOGIÉS-CORRESPONDANS. eu .
MM.
ADRIAN, docteur és lettres, à Francfort: ‘11:
ALTEMAYER (Nicolas), négociant , à Saint-Avold.
( 187)
BENOIST , ancién professeur à l'école royale d'état-
, major, collaborateur du bulletin universel des sciences
et des arts, -à Paris. | :
BERGÈRE, chef de bataillon du génie , à Paris.
BERR (Michel), homme de: lettres, membre de di-
.’-verses: dociétés savantes, à Paris.
BRACONNOT, professeur d'histoire naturelle, à N ancy.
CAEMMERER, directeur des, postes, à Longwy.
CAUMONT (Ds), ‘professeur. de. maboématiqies au
collége de Nancy. .
CHANLAIRE, régent de Aire, à Blois.
CHEVALIER , ingénieur-opticien du Roi, à Paris.
GOCHARD, ayocat, Li de le Société d'agricul-
ture de Lyon.
COLCHEN (le comte), pair de Fo: à Paris.
DELARUE,: phérmicien, à Evreux. . .
DEECASSO, professeur d’éloqience, à Thionville.
| DECO: sécrétaire de la Société d'émulation de
Cambray. oo
DEVÈRE, capitaine di male ; à Nos
DUPRÉ, docteur en médecine, à Brienne-le-Château.
FABRÉ,PALAPRAT, docteur en médecine , directeur
général de.la Société. médico-philantropique, à Paris.
GABGAN. (5e), ingénieur des mines. |
HALDAT , docteur en médecine et secrétaire de lP'Aca-
démie de Nancy. |
HUOT,;, homme de lettres, à Paris.
JAUNEZ , ancien ingénieur de la ville de Metz, à
Scy près de Metz.
JULIA , docteur en médecine et professeur de chimie à
Narbonne.
JULLIEN, directeur de la Revue eneycopéique, à
Paris. :
( 188 )
LADOUCETTE (le baron), président de la' Société
des antiquäires de France, à Paris.
LAIR, conseiller de préfecture, à Caen.
LALEEMAND, de Mets, professeur de clinique chirur-
+ gicalcet chirürgien en chef de l'hôpital de Montpeltier.
LAMBEL (le baron de), colonel du génie ; chevalier de
St.-Louis, officier de la légion d'honneur.
LANGLAIS, peintre, à Rouen.
LARCHE, docteur. en médecine, à Paris.
LEGUEVEL pe zA COMBE, chirurgien-major.
LÉVY jeune, professeur de nabénitaues à Rouen.
MARIE-DUMESNIL, à Paris. .
MÉRGAUT, docteur en médecine, à de
| MICHELOT, de Paris, élève de Pécole-polytèchnique.
MONTFERRIER (le marquis de), à Paris.
NANCY, chef de bataillon d'artillerie, à Paris.
NICOT, professeur de rhétorique, à Montpellier.
NOEL, professeur des sciences physiques et LE
matiques à l’athénée de Luxembourg.
PAIXHANS, de Metz, lieutenant-colonel d'artillerie.
PAJOT-LAFORÊT, docteur en médecine, à Paris. -
PERRIER , professeur de littérature, à Paris. -
‘PIÉRARD, capitaine du génie, à Thionville.
PONCE, graveur du cabinet de S. A. R.. Monsetts
à Paris. É
RIESTELHUBERT, does en ins: à Staboure.
SAVART (Félix), de Metz, professeur, à Paris.
TEISSIER, de Metz, chevalier de la. légion PR
sous-préfet à Thionville.
TERQUEM, bibliothécaire du dépôt central d'artillerie »
à nr “os
Mn°. TASTUÜ (Amable), nicibeé de la Société lin
néenne, à Paris. D
(18)
THOMAS (le baron), our à en retraite,
‘à Ars-Laquenexy.
THOUVENEL, doteuren médecine, à Pont-à-Mousson.
VARLET,, docteur en médecine; à Strasbourg.
VINCENT, professeur de mathématiques au Det
royal de Reims.
WITTEMBACH, professeur, à Trèves.
WORMS, de Metz, professeur, à Carlsruhe.
1
(190 )
D Le -
‘TABLE
Des pièces contenues dans ce recueil.
D iscours de M. Bercray, président, pag. 3
Compte-rendu des trayaux de la Société pendant
l’année 1825-1826, par M. RenauIT, secré-
@ire-archiviste,
Rapport sur le concours des charrues, par M. le
capitaine Munrer,
Rapport sur le concours littéraire, par M. Tuer,
Rapport sur l’exposition des produits de l’industrie
départementale, par M. Ansracu,
Circulaires relatives à l’exposition,
Programme des questions proposées pour_1827,
Tableau de la Société au 15 mai 1826,
FIN DE LA TABLE.
20
SOCIÉTÉ
DES oo
LETTRES, SCIENCES ET ARTS,
ET D'AGRICULTURE
METZ.
EXPÉRIENCES |
FAITES
SUR DIFFÉRENTES CHARRUES,
EN OCTOBRE 1820.
METZ,
LAMORT, IMPRIMEUR DE LA SOCIÉTÉ.
NOVEMBRE 1626. ;
CS
Le
LA
SRE PERRIER ARRETE
| RAPPORT
SUR
LES (CONCOURS DE CHARRUES
QUI ONT EU LIEU EN O€TOBRE 1826,
Par M. MUNIER, CAPITAINE D’ARTILEERIE.
Morseur Léonard , charron à Courcelles
Chaussy, ayant apporté lie modifications à
la charrue qu'il a présentée au dernier con-
cours (© > proposa à la Société des. oies ,
(*) La chaîne qui réanit l'age à l'avañte-tsaià a ét Les hé
presqu’horicontalement.
Les roues de l’avant-train ont été plus écartées qu'elles ne-
l'étaient d'abord, de sorte que la cherrue n'est plus versante.
Les boîtes de roue sont en fonte de fer, l’essieu en fer, et les
petits bouts des moyeux sont garnis de boîtes en fer qui servent
de frettes et qui présérvent les extrémités de l’essieu.
Le coutre a été placé à 17 lignes sur la gauche de la pointe
/ du soc, afin que la face gauche de la raie ne s'écrête pas.
Le soc peut s'enlever facilement quand on vent le rebattre;
‘à cet effet il est maintenu par une bride à l'aide d'une vis
seulement. Enfin, le versoir a été modifié et délardé dans sa
partie Sustéiente et inférieure , afin d'offrir moins de résistance
à la terre retournée.
Cette charrue coûte 100 fr, avec avant-train et 52 fr. sans
ayant-train,
(4)
sciences et arts, et lire de Metz, d’être
juge dans un nouveau concours qu'il allait faire
annoncer dans les journaux du département de
la Moselle. La Société accédant à la demande
de M. Léonard, dans le but d'éclairer de plus
en plus les agriculteurs sur la meilleure charrue
. à employer, nomma pour procéder auxdites ex-
périences, une commission composée de MM.
Bouchotte (Emile), Woisard, Lallemand,
Herpin et Munier; mais M. W. oser n'ayant
pu se rendre à Courcelles, il a été remplacé par
M. Chambille. :
La commission s’est transportée à à Courcelles
Je 2 octobre, jour indiqué pour le coucours.
Aucune autre charrue que celle de M. Léonard
n'a été présentée ; mais la commission avait em-
mené avec elle une charrue de M. de Dombasle
appartenant à M. Emile Bouchotte, afin de la
“faire labourer comparativement avec celle de M.
Léonard, dansle cas où M. de Dombasle n’en
‘aurait pas lui-même envoyé une au concours;
_de sorte que les expériences comparatives ont
porté sur ces deux charrues et sur celle qu'on
emploie ordinairement à Courcelles. |
On a d’abord fait labourer ces charrues dans
. un champ situé sur le revers d’une colline et
dont la terre est argileuse, forte et très-difficile à
labourer ; le billon longeait la colline et les'sillons
(5)
présentaient une pente peu forte dans le sens de
leur longueur.
Les charrues ouvraient leurs raies en jetant la
terre vers le sommet de la colline, quand elles
traçaient les sillons montans, et vers le bas, en
traçant les sillons descendans ; circonstance de
labour qu’on n'avait pas examinée dans le premier
concours et dans laquelle il était essentiel de voir
travailler les charrues, puisqu'elle se rencontre
journellement en agriculture.
* Ona attelé quatre chevaux ordinaires du pays ‘”,
d'abord à la charrue de M. Léonard; on a
pliqué immédiatement le dynamomètre entre la
volée de derrière et l'avant-train , puis l'on a fait
tracer de suite six sillons par cette charrue qui a
été tenue successivement par les sieurs Lemoine
. et Lallemand, cultivateurs à Courcelles, et par
le jardinier de M. de. Pange. Un Some condui-
sait Les chevaux.
Un grand nombre pti assistaient à
ces expériences.
Les résultats qu’on a obtenus en faisant labourer
la charrue de M. Léonard, sont caen dans
le tableau suivant :
(*) Les deux chevaux de la file de gauche étaient de force
médiocre; ceux de la file de droite étaient plus faibles encore.
(6) |
Longueur des sillons tracés par cette charrue,
ne mêtres.
our ns Pr cement Le
; . e deterre | moyen ction |
DEs SILLOWS. TE retournée, des corres- |
ms. dereReoe
1er, Sillon, montant... | 3-307 | 7° à 7°-6!
2°, Sillon, descendant... | 37-397 | 7° à 8°
3e, Sillon, montant... | #=15/ 7° à 8°
4°. Sillon, descendant. | 3 8° à 9°
ee | 458
6°, Sillon, montant... Y-45!! 7° a 9°.
Ge. Sillon, descendant. | 3-30" |. 7° à 9°
ps
DÉSIGNATION TEMPS LARGEUR =
à
kil
Moyennes totales. .. [ 3-25" | 7 dE [5°] 395
OBSERVATIONS.
© Dans le tracé de la portion la plus montante du pre-
mier sillon , le dynamomètre n’indiquait qu’une traction
de 330 kil. ; l’enfoncement du soc était alors de 7°.
Les ‘raies des sillons montans n'étaient 'pas nettes: Ja
terre enlevée par le soc a passé en partie pardessus le
versoir, est tombée dans la raie et l’a encombrée.
Les raies des sillons descendans étaient assez nettes.
Le labour était bon ; les raies avaient la même profon-
deur dans toute leur largeur.
D’après le rapport des trois cultivateurs qui ont dirigé
cette charrue , elle est très-facile à conduire et se main-
tient presque d’elle-mbrie constamment à la même pro-
fondeur en terre.
Le travail des chevaux était forcé.
(7)
: On a attelé. ensuite les quatre mêmes chevau:
à la charrue de M. de Dombasle, n°. 749, et
on l’a fait labourer immédiatement à côté des
dernières raies ouvertes par la charrue de M.
Léonard. Elle a été successivement conduite par
le fermier de M. de Pange qui laboure dans sa
ferme avec une charrue pareille, et par M. Wil-
laume fils, ancien élève de M. de Dombasle, qui
se sert souvent d’une charrue du même modèle
dans la ferme de monsieur son père. Un homme
conduisait les chevaux. |
En traçant les deux sillons d’enrayement, la
charrue a fait beaucoup de manques de labour
que les membres de la commission ont attribuées,
en grande partie, à ce que les chevaux de la file
de droite étaient moins forts que ceux de la file
de gauche , et que par suite ils ont été souvent
entraïinés hors dela raie. Cette circonstance étant
défavorable à la charrue de M. de Dombasle,
qui exige une grande régularité dans l'allure des
chevaux, la commission n’a pas jugé convenable
de la soumettre à l'expérience avec ces quatre
chevaux.
On a fait labourer comparativement une char-
rue ordinaire du pays, dont le versoir, mal con-
tourné , avait 39 pouces de longueur et s’écartait
du sep de‘15 pouces à sa partie postérieure.
On a attelé quatre chevaux à cette charrue;
LES
| (8)
on l’a fait enrayer à côté desraies ouvertes par ka
charrue de M. de Dombasle , puis on lui a fait
tracer de suite cinq sillons.
Les résultats donnés par cette expérience sont
consignés dans le tableau suivant :
Longueur des sillons, 164 mètres.
un TEMPS F EFFORT,
\ à tracer NE moyen e
D de terre y traction
DES SILLONS.. sillon. retournée. ds s08 ge P
1, Sillon, montant..| 3-20" 7° age | 5° 368
2°, Sillon, descendant] 3-49! | 7°à9° | 5°-6! | 437
3e, Sillon, montamt.….| 3-45" | 8°àg° | 5°-6 | 883
4°. Sillon, descendant] 3-40" | 9° | 6° 432.
5e, Sillon; montant... 3-20" | 8°à9° | 5°-6! }-397
Moyennes totales.| 3-34" | 8°-41 | 5°-6! | 405
OBSER VA TIONS.
Cette charrue est moins facile à tenir ques celle de
M. Léonard.
Les raies des sillons montans sont encombrées par la
terre qui passe à gauche du sep et pardessus le versoir.
Les raies des sillons descendans sont moins nettes que
celles des sillons descendans tracés par la charrue de
M. Léonard. | |
Le travail des chevaux était forcé.”
(9)
-’ En attendant que la charrue de M. de Dom-
Basle püût être soumise à l'expérience ; la com-
mission , réduite à trois membres par le départ
de MM. Bouchotte et Lallemand , a fait labourer
de nouveau la charrue de M. Léonard, attelée
des mêmes chevaux; on l’a fait enrayer à côté
des raies ouvertes par la charrue ordinaire du
pays, puis on lui a fait tracer quatre sillons.
Les résultats donnés par cette seconde expé-
rience sont consignés dans le tableau suivant :
Longueur des sillons, 164 mètres,
E TEMPS
DESIGNATION employé
a ide
aque
DES SILLONS. STI ns Tres pan
| a kil.
1®, Sillon, descendant} 3-57 | 4°-6!à5°-6!1 294
2°, Sillon, montant..….| 3'-20/
3°, Sillon, descendant] 2'-45"
| 4°. Sillon, montant. 31-30!
|
Moyennes totales.| 3/-10/
OBSERVATIONS. |
Le jardinier de M. le général Semélé y qui conduisait
la charrue , a trouvé qu’elle était très-facile à tenir et
qu’elle labourait bien.
Les raies des sillons montans n'étaient pas nettes;
| à
| (10°)
elles étaiënt encombrées par la terre qui Ca par-
dessus le versoir.
Les raies des sillons descendans étaient assez bien
déblayées.
_ La profondeur de chaque raie était assez Mines
Pendant qu’on faisait labourer la charrue or-
dinaire et celle de M. Léonard pour la seconde
fois, M. Willaume fils, sur les vives sollicitations
du Ysbieteus de la commission, qui tenait à
effacer de l'esprit des agriculteurs présens, le
mauvais effet qu'avait produit sur eux le labour
détestable exécuté par la charrue de M. de Dom-
basle atielée de quatre chevaux et enrayant, M.
_Wiillaume, dis-je, avait eu la complaisance d'aller
chercher, à une lieue du champ des expériences, :
deux forts chevaux appartenant à Monsieur son
pére et qui labourent souvent avec ane charrue
de M. de Dombasle.
Les circonstances paraissant alors Évorsbles |
puisqu'indépendamment de chevaux exercés, il
se trouvait aux expériences un ancien élève de
M..de Dombasle qui avait une grande habitude
de labourer avec sa charrue et qui voulait bien
se charger de la tenir constamment, la com-
mission n'a pas hésité à la unes à l'expé-
rience comparative.
On a fait tracer à cette charrue quatre sillons
.à côté des raies ouvertes en dernier lien par'la
charrue de M. Léonard.
(nu)
Les résultats obtenus dans cette expérience
sont consignés dans le tableau suivant:
Longueur des sillons, 164 mètres.
TEMPS | Lancaun
DÉSIGNATION | employé | de
à tracer la bande
DES SILLONS. À chaque de Le A
. “sillon.
RE er
1] . d
re, Sillon, descendant] »
2°. Sillon, montant | 3-40! | 8° à9° | 4°-6!
3°. Sillon, descendant.| 3 9° 22°, 5°à97°1 348 (3)
4, Sillon, montant | 3-80" | 11° t4° à5°| 354 (4)
1.23!
| OBSERVATIONS.
(1) Pendant qu’on traçait le premier sillon, ue homme
conduisait les chevaux au cordeau. |
Il a été impossible de relever les largeurs et profon-
deurs de Îa raie en ses différens points, et de noter les
efforts de traction, attendu que la charrue n’a bien la-
bouré qu'en deux endroits seulement de la ii
de.ce premier sillon.
Les chevaux étaient excités, même ahuris, , par les
nombreux et trop bruyans spectateurs qui se portaient
en foule autour d’eux pour voir travailler la charrue;
aussi a-t-elle été presque constamment à droite et à
gauche de la raie qu’elle devait ouvrir, sans labourer.
(2). En traçant le second sillon, M. #fällaume con-
duisait lui-même les chevaux.
La charrue a mal labouré et a fait un grand nombre
(13)
de manques, de sorte qu'après ce second tour, les calti-
vateurs ne l'ont plus suivie, la considérant, sur ce simple
essai , comme étant trop difficile à tenir et donnant un
labour trop incertain pour être admise dans leurs fermes.
(3) En traçant le troisième sillon , la charrue a très-
bien labouré, la raie était parfaitement déblayée et nette,
mieux tracée que celles qui ont été ouvertes dans le
même sens par la charrue de M. Léonard, ce qui nous-
æ& confirmés dans l’opinion où nous étions que les man-
ques de labour des sillons précédens ne devaient pas
être attribuées entièrement à la tenacité de la terre,
mais qu’elles étaient dues en grande partie à l’allure
des chevaux, à l’affluence des spectateurs et à l’intimi-
dation qu’elle produisait sur M. #illaume qui ne pou-
‘vait labourer devant tout ce monde aussi bien qu’il a
coutume de le faire dans les terres de M. son père.
(4) Le quatrième sillon a été bien tracé, mais une
partie de la terre enlevée par le soc a passé pardessus le
versoir, est retombée dans la raie et l’a encombrée.
Le travail des chevaux était beaucoup trop fort.
Nota. Il paraît très-difficile d'obtenir un bon labour
et sur-tout des raies bien nettes, quand le versoir jette
les terres vers le sommet de la côte; et cependant le pro-
_ priétaire d’un champ enclavé dans d’autres champs qui
ne lui appartiennent pas, est obligé de labourer de la
sorte la partie basse de ce champ, pour ne pas donner
à son voisin sa couche de terre cultivée.
Il résulte des expériences comparatives faites
sur ces trois charrues, labourant avec une vi-
tesse d'environ 49 mètres par minute, sur. le
revers d’une colline et dans une terre extrême
‘ment tenace, LE si si Ton do: ip les efforts de-
(13)
traction à un travail uniforme correspondant à
une même tranche de 10° sur 5° ou de 5o pouces
quarrés, ces efforts sont à fort peu près
343 kilog. pour la charrue de M. de Dombasle.
399 id. ‘+ id. . deM. Zéonard(*).
440 id. id. ordin. de Courcelles,
Or, les nombres 343, 399 et 440 sont à
peu près dans le rapport des nombres plus sim-
ples 6, 7 et 8; donc la charrue de M. de Dom-
basle pourrait faire dans ce terrain avec six che-
vaux, presque le même travail que ferait avec
sept chevaux, la charrue de M. Zéonard, et avec
huit, la charrue ordinaire du pays de Courcelles.
Mais il est à remarquer que l’enfoncement moyen
du soc a été un peu moins grand avec la charrue
de M. de Dombasle, qu'avec la charrue de M.
Léonard, et'que la différence a été plus sensible
encore avec la charrue ordinaire, ce qui doit di-
minuer peut-être la différence entre les tractions,
puisque la terre doit offrir d’autant plus de tenacité
qu’elle se trouve à une plus grande profondeur.
Quant au labour et à la facilité de conduite
des charrues, celle de M. Léonard a obtenu,
dans ces expériences, une supériorité marquée
sur celle de M. de Dombasle, et. aussi sur la
charrue ordinaire.
(*) Moyenne totale résultant des dix sillons que cette charrue
. k tracés en deux reprises.
(14 )
Après cette . série d'expériences faite
sur le revers de la colline, on a fait labourer
les charrues de M. de Dombasle et de M. Léo-
rard aù pied de cette même colline, dans un
champ situé en terrain horizontal, dont la terre
était argileuse, propre au moulage et paraissait
être un peu moins difficile à labourer que celle
du champ situé sur le revers.
On a fait d’abord tracer quatre sillons à la
charrue de M. de Dombasle attelée des deux
mêmes chevaux. M. Willaume a constamment
tenu là charrue et a conduit en même temps
les chevaux.
_ Les résultats de cette expérience sont consi-
gnés dans le tableau suivant :
Longueur des sillons, 150 mètres.
- TEMPS
DÉSIGNATION employé en EUR
des sillons.
EE
1er, Sillon..…. | 3°
a°, Sillon..….. | 3!
3°. Sillon..….. | 3
é°. Sillon...……. 4°-6! à 7°
9°=3! 6°=-3!
(15)
OBSERVATIONS.
Les quatre sillons ont été très-bien tracés et sans aur
çune manque de labour; les raies étaient bien nettes et
Bien déblayées; le versoir a retourné et amenuisé parfai-
tement la terre ; absolument comme dans les expérien-
ces du premier concours.
Le travail des chevaux était beaucoup trop fort.
Immédiatement après cette expérience, on a
fait labourer la charrue de M. Léonard à côté
des raies ouvertes par celle de M. de Dombasle ;
on lui a fait tracer également quatre sillons con-
sécutivement ; elle était attelée des quatre mêmes
chevaux que précédemment,
Les résultats de cette expérience sont consi-
gnés dans le tableau suivant :
Longueur des sillons ; 150 mètres.
L | L r g, TEMPS
| DÉSIGNATION employé Le EU
| | . à ns bande de terre
è Lo” retournée.
AT, Sillon..... 7° "à 9°
| a°, Sillon...…. “ à 9°
8e, Sillon..ss.s
4°, Sillon. ee
9° à 10°
8° à 9°
(16) |
OBSERVATIONS.
— La chârruë a fait plusieurs manques de labour, et les
raies qu'elle ‘a ouvertes étaient moins nettes et moins
bien déblayées que celles qui ont été ouvertes pe .
charrue de M. de Dombasle.
Le travail des chevaux était forcé.
Il résulte de ces deux dernières expériences
faites sur les charrues de MM. de Dombasle et
Léonard labourant avec une vitesse de 50 mètres
environ par minute, dans un terrain argileux
et de niveau , que les efforts moyens de traction,
rapportés à un travail uniforme et correspondant
à une tranche de 56 pouces quarrés, sont:
pour la charrue de M. de Dombasle... 346"
id. de M. Léonard... 438
Ces nombres sont à fort peu près dans le rap-
port de 6 à 7 1/2 qui ne diffère pas beaucoup du
rapport résultant des expériences faites dans le.
premier champ. De sorte que la charrue de M.
de Dombasle économiserait un cheval sur sept,
pour faire le même travail que celle de M. Léo-
nard, et en l'exécutant mieux dus celle-ci en
terrain horizontal,
On doit faire observer que .les expériénces de
Courcelles , laissent beaucoup. à. désirer : le jour
avait été mal choisi, en ce sens que quelques-
uns des assistans , se sentant du lendemain de la
fête du village, étaient loin d'a apporter le calme
(17)
indispensable pour bien faire des expériences ;
presque tout le monde voulait y commander ; de
plus, le départ inopportun de MM. Bouchotte et
Lallemand avait réduit la commission à un trop
petit nombre de membres pour que toutes les cir-
‘constances du labour pussent être bien observées.
Toutes ces contrariétés ont vivement fait sentir
le besoin de procéder à de nouvelles expériences
comparatives sur les mêmes charrues, avec plus
de calme et de précision, avant de porter un
jugement sur leur mérite relatif; c’est pourquoi
un nouveau concours a eu lieu le 25 et le 26
octobre ; dans la ferme de Moncel appartenant à
M. Emile Bouchotie. !
= Les membres de là commission présens à ce
dernier concours étaient MM. Woisard, Bou-
chotte et Munier ; monsieur Léonard et d’au-
tres charrons assistaient à ces expériences com-
paratives, ainsi que plusieurs agriculteurs venus
tout exprès à Moncel, afin de pouvoir juger par
eux-mêmes du mérite des charrues présentées.
Les charrues qu’on a fait labourer compara-
üvement dans ce nouveau concours, sont: ,
1° Une charrue de M. Léonard, autre que
celle qui avait ‘travaillé à Courcelles, mais cons-
truite d’après les mêmes principes; |
2° La charrue de M. de Dombasle , n°. 750;
3° La charrüe dont on se sert ordinairement
dans la Wavre; 3
(18)
4° Une charrue présentée par M. Bertrand,
maître de Poste à'J. arny. D.
On à fait labourer successivement ces quatre
charrues dans trois champs voisins, situés en
terrain horizontal, dont là terre était argileuse,
prôpre au moulage ‘et dans un état moyen de
sécherésse malgré les pluies qui avaient précédé
le jour des expériences ; de sorte a elle était
encore assez meuble. |
Ces champs, dans lesquels on avait récolté du
blé en 1826, n'avaient encore reçu aucune cul-
ture et leur ice était couverte de chaume et
de graminées.
D’après la nature de la terre, l'époque était
la plus favorable pour labourer ces trois champs.
Le 25 octobre, on a d’abord attelé à la charrue
de M. Léonard, deux forts cheväux appartenant
à M. Bouchotte, et l’on a fait tracer deux sillons
pour enrayer et pour montrer aux agriculteurs
présens comment elle labourait,
En enrayant, fa charrue a ramassé beaucoup
d'éteules et s’est fortement engorgée , ce qui em-
péchait le soc de s'enfoncer assez avant ; elle n’a
cependant point fait de manques de labour. At-
tribuant cet effet d’engorgement au coutre, qui
entraïinait beaucoup de chaume , M. Léonard la
enlevé pour tracer les sillons suivans.
‘On a placé le dynamomètre entre la volée et
(19)
l'avant-train , et l’on a pit tracer six sillons consé—
cutivement à cette charrue qui a été tenue par
les sieurs Deschins, Gentil, Mabire et pige
tous quatre cultivateurs. 2
Les résultats donnés par eette expérience sont
consignés dans le tableau suivant : |
Nota. Dans toutes les expériences quisuivent ,
on s'est servi de l'aiguille mobile du dynamo—
mètre pour relever les efforts de traction, et l’on
doit conseiller de s’en servir dorénavant dans
les expériences de ce genre, parce que cette
aiguille offre plus de facilité pour l'observation
et par suite, donne plus d’exactitude dans les
résultats , ae la grande aiguille qu Al faut ra-
mener ARR en arriére pour connaitre
Peffort réel de traction à chaque instänt ; manœu-
vre qu'il est trés-pénible de faire er labourant. Il
faudrait, p our des expériences de ce genre, que
la pointe de l'aiguille mobile aboutit aux divisions
du plus Si limbe du u dynamomètre.
(20) |
TABLEAU des expériences faites à Moncel, |
sur la charrue de M. Léonard.
Le billon court de l’ouest à l’est.
Les sillons ont 350 mètres de longueur.
DÉSIGNATION | «mplyé | LARGEUR
À To moyenne moyen St
DES SILLONS. | ce : de la raie, du Le: Me cl
| | | | | kil. ;
1e, Sillon,.…….… | 8’ 22° 7°-9! | 262 (1)
0, Silonensss. | 6-30 | 100261 | 60-61 | 248 (2)!
3e, Sillon..…. | 7 | 11° 50-31 |213 (3)
4°, Sillon.sssssse | 7! 10°..61 } 6° 213 (4)
5°, Sillon.s....... | 6/=30" | 11° 6° - |289 (5)
6°. SilloDesmue.e 7! 10061 | 6° const.| 222 (6) |
a Sillons } | ._ Kk |
Le impairs. gl 10" 11° 6-4! 224 |
2 |
NS ; |
ps û :
“ Res 6-6! | 10°-6! | 6-21 |! 228 |
Moyennes totales. | 7! 10°=0! | 6°-3! | 225 |
OBSERVATIONS.
(1) En traçant le premier sillon, la charrue s’est en-
gorgée comme quand elle labourait avec le coutre et en-
rayaïit; une portion de la terre enlevée parle sot a passé
par la gauche du sep, et est retombée dans la raie qui
n'était pas bien déblayée.
(m1)
. (2) En traçant le second sillon , la charrue a labouré
absolument de la même manière qu’en traçantle premier;
c’est pourquoi M. Léonard a remis le coutre en place
pour tracer le troisième sillon.
(3) En traçant le troisième sillon, la charrue s’est err-
gorgée autant qu’en traçant les précédens ; de plus, elle
a fait une manque de labour de 44 pieds de longueur
provenant de l’engorgement ; laraie n’était pas bien nette.
. (4) La charrue ne s’est point engorgée en traçant le
quatrième sillon, et la raie était plus nette que les pré-
cédentes.
(5) En traçant le cinquième sillon, la charrue ne s’est
engorgée que dans les 100 derniers pieds ; le. coutre a
cependant ramassé les éteulès comme à l'ordinaire ; ; la
raie était assez nette.
(6) La charrue s’est engorgée trois fois en ao lé
sixième sillon ; le laboureur, en appuyant sur les man-
ches et secouant la charrue , l’a désengorgée chaque fois;
mais, pendant qu’il exerçait cette pression, la roue qui
était dans la raie ne tournait plus.
11 est essentiel de faire observer qu’en traçant les cinq
premiers sillons, on n’a point cherché à désengorper la
charrue, comme cela se pratique ordinairement, afin de
mieux juger de son mérite intrinsèque.
Les quatre cultivateurs qui ont tenu la charrue ont
trouvé qu’elle était très-facile à conduire, mais que le
travail des chevaux était forcé.
Observations générales.
La charrue a exigé un effort de traction plus grand
pour tracer les sillons pairs, que pour tracer les sillons
impairs , bien que la largeur et la profondeur moyennes
des raies de ces derniers soient plus grandes que celles, des'
_ C2)
raies des sillons pairs ; ce fait tient, sans aucun doute, : a
ce que les premiers sont tracés sur le versant du billon
exposé au nord, et que les sillons impairs au contraire
sont tracés sur le versant opposé qui, d’après la direc-
tion du billon, reçoit les rayons solaires plus d’aplomb
pendant toute l’année.
La largeur moyenne de chacune des raies des
trois sillons impairs est le tiers de la largeur
moyenne totale des trois raies impaires; cette
largeur moyenne totale elle-même a été déduite
d'un grand nombre de largeurs partielles prises
dans toute la longueur du champ.
Il en est de même de la largeur moyenne de
chacune des raies des trois sillons pairs.
A l'effet d'obtenir ces largeurs moyennes,
après avoir tracé les deux sillons d’enrayement,
on a disposé des piquets à 25:mètres environ
de distance les uns des autres, extérieurement, et
à un mètre de la face verticale des deux raies ou-
vertes ; puis, après avoir tracé les six sillons , on a
relevé vis-à-vis de chaque piquet la largeur totale
des trois raies correspondantes etlona pris, pour
la largeur de chaque raie, le tiers de la largeur
moyenne totale; voilà pourquoi la largeur des
bandes de terre indiquée dans le tableau précé-
dent , est la même pour les trois raies impaires et
aussi pour les trois raies päires. Ïl eût été plus exact
de relever les largeurs après avoir tracé chaque
(23)
sillon ; cependant le résultat final eût été le même,
puisqu’en définitive on ne compare les charrues
que d’après les moyennes totales; d’ailleurs, le
petit nombre de membres présens D a pas permis
de le faire: cela eût apporté de trop grands
retards et eùt impatienté bien davantage les
agriculteurs présens qui, n'ayant pas une idée
exacte de la manière de faire des expériences,
et pressés de s'en retourner, étaient déjà très-
fatigués des lenteurs indispensables qu’entrainait
k notation des faits relevés après le tracé de cha-
que sillon. |
L’enfoncement moyen du soc donné dans le
tableau précédent , est également une moyenne
prise sur 40 à 60 profondeurs partielles relevées
de distance en distance dans la longueur de cha-
cun des sillons, immédiatement en arrière de la
charrue, de sorte que, sous ce rapport, le ré-
sultat obtenu ne laisse rien à désirer.
Il en est de même des efforts moyens de.
traction. |
Enfin, l’on a apporté tous les soins possibles
pour pouvoir compter sur les résultats de ces
expériences, et si l'on croit y remarquer quelques
anomalies, elles proviennent de ce que la terre
de deux sillons, même quand ils se touchent,
n'est pas toujours identique et par conséquent
ne peut pas toujours donner des résultats iden-
.( 24 ) |
üques. Les membres de la commission ont,
par exemple, constamment observé que, dans ce
terrain argileux et de niveau. la terre des sillons
les plus rapprochés des raies de séparation des
billons ; était beaucoup plus compacte et plus
tenace que celle des sillons plus voisins du milieu
du billon; ce qui explique pourquoi, dans l’ex-
périence PE , la charrue de M: de Dom-
basle a. mal enrayé dans un champ où elle a
tracé ensuite des sillons très-réguliers.
On a fait labourer, dans le billon immédia-
tement voisin , la ue de M. de PO
n°. 750, qu'on a attelée des deux mêmes che-
vaux que précédemment. |
Le sieur Deschins, cultivateur flamand au
service de M. Bouchoite, très-habitué à con-
duire cette charrue , l’a constamment tenue dans
cette expérience.
On a tracé les deux sillons d’enrayement dans
les raies des billons , comme on l'avait fait avec
la charrue de M. ons
La charrue a mal labouré, le soc s’est en-
foncé de 3° à 7°, et par Sn ut d'unemanière.
trés-inégale ; de plus, elle a fait plusieurs man-
ques de labour dans chaque raie. ——
On lui a fait tracer ensuite deux sillons.
Les résultats donnés par cette expérience sont
consignés dans le tableau suivant :
( 25.)
. . on | .£
Longueur des sillons, 350 mètres.
$
CS
: TEMPS = | Errorr
DESIGNATION| employé | LARGEUR |Enroncmemr| en
à tracer moyenne moyen de traction
DES SILLONS, chaque
sillon, de la raie. du soc, Ta Dre
2 SIDOR.... 0 61-30! |
2° Sillon..……...ee 6! ‘
OBSERVATIONS.
Q) En traçant le premier sillon, la charrue s’est en-
gorgée au point que le soc s’est relevé et qu'il a fait
deux manques de labour de 22 mètres de longueur cha-
cune ; au bout du sillon, on a débarrassé la charrue de
la terre qui l’engorgeait.
(2) Dans Le tracé du second sillon, il.y eut de nou-
veau un fort engorgement : le soc s’est relevé, n’a
presque pas labouré dans la longueur de 42 mètres où
il s’est enfoncé de 3 pouces au plus, et souvent n’a
pas entamé le terrain.
Le travail des chevaux était forcé.
Immédiatement après avoir tracé ces deux
sillons , la pluie étant survenue, on a été forcé
de discontinuer les expériences pendant deux
heures. |
Après cette averse, comme la nuit approchait
et que plusieurs cultivateurs venus de loin, dé-
siraient voir labourer comparativement la char-
À
(36)
wue ordinaire de la Wavre (*), on a fait.labourer
«cette charrue dans le billon voisin de celri où
avait labouré la charrue de M. Léonard.
On l’a attelée des deux mêmes chévaux et on
lui a d’abord fait tracer deux sions pour enrayer ;
mais à cause du déclin du jour on n'a donné
à ces sillons que 151 mètres de longueur. On
a fait ensuite labouwer la charrue. .
Les résultats donnés par cette expérience sont
consignés dans le tableau suivant : |
eg TRS
DÉSIGNATION
“DES SULLONS.
19", Sillon.…..…….
ae, Sion...
… 8e, Silloms..o.cue.
4 Sion...
impairs..… rs
PairSsousoee |
| MOYENNES
des sillons
OBSERVA ITIONS.
La charrue ne s’est point éngorgée ‘et n’a fait aucune
a
(*) Cette charrue diffère principalement de ss des en
de de Metz et de ‘Courcelles ,
9° En ce. que J'avant-train est porté sur un roues de
(27)
manque de labour; elle a bien tracé les sillons, mais
les raies sont moins bien déblayées que celles qui ont
été ouvertes par la charrue de M. Léonard, te qui
provient de ce que la terre passe par dessus le versoir
qui n’est pas un peu assez élevé par derrière.
Cette charrue a, comme celle de M. Léonard, exigé.
un effort de traction plus grand pour tracer les sillons
pairs que pour tracer les sillons impeirs, les efforts
étant rapportés à une même tranche de 70° quarrés.
Le travail des chevaux était forcé.
Nota. La largeur moyenne des &eux sillons impairs
a été prise sur les deux raies à la fois; il en est de
même de celle des sillons pairs. De plus, cette largeur
moyenne a été déterminée par le procédé indiqué ci-
devant. .
La nuit a forcé de remettre au lendemain les ex-
périences suivantes.
Le 26 octobre, la commission a continué l’ex-
périence sur la charrue de M. de Dombasle ;
elle lui a fait tracer quatre sillons à la suite de
ceux qu’elle avait tracés la veille.
Un garçon de ferme de M. Bouchotte , qui
manœuvre cette charrue avec une grande
2 pieds 6° de hauteur, dont les rais déliés sont assemblés par
un cercle en fer qui sert de jantes et de bande de roue;
2° En ce que la chaîne à anneau qui réunit l'age à l'avant.
train est presqu'horizontale > et doit faire. pc moins for
tement l'age sur la sellette; .
3° En ce que la forme du versoir Spore de celle "+ versoir
de M. de Dombasle,
(28)
‘habileté, l’a tenue constäimment dans cette ex-
périence et a dirigé en même temps les chevaux.
Les résultats obtenus sont consignés dans le
tableau suivant :
Les sillons ont 350 mètres de longueur.
[DésrenATION | TPS | LARGEUR |perior
silion,
_ DES SILLONS. | chaque de la raie.
à tracer moyenne
1%, ‘Sillon.….. té 7.30" 10° 31
a?, Sillonscseeee 6-45! 10°
MOTENNES, Ê
J compris Sillons } h
lists impaits. 7
las À ce
es À 6e 26" | 10°-at
|
|
4°. Silon. soso. 6-30! 10°
10°..6!
Moyennes totales. | 6'-42" | 10°-4!
moyen
du soc.
pop
F 6°-9! .
3e, Sillon... 7! 10-31 :
62-10!
6°=10!
7 ol
6°-6!
1 62-81
OBSERVATIONS.
EFFORT |!
moyen
de traction
correspon-
|
dant.
En traçant le er sillon, la charrue a fait deux man-
ques de labour de 4 pieds de longueur chacune.
Après avoir tracé le 2e. sillon, on a détaché du
versoir une croûte de terre de 4° de largeur, ge de
longuëur et 18 lignes d'épaisseur, « qui était äppliquée
contre la partie inférieure et postérieure.
(29)
Cet encroûtement s'est manifesté également dans la
charrue de M. Zeonard et dans celle de la Wavre.
Cette charrue a, comme les deux précédentes, exigé
tn effort de traction plus grand pour tracer les sillons
pairs que pour tracer les sillons impairs, le travail étant
rapporté à une même tranche.
Le labour exécuté par la charrue de M. de Dombasle,
aux deux manques près, a été très-uniforme : les raies
étaient bien droites, bien déblayées et très-nettes, la
terre parfaitement retournée par le versoir; enfin le
garcon de ferme de M. Bouchotte a obtenu, en tra-
çant ces quatre sillons, un labour aussi bien exécuté
que dans le premier concours, lorsque la charrue était
tenue par M. de Dombasle fils.
Le travail des chevaux était forcé.
Après cette expérience et dans le seul but de
montrer à des agriculteurs qui ne se trouvaient
point aux expériences de la veille, comment la-
bourait et se manœuvrait la charrue de M. Zeo-
nard , On a fait tracer à cette charrue deux sillons
de 100 mètres environ de longueur. On n’a point
tenu compte de la traction , ni de la largeur ni de
la profondeur des raies. La charrue était attelée
de deux forts chevaux et tenue par le sieur Thié-
bault, cultivateur à Doncourt ; on l’a fait labou-
rer immédiatement à côté des raies qu’elle avait
ouvertes la veille.
Elle s’est engorgée tout de suite et de plus
en plus, ce qui est cause qu'elle a fait une
30 |
longue manque de Lion en traçant le pre-
mier sillon.
Ayant été débarrassée de la terre qui l’engor-
geait, elle s’est engorgée de nouveau en traçant
le second sillon; et, bien que M. Léonard ait
cherché constamment , à l’aide de coups de pieds
dirigés en arrière du coutre, à la débarrasser
de la terre qui s’accumulait en cet endroit, il n’a
pu parvenir à empècher qu’elle ne füt constam-
ment engorgée.
On a fait ensuite labourer la charrue présentée
par M. Bertrand, maitre de poste à Jarny. Nous
ne donnerons point ici la description de cette
charrue dont plusieurs pièces sont en fer, ni le
détail des expériences auxquelles on la soumise,
attendu qu’elle a très-mal labouré, bien qu’elle
füt conduite par le fermier de M. Bertrand.
Elle a constamment marché en serpentant ;
les raies étaient encombrées par la terre qui
passait sur la’ gauche du sep et venait y re-
tomber en arrière du versoir ; la largeur de ces
raies a varié de 3° à 13°. De plus, l'effort de
traction rapporté à une tranche de 70 pouces
quarrés, a été de 217 kil., c’est-à-dire plus
grand que pour la charrue ordinaire de la Wa-
vre.
Il résulte des moyennes totales obtenues dans
les expériences ci-dessus, faites à Moncel, sur
(3)
les charrues de MM. de Dombasle et Léonara
et sur celle de la Wavre :
2° Qu’elles ont marché à peu près avec la vi-
tesse de 5o mètres par minute ;
2° Que leur travail étant rapporté à une
tranche de terre constante de 7° sur 10° ou de
70 pouces quarrés , qui est à peu près la moyenne
totale obtenue. les efforts de traction sont :
211 kilog. pour la charrue de M. de Dombasle.
215 id. id. ordin. de la Wavre.
234 id. id. de M. Léonard.
De sorte que la charrue ordinaire de la Wavre
n’exige presque pas plus de traction que celle
de M. de Dombasle, et que l'effort de traction
de cette dernière est à l'effort de traction de la
charrue de M. Léonard comme 6 est à 7.1/3,
c’est-à-dire dans le rapport moyen donné par les
expériences faites à Courcelles.
L'avantage obtenu, pour la traction, par la -
charrue de la Wavre sur celle de M. Léonard,
est très-probablement dû à ce qu'elle ne s’est
point engorgée. |
© La commission a ensuite fait labourer com-
parativement les charrues de MM. de Dombasle
et Léonard, . dans, deux champs contigus dont
la terre argileuse et compacte n'avait pas été
cultivée depuis 1823.
Les bilons courent de l’ouest à l'est, sont
(32 )
exposés au midi et offrent une double pente peu
forte. La longueur des sillons est 246 "#. 60",
_ On a d’abord attelé quatre forts chevaux à
la charrue de M. Léonard, et on lui a: fait tracer
quatre sillons consécutivement,
_ Lesieur Gentil. cultivateur ; tenait la charrue,
Nota. En traçant les sillon : impairs ou mon-
tans, les charrues jetaient les terres vers le bas
du coteau, et vers sa crête au contraire, en
traçant les sillons pairs ou descendans.
Les résultats obtenus avec la charrue de. M.
FEORATE . sont .COnsignés dans le tableau suivant :
— Te ne mm me 2 CR RE Me ere à SR
” ‘| Temps |. | | EFFORT
DÉSIGNATION | employé -Lancxua {' Enfonce-: | moyen
Î
| - à tracer moyennc
In
RÉ ch , 2 moyen Li traction,
: DES SILLONS. ee | illine ‘| deldrare, | du'soc. |’ Morin é
| ; so vrr kil.
1, Silon, montant...| 5! [ait-ét 50-41 | 446 (1)
2e, Sillon, descendant 4-0" av 49-81 | 434 ro)
| 3e, Sillon, montant... #' Bo 11 °.6! s° + 392 (3)
4. Sillon, descendant ÿ | 11 ét 4°=71 | 589 (4)
un Le kil
Moyennes totales.| 5' 1 1°-6! 4°-au | 410
OBSERVATIONS.
(1) La raie du premier sillon est bien nette et bien
déblayée.
= (2) La raie du deuxième sillon est mal déblayée;
LS ne 2
(33)
une portion des terres enlevées par Le soc a passé à gau-
che du sp et est retombée dans la raie, dont la face
gauche est écrètée.
(3) La raie du 3° sillon est bien nette, bien correcte,
et assez égale tant en larpeur qu’en profondeur; bon la-
bour. |
(4) La raie du 4° sillon est assez nette et sa pro-
fondeur est assez ésale ; mais le laboureur a été obligé
de retenir, avec le pied, les mottes de terre enlevées
par Le soc, qui seraient tombées dans la raie sans cette
précaution, attendu que Le versoir ne Les renverse pas
suffsamment.
Le sieur Gentil a trouvé que La charrue était facile à
tenir.
On a fait labourer de suite la charrue de M.
d: Dombasle, attelée des quatre mêmes che-
waux, dans le billon situé immédiatement au-
dessous du précédent.
Le garçon de ferme de M. Bouchotte, très-
habile à conduire cette charrue, l’a tenue cons-
tamment dans cette expérience ; un homme
conduisait les chevaux.
Les résultats obtenus sont consignes dans Je
tableau suivant :
DÉSIGNATION | ampige | Laserve | Enfones | FOUT |
si moyenne | noyen de traction |
| DES SILLONS. . lee | delarmie. | dusoc. | Srepon-
| |
Le | | kil.
ar, Sillon, montant...| 5-30! | 11°-6! | 4°-10! | 453 (1)
| ‘2°, Sillon, descendant| 5! [a 1° 4-9! | 488 G)
| 8. Sillon, montant..….| 5’ 11961 | 5°-61 | 392 (3)
#°. Sillom, descendant! 4-30! | 11° 1! 5° |! 397 (4)
| 2 | kil. |
| : Moyennestotales.| 5! 2129-31 | 5° 433
OBSERVATIONS.
/ {1) En traçant le premier sillon, la charrue a été
constamment tenue penchée à gauche, de telle sorte
que le sep ne portait que par son arête de gauche,
et que l’arête de droite s’est trouvée constamment à
une petite distance de terre. Le soc, qui a pris forcé-
ment la même inclinaison, n’a pas labouré à une égale
profondeur dans toute la largeur de la raie. Dans une
grande partie de la longueur des sillons, la profondeur
est de 2 pouces plus grande contre la face gauche que
contre la face droite, de telle sorte que le labour est
exécuté en al 6 A et par consé-
quent mauvais,
(2) La terre enlevée par le soc pendant le labour
du 2° sillon, est retombée dans la raie et l’a encom-
brée; la charrue a mal labouré et de plus a labouré en
crémajllère.
(3) La raie du ‘3° sillon est bien nette et bien dé-
(35)
blayée, ce qui.prouve toujours l'excellence du versoirs
mais la charrue a fait sept manques.de labour de-5-pieds
à 15 pieds de longueur chacune, dans lesquelles le:soc
n’avait pas entamé le terrain sur la droite de la raie;
de sôrte qu’il restait des bandes de terre de 2 pouces
environ de largeur, dont l’hierbe n’avait pas même été
effleurée par le soc; la charrue a d'ailleurs libouré cons-.
. tamment en crémaillère.
. (4) Eu traçant le 4e sillon, la charruë a fait ’six
manques de labour où. le soc a laissé intacte herbe
sur la droite de la raie, ce qui provient de.ce. qu'il
laboure en crémaillère ; lune de ces manques a 30 pieds
. de longueur, les cinq autres ont chacune 5.pieds en-
‘viron. Les gazons ‘enlevés par lé soc et couchés par
_ le: versoir sont tombés dans la raie et l’nt remplie
_ dans le quart environ de sa longueur; dans les trois
autres quarts la raie était au contraire bien déblayée.
: Dans ces deux dernières expériences, comme
dans les précédentes , le:travail des chevaux était
forcé; il eût fallu atteler cinq- chevaux pour
-exécuter. ce défrichement . et trois chevaux pour
labourer dans le premier champ, si l’on eût
voulu que le travail füt journalier
Il résulte des moyennes totales données par-
-ces expériences, que dans un défrichement: en
terre argileuse , les efforts moyens ‘de traction
correspondant à une tranche de terre de 56
pouces quarrés, ont été
410 kil. pour la charrue de M. Léonard,
433 id. id : ‘de M. de Doribasle.
(3)
De . comme la charrue de M. de Dombasle
n'a souvent enkevé qu'un prisme trapézoïide, et
que l'enfoncement moyen du soc a été déduit
" des profondeurs prises contre la face gauche des
raies, il s'ensuit que cet enfoncement moyen est
trop fort, tandis qu'il est donné exactement dans
le tablean relatif à la charrue de M. Léonard,
‘qui a exécuté un labour à-peu-près loin
profond dans toute la largeur de la raie.
La charrue de M. de Dombasle a donc eu un
désavantage marqué sur celle de M. Léonard,
| pour exécuter ce défrichement. L
La pluie à verse et continuelle qui est sur
venue, a mis fin aux expériences et a empêché
qu'on ne fit labourer comparativement la char-
rue ordinaire de la Wavre ; ce qui est à regretter,
puisque cette charrue est bien supérieure à la char-
rue ordinaire du pays messin, si l’on en juge par
_ k seule expérience à laquelle ellé a été spumise.
CONCLUSIONS.
Il paraît résulter des expériences comparatives -
rapportées ci-dessus, que la charrue sans avant-
train de M. de Dombasle, exige un grand aplomb
_ dans celui qui la dirige et une grande régularité
” dans l'allure des chevaux, et de plus, qu'elle n'es
pas également propre.à tous les travaux d’agrieul-
(37)
ture hi à toutes les espèces de térres : elle la-
boure parfaitement les terres meubles , et ausa
les terres argileuses homogènes , propres au mou-
hge, sur-tout quand elles sont situées en terrain
horisontal; mais il n’en est pas de même des ter-
rains à defricher et des terres extrêmement te-
paces. Ïl parait qu'alors on est obligé de l'in-
cliner sur pub et par suité de labourer en
crémaillère, pour pouvoir en être maitre et
empêcher qu'elle ne pique trop ou trop peu en
terre ; dans | le dernier cas elle ne laboure pas
assez avant, dans le premier, au contraire, elle
tend à s'enfoncer de plus en plus dans la couche
de terre non cultivée, et il faut dèslors, ou
que les chevaux s'arrêtent ou que la charrue
casse , si l'on ne peut faire sortir le soc de terre ;
et si Ton y parvient, elle fait des manques de
RON
| C'est ce qui avait ‘été indiqué dans la ou
expérience du premier concours où elle a la-
bouré aussi en crémaillère et où elle a de plus
refusé de labourer dans une tache de terre très-
cempacte ; mais les membres de la commission
ne se sont point alors assez attachés à cette ma-
nière de labourer dans une terre très-tenace, ni &
cette manque de labour qu’ils ont attribuée trop
_ légèrement à ce que les chevaux s'étaient en quel-
que sorte emportés, tandis qu’au contraire:ils n'ont
(38)
si fort accéléré leur marche, que parce qu'ils ‘ont
“ sentiune très-grande résistance qu’ils s’efforçaient
de vaincre, au moment où M. de Dombasle-fls
a rendu tout-à-coup cette résistance nulle. en
dégageant le soc de terre, et par suite en ne
labourant pas dans la na de la tache.
Dans les expériences ci-dessus, les chevaux. ont
toujours accéléré ainsi leur allure, lors des. man-
ques de labour.qui ont été faites par les charrues.
La charrue à avant-train n’a.pas ces incon-
_véniens: elle laboure sans hésitation dans les
terres les plus fortes, comme dans les terres
meubles, parce que le soc ne peut jamais s’en-
.foncer trop, étant maintenu en avant par l'age
_ qui trouve un appui invincible sur la sellette d’a-
vant- train. | nn"
Si j'osais émettre icimon opinion personnelle ,
qui est aussi celle de MM. Bouchotte et Woi-
sard, Je dirais qu’en parfaite agriculture, on doit
se servir de la charrue simple de M. de Dom-
basle pour labourer les terres légères et les.terres
peu fortes, même. les terres argileuses homo-
gènes situées en plaine, puisqu'elle procure alors,
quand on sait bien la diriger, un excellent la-
bour avec un avantage réel pour la traction ; .et
de on doit au contraire se.servir de la dune
‘à avant-train pour labourer les terres fortes et
pour défricher.
Ps 0 . PR né
( 39 )
Mais, si nos agriculteurs, peu jaloux d'atteindre
la perfection , persistaient à ne vouloir faire asage
que d’une seule espèce de charrue, je leur conseil-
lerais alors l'emploi d’une charrue à avant-train
du genre de celle de M. Léonard , qui est légère
et pourtant tréssolide, à laquelle on adapterait
le versoir de M. de Dombasle , peut-être un peu
rehaussé dans la partie postérieure, afin que les
terres soulevées ne passent jamais pardessus et
n’encombrent la raie dans aucun cas.
Le régulateur à crémaillère horizontale s'éles
verait ou s’abaisserait à volonté, afin de donner
à la chaine, qui réunit l'age à l'avant -train,
une position telle que cet age n’exercât qu’une
trèslégère pression sur la sellette. Cette chaine
serait d’ailleurs placée au - dessus du sol, à une
hauteur telle, qu’elle ne fit point engorger la
charrue.. |
L’age ferait avec l'horizontale un angle plus
ouvert que dans la charrue de M. Léonard,
ce qui permettrait de donner plus de hauteur
aux roues et de rapprocher l’avant-train du
soc. |
Un collier embrasserait l'age à hauteur de la
sellette et s’opposerait à ce qu'il püt quitter celle-
ci, et que par suite le soc sortit de terre; de
plus, il procurerait au laboureur un point d'appui
constant sur la sellette, pour la manœuvre de la
TO
chartue;. cetie inanœuvre s'exécuterait. gamme
celle de Ja chiarrue ordinhire et n’exigerait aucun
apprentissage de la part des garçons de ferme.
.… Je pense que la charrue de M. Léonard , ainsi
modifiée , serait aussi facile à conduire et-tiendrait
aussi bien la terre que celles qu'il a presentées
aux concours, qu’elle n’exigerait pas un effort
de traction beaucoup plus considérable que celle
de M. de Dombasle, et que, n'ayant plus l'in-
convénient de s’engorger . elle offrirait l’avan-+
tage de labourer franchement dans tontes les es-
pèces de terres.